À l’occasion de la parution de Que ce soit doux pour les vivants au format poche aux éditions Points, Diacritik republie l’entretien accordé par Lydia Flem à Jean-Philippe Cazier. Que peuvent les vivants pour les morts ? Que peuvent les morts pour les vivants ? Des questions que Lydia Flem développe, prolonge dans Que ce soit doux pour les vivants.

Est-ce un jeu tragique, une mise en abyme, une tentative de saisir le monde d’aujourd’hui ? Dans son roman Trash Vortex, Mathieu Larnaudie dresse le portrait d’une société obsédée par sa propre fin, en s’emparant du motif des gyres de déchets, notamment plastiques, qu’on retrouve dans l’océan. À travers quelques figures, souvent choisies parmi les élites politiques et économiques (la riche héritière, le directeur de cabinet, le réalisateur à succès…), le roman offre une analyse sociologique, psychologique et poétique de personnages de notre époque, qui pourraient sortir des limbes pour relancer une autre forme d’Histoire. À l’équilibre entre aventure et métaphore, Trash Vortex est aussi une invitation à être pleinement présent au monde, comme l’a souligné Mathieu Larnaudie dans le grand entretien qu’il nous a accordé.

La romancière Hélène Gaudy quitte dans son récent livre Archipels le domaine de la fiction pour interroger la figure de son père. Paru à l’automne 2024 aux éditions d’Olivier, son récit retrace l’enquête qu’elle a menée plusieurs années durant, au fil d’entretiens avec ses parents, de collectes d’objets et de documents, d’arpentages sur les lieux susceptibles d’éclairer l’existence d’un père aimé et côtoyé toute sa vie durant, mais dont elle interroge l’irréductible part d’inconnu. (Entretien).

À l’horizon 2100, la Terre est fragile. Cinq astronautes trié·es sur le volet sont en partance vers Titan, le plus imposant des satellites naturels de Saturne. Dans les soutes de leur vaisseau, des cuves d’azote liquide contiennent le génome de plus d’un million d’espèces. Récit d’une échappée, suspendu entre vraisemblance et questions éthiques, anticipation, poésie et rigueur scientifique, Sister-ship saisit, questionne, et nous ramène à notre condition de Terriens. Entretien avec l’autrice, Élisabeth Filhol.

Nuit de noël, quatre heures du matin : réveil brutal, la tête débordant d’images s’effilochant à toute allure. N’étant pas comme Lorine Niedecker qui « dort avec un crayon sous l’oreiller pour ne rien perdre de ses rêves et de leur syntaxe » (Abigaïl Lang, préface à Louange au lieu), je pars à la recherche de quoi noter, griffonnant quelques lignes probablement illisibles au réveil : La tempête a dévasté la bibliothèque ; je découvre au sol les livres de la « rentrée d’hiver » à peu près détruits par l’eau, le vent, le sable ; sur l’un d’entre eux, j’arrive à lire un nom – Echenoz –, mais pas davantage : le déluge a tout effacé ; je me dis que c’est le signe que Terrain vague ne peut – ne doit pas – dépasser le nombre 31, car comment continuer – et sous quel titre générique – quand ce qui devrait être en attente d’être lu et commenté a été dévasté : s’il n’y a plus rien à sauver – et d’ailleurs le faut-il, vraiment ?

Dans La Grande Conspiration Affective, il s’agit de dire et il s’agit de faire. Si, pour Romain Noël, s’imposent une nouvelle façon de penser, une nouvelle façon de vivre et de dire, il est nécessaire de faire du livre qui dit cette nouveauté l’effectuation de cette nécessité, autrement celui-ci ne serait qu’un ensemble de propositions et d’intentions à l’intérieur d’un monde laissé intact, dont la représentation demeurerait inchangée.

Ça commence par Querelle. Pas le roman de Genet, pas son adaptation par Fassbinder. Querelle de Kevin Lambert, un déplacement de la figure quasi-mythologique de Genet dans une scierie québécoise en pleine grève : c’était en 2019, c’était génial. Avec Les sentiers de neige, ça commence par une tempête, une tempête de neige — et d’autres genres de tempêtes, plus intimes et familiales. On est en 2024, et Les sentiers de neige paraît simultanément au Québec et en France. L’occasion de rencontrer Kev Lambert pour un entretien.

Une phrase décrit assez justement le livre de Gabriel Gauthier, Space : « la possibilité d’un univers miniature qui contiendrait un nombre infini de secrets et d’enquêtes que l’on pourrait résoudre en l’espace d’une semaine, au plein de l’été ». Un peu plus haut, le texte annonce qui mène l’enquête, « des enfants craintifs et secrets avec la passion des énigmes ». Ainsi sont posées quelques-unes des clés du livre.

Le titre choisi par François Durif pour son deuxième livre, Torno subito, signifie « Je reviens tout de suite », mais on aurait envie de le traduire par virage (giro) abrupt, au pluriel d’ailleurs, tant ce livre est fait de lacets, changements à angles droits et boucles brusques, l’auteur tentant de garder le cap dans tous ces bouleversements.