Sept mois après la sortie des Voiles de Sainte Marthe de Christian Rosset, Hippocampe éditions publie L’Hypothèse du baobab, un nouveau livre écrit par un homme de radio, Thomas Baumgartner. Au moment-même où se déroule à Brest la seizième édition du festival Longueurs d’ondes (du 28 janvier au 3 février), on trouvera en avant-première ces ouvrages à la librairie du Quartz. Entre jeux de dévoilements et hypothèses, ces livres difficiles à circonscrire en un seul genre, mais qui appartiennent (on le verra clairement) à ce qu’on entend par littérature, présentent autant de traits communs que de différences sensibles.

Sans doute Pâture de vent de Christophe Manon qui vient de paraître chez Verdier est-il un des plus beaux livres de cette rentrée d’hiver. Fulgurant, déchiré de violence et d’une extrême douceur à la fois, le récit de Manon s’impose par la force figurative de son écriture et par le chant d’amour dont il caresse les personnages qui figuraient déjà dans Extrêmes et lumineux, son premier récit.

On ne le répétera jamais assez : le temps d’un film ne saurait se circonscrire à celui de sa distribution. C’est pourquoi, en dehors de toute actualité, il est nécessaire de mettre en lumière les œuvres qui n’ont parfois pas eu cette chance, cheminant de festivals en plateformes, grandissant en nous, possédant leur temporalité propre. Le documentaire de Kazuhiro Soda, Inland Sea, est de ceux-là.

It can never be repeated enough, the time of a film cannot – in any case – be limited or be reduced by his theatrical release. For that reason, not bound by any current actuality (in France), it’s necessary to highlight works of art who did not even had that chance, travelling from film festivals to vod platforms, growing in us, having their inherent temporality. Kazuhiro Soda’s documentary, Inland Sea, is one of them.

Cette année, la 12e édition de « Littérature, enjeux contemporains » organisée par La Maison des écrivains, en partenariat avec Diacritik, a choisi, du 23 au 26 janvier, de s’interroger sur la question des influences des arts dans la littérature. Ou comment les arts infusent dans l’écriture, l’informent, lui donnent rythme nouveau à dire le monde et chance de venir forer une matière neuve.

La collection « Libre cours » aux Presses universitaires de Vincennes a édité plusieurs titres. Destinée en priorité aux étudiants par sa facture (synthèse sur des questions, des auteurs, des problématiques) et son prix, elle veut aussi offrir à un « public curieux et cultivé, un état du savoir actuel sur des questions essentielles dans diverses disciplines ». Un de ses derniers titres est l’ouvrage incitatif de Violaine Houdart-Merot, La création littéraire à l’Université, l’occasion d’un grand entretien avec son auteure.

Il est des œuvres qui traversent notre contemporain comme autant de cristaux de temps, rassemblant le présent, revisitant le passé et nous jetant dans l’avenir. Intense, puissant et incandescent, Tous doivent être sauvés ou aucun, le nouveau et grand roman de Véronique Bergen, en fait assurément partie.

Un an à peine après la parution du splendide Tout un monde lointain, Célia Houdart revient au cœur de cet automne avec l’un de ses plus beaux récits : Villa Crimée (P.O.L). Exploration patiente et feutrée d’un immeuble de l’Est parisien, ce récit, aux fragments comme autant d’éclats de vie, convoque conjointement la déambulation benjaminienne et la passion du détail d’un Hitchcock. Figure clef d’une littérature contemporaine tournée vers le sensible, au « romantisme musclé », Célia Houdart a accepté de revenir, le temps d’un grand entretien, sur l’un des récits les plus importants de cette année.

L’Algérie fut à la une… pour le meilleur et pour le pire… après octobre 1988 et l’arrêt du processus électoral de janvier 1992. Vivant alors une nouvelle rupture tragique, cette ancienne colonie, présente, même dans l’invisibilité, dans la vie et la mémoire de nombre de Français, entamait la traversée d’années noires. C’est justement à ces années que se mesure Tristan Leperlier dans son ouvrage récent, Algérie, les écrivains de la décennie noire, aux éd. du CNRS. Libre échange entre une lecture et un auteur.

Sans doute lit-on peu de ces livres-césures qui, de l’époque et du passé, entendent faire place neuve ou tout du moins en dessiner un destin neuf, au prix de la mort d’une idée et des auteurs. Et sans doute Poéticide de Hans Limon qui vient de paraître aux éditions Quidam appartient-il à cette énergie sans faille. Roman, poème, poème du roman, roman contre la poésie, assassinat de poètes : carrefour et compression génériques, Poéticide ouvre de nombreuses questions sur lesquelles Diacritik est revenu avec son auteur le temps d’un grand entretien.

Arborant fièrement des tenues plus flamboyantes les unes que les autres, toujours excessivement parfumé, minutieusement maquillé, rien n’est jamais too much pour Cassandro. Mais il ne faut pas s’y tromper, le personnage haut en couleur est aussi un véritable athlète téméraire s’illustrant depuis 26 ans dans le monde du catch mexicain – la Lucha Libre – comme le champion des Exóticos, ces catcheurs gays ou travestis qui cassent les préjugés dont ils peuvent faire l’objet.

Diacritik l’affirmait haut et fort de la sortie en salles des Garçons sauvages en salles, en février dernier : « l’un des plus beaux films qu’il nous sera donné de voir cette année ». Nous republions notre entretien avec Bertrand Mandico, réalisateur de cette transe spectatorielle érotique, visqueuse, poilue et fantasmagorique alors que le film sort en DVD, aujourd’hui.

Dans le sillage du très riche 28e Salon de la Revue qui vient de se tenir, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de jeunes revues exigeantes qui renouvellent en profondeur le paysage littéraire. A l’image de la dynamique Daïmon, revue de singularités littéraires, dirigée par Raluca Belandry que nous avons rencontrée le temps d’un entretien.