Il est fascinant de voir tant d’occurrences du mot « universel » dans l’exposition Paris-Athènes, qui vient de se clôturer au musée du Louvre. L’exposition s’intéresse aux « rapports » (pour le dire pudiquement) entre la France et la Grèce, et à la « Naissance de la Grèce moderne » (c’est son sous-titre) entre les XVIIe et XXe siècles. Elle « souhaite mettre en valeur les liens unissant la Grèce et la culture européenne ». Assurément, il y a de très belles pièces – la Vénus de Milo (et son histoire), de nombreuses peintures, de tout aussi nombreuses sculptures, de riches documents d’archives, des images du Parthénon coloré (car il n’a pas toujours été blanc). Mais l’« universel » en question est davantage célébré que discuté : en permanence confronté à deux degrés de lecture, on ne sait sur quel pied danser et on a finalement l’impression que l’exposition, tout en livrant incidemment un certain nombre d’éléments, fait tout pour désamorcer leur lecture critique et l’analyse de leurs implications.

Comment se façonnent une ville et son esthétique ? Comment est décidé ce qui rend la ville « belle » ou, à l’inverse, ce qui l’enlaidit ? Dans Gouverner les graffitis (Presses universitaires de Grenoble), la politiste Julie Vaslin décrit la transformation opérée depuis vingt ans dans la perception et le traitement des peintures murales urbaines : le « tag », jusque-là considéré comme un problème de propreté et d’insécurité, et réprimé comme tel, est devenu du « street art », valorisé par des politiques culturelles et touristiques au service de l’image d’une ville jeune, décontractée et ouverte sur le monde.

130 ans d’archives, une iconographie d’une richesse sidérante, pour dire une histoire invisibilisée : celles d’hommes et de femmes, de groupes qui ont lutté pour la reconnaissance de leurs droits. Archives des mouvements LGBT+ est de ces livres qui nous mettent face aux images de notre histoire, la documentent et surtout la questionnent. L’archive n’est rien sans mise en perspective, Antoine Idier, sociologue et historien le montre dans ce livre fondamental qui s’offre comme la mise en lumière d’une histoire en marche.

« Moving Frontiers – Do and undo / Faire et défaire », plateforme de recherche artistique initiée par Sylvie Blocher et Antoine Idier à l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy, organise quatre journée de rencontres, performances et projections à Paris, du 23 au 26 mai 2018. En lien avec la Triennale SUD2017 à Douala, au Cameroun, cette plateforme se propose d’interroger les frontières et les territoires mais aussi de faire place aux problématiques contemporaines sur l’Afrique, la migration, la question coloniale et postcoloniale.

                                                                                                                          À l’invitation de la Triennale d’art contemporain SUD2017, une œuvre éphémère de Sylvie Blocher a été posée mercredi 6 décembre sur un carrefour de Douala au Cameroun.

À l’occasion de ses quarante ans, le Centre Pompidou a triomphalement fêté son anniversaire, se présentant comme un lieu vivant et toujours renouvelé de création. Et pourtant !
La rétrospective David Hockney actuellement présentée (jusqu’au 23 octobre) donne la troublante et dérangeante impression d’un lieu figeant et étouffant l’art dans le classicisme et la respectabilité.