Stimulant, vif et remarquable : tels sont les termes qui viennent à l’esprit après la lecture de Pour en finir avec soi-même de Laurent de Sutter qui vient de paraître aux PUF. Dans ce nouvel essai qui s’offre comme une première proposition pragmatique, De Sutter livre une réflexion sur l’injonction contemporaine à être soi, celle qui préside aux manuels de développement personnel ou celle qui figure sur les papiers d’identité. Mais comment est né cet impératif ? Quels en sont les fondements notamment juridiques ? Et si continuer à raisonner avec la catégorie d’être, c’était rester dans la merde, cette « merde » dont le développement personnel a fait son horizon de réel ultime ? Autant de questions que Diacritik ne pouvait d’aller manquer poser au philosophe à l’occasion de la parution de ce livre important.

Après être passée par les éditions Stock, Denoël et Buchet-Chastel, Juliette Ponce fonde les éditions Dalva pour publier autrement : une dizaine de livres par an, tous écrits exclusivement par des femmes, pour porter leurs manières d’écrire le monde. Alors que paraissent aujourd’hui les deux premiers livres des éditions Dalva — L’Octopus et moi d’Erin Hortle et Trinity, Trinity, Trinity d’Erika Kobayashi —, Juliette Ponce a accepté de répondre aux questions de Diacritik pour expliciter l’axe profondément situé et engagé de son catalogue, nous présenter ses premiers titres mais aussi ses rêves d’éditrice.

Depuis lundi 3 mai et jusqu’au 12 mai se tient un festival mais aussi un colloque aussi neuf que remarquable dans ses visées : « Qu’est-ce qu’une femme* poète ? » A l’initiative d’un collectif d’une dizaine de doctorant.es, chercheur.euses et de poètes, il s’agit de s’interroger sur l’histoire, la création et la politique de ce qu’on nomme une femme* poète. Devant ce si riche déploiement de lectures, interventions au cœur d’une résidence poétique, Diacritik ne pouvait manquer d’interroger ce collectif aux perspectives si enthousiasmantes et nécessaires.

Jean Kaempfer s’entretient avec Caroline Lamarche (Nous sommes à la lisière, L’Ours, La Chienne de Naha, Dans la maison un grand cerf, etc.) dans le cadre du festival Littérature au Centre 2021, cette année en ligne en partenariat avec Diacritik. Une édition centrée sur « Littérature et animal ».

En 2020 les éditions Cheyne ont fêté leurs 40 ans. Une exposition, Cheyne, 40 ans de création et de poésie, réalisée en partenariat avec Littérature au Centre, la Semaine de la poésie, la Bibliothèque du Patrimoine et l’Université Clermont Auvergne s’est déroulée de février à avril 2020 à la Bibliothèque du Patrimoine de Clermont-Ferrand. L’ouverture de l’exposition s’est déroulée en présence des éditeurs Elsa Pallot et Benoît Reiss, avec une visite déambulatoire de l’exposition suivie de lectures de textes du catalogue de Cheyne.

Chère Anna, J’avoue, des Brontë, je ne connaissais que le nom et les sœurs, je veux parler du film d’André Téchiné, Les soeurs Brontë, avec Isabelle Adjani, Marie-France Pisier et Isabelle Huppert. Rendez-vous compte, je n’ai même pas lu Les Hauts de Hurlevent ou Jane Eyre… On a parfois des trous dans une culture, et même des crevasses de montagne. Avec votre livre je découvre un monde, un univers étrange, celui de cette famille, les mœurs de cette famille qui ressemble à des Atrides anglais faits de brume et de lande… Pourriez-vous me raconter vos Brontë ?

Post-it, bouts de papier griffonnés, morceaux de nappe raturés : c’est toute une collection de mots qui dessine le monde silencieux de Joseph Grigely. Il nous donne à voir la matérialisation du langage. Étant devenu sourd à l’âge de 10 ans, il utilise principalement l’écrit pour communiquer avec autrui, ceux qui entendent et ne connaissent pas la langue des signes. Son œuvre, ses conversations sont des échanges qui débordent le langage, il crée une esthétique de la trace.

En l’espace d’une vingtaine d’années, recueil après recueil, Stéphane Bouquet s’est imposé comme l’un des poètes français parmi les plus remarquables du paysage contemporain. Le Fait de vivre, son nouveau recueil, qui paraît ces jours-ci confirme, plus que jamais, la place d’importance qui est la sienne : en autant de poèmes qui s’articulent en trilogie et tétralogie, Bouquet déploie un poème qui rêve de quitter le poème, de trouver les étreintes nombreuses et la simplicité, si difficile à rejoindre, de la conversation quotidienne. Le fait de vivre demeure l’horizon que se promet chacun de ses poèmes. Diacritik ne pouvait manquer de partir à la rencontre de ce contemporain capital pour parler de l’un de ses plus beaux textes – sinon son plus beau recueil publié jusqu’ici.