Vient de sortir, dans l’étonnante « petite maison d’édition » marseillaise Fidel Anthelme X, dirigée par la poétesse Frédérique Guetat-Liviani, Un poète d’Ukraine, de Pavlo Grigorievitch Tytchina, traduit de l’ukrainien en russe par Sergueï Zavialov et du russe en français par Yvan Mignot. Ce livre, qu’on pourrait qualifier de circonstance, sonne dans le temps de la mémoire du poème comme un tocsin… Cette conversation avec Yvan Mignot, grand traducteur de Khlebnikov et de Harms, éclaire ce livre qui devrait circuler comme un brulot.

Ça commence par Querelle. Pas le roman de Genet, pas son adaptation par Fassbinder. Querelle de Kevin Lambert, un déplacement de la figure quasi-mythologique de Genet dans une scierie québécoise en pleine grève : c’était en 2019, c’était génial. Avec Les sentiers de neige, ça commence par une tempête, une tempête de neige — et d’autres genres de tempêtes, plus intimes et familiales. On est en 2024, et Les sentiers de neige paraît simultanément au Québec et en France. L’occasion de rencontrer Kev Lambert pour un entretien.

Le philosophe Alain Boutot, spécialiste de l’œuvre de Martin Heidegger, vient de traduire le volume 88 de l’édition complète (Gesamtausgabe) du penseur.  Les positions métaphysiques fondamentales de la pensée occidentale et Pour s’exercer à la pensée philosophique réunissent notes et protocoles de deux « séminaires » tenus durant les semestres d’hiver 1937-1938 et 1941-1942 à l’université de Fribourg-en-Brisgau. Pour sa neuvième traduction d’un ouvrage de Heidegger aux éditions Gallimard depuis 2001, nous évoquons avec lui dans un grand entretien la particularité de la pratique de la traduction philosophique heideggerienne, celle de ces pages inédites en français et leur place dans le chemin de pensée du célèbre philosophe allemand.

Publié en novembre 2023, L’Atlas des 2-mers, de Frank Smith, fait écho à une création et une exposition multimédia conçues à Calais (2023-2024). Celle-ci, par la suite, a donné lieu à une reprise sous d’autres formes : d’une part à l’occasion d’une exposition collective qui se tient actuellement au musée du Louvre-Lens et, d’autre part, d’une exposition personnelle à La Maréchalerie de Versailles (jusqu’au 15 décembre).

Il y a eu la Pléiade (1931), puis Bouquins (1979), Omnibus (1988), la défunte collection Biblos (1989-1995) chez Gallimard, puis Quarto (1995) : peu nombreuses, en vérité, sont les collections qui cherchent à publier des œuvres, choisies ou complètes, en les accompagnant d’une édition critique. Le geste n’est jamais anodin, entre édification, réactualisation et réorganisation d’une œuvre. La collection Quarto, en faisant entrer notamment Philip K. Dick et Réjean Ducharme, s’est démarquée par des choix forts.

Que peuvent les vivants pour les morts? Que peuvent les morts pour les vivants? Lydia Flem pose ces questions, les développe, les prolonge dans Que ce soit doux pour les vivants. Livre subjectif, intime, en même temps que réflexion, Que ce soit doux pour les vivants entrelace de manière singulière une forme d’autobiographie, de biographie, d’essai, autant qu’il accomplit quelque chose : garantir la vie des morts, créer des liens avec les morts, témoigner. Entretien avec Lydia Flem.

Entretien avec Laure Gauthier au sujet de son dernier livre, mélusine reoladed, où il est question, entre autres, de politique, d’écologie, de contes et de dystopies, d’imaginaire, de poésie, ou encore de Jean-Luc Nancy. Quand l’imaginaire littéraire devient un des points de vue à partir duquel penser notre monde et peut-être l’habiter.