Après Notes de la rédaction, Julie Sas fait paraître Le grand soir est-il qui, à partir d’une recherche dans certaines archives, déploie le récit d’une insurrection, questionnant le langage du pouvoir, dans un texte associant documents et proses poétiques. Entretien avec Julie Sas.
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Entretiens filmés ou retranscrits, d’écrivains, réalisateurs, dessinateurs, etc. Parce que laisser de longues plages à des artistes et des écrivains pour s’exprimer, ça manque un peu, ailleurs…
Livre après livre, Mathieu Simonet élabore une œuvre singulière où l’intime ne cesse de se mêler au collectif. Façon, peut-être, de prendre au pied de la lettre l’injonction Guibertienne : Il faut que les secrets circulent !
Ça commence par une disparition. Un homme a disparu : il manque — et autour de ce manque, quelqu’un se met à écrire. Rue des Batailles part de là : une absence qui ne s’explique pas, déclarée mais jamais expliquée.
Le noir de l’image est plus vaste que l’image, de Jean-Philippe Cazier, évoque la violence comme politique qui s’exerce sur les corps. L’écriture y interroge la possibilité de dire cette violence ou la possibilité de ne pas la dire, la possibilité du témoignage comme du silence – le silence devenant un moyen paradoxal d’être lié à ceux et celles qui ont subi ou subissent cette violence. Entretien avec l’auteur.
Mise en scène par Anne Kessler, une nouvelle Bérénice a été présentée au Théâtre de la Concorde. Dans un décor minimaliste qui ramène le théâtre à la plus pure puissance de la langue de Racine, Anne Kessler a imaginé une interprétation en tension, déchirante. Elle y joue une Bérénice au seuil de l’effondrement et orchestre un quatuor bouleversant avec Stanislas Merhar dans le rôle de Titus, Thomas Blanchard en Antiochus et Évelyne Istria en Phénice.
Consacré à l’assassin de Jean Jaurès, Les Morts de Raoul Villain, récemment couronné par le Prix de la biographie Le Point 2026, est autant un livre d’histoire qu’une réflexion en acte sur les limites du récit historique, un essai sur les rapports entre histoire et fiction, entre l’archive, les documents, et leurs marges, leurs manques. Qu’en est-il des vies qui existent dans ces absences ? Mais encore : quel point de vue également politique serait possible à partir de la figure de Raoul Villain ? Entretien avec Amos Reichman.
Ça commence par un trou : sur la première page de mon service de presse, la page est trouée. Je comprends que c’est l’auteur qui me l’a poinçonnée, et déjà, je me dis : cette lecture va vraiment m’intéresser, c’est certain.
Après Poèmes à pied, Le Nôtre, L’Âge de verre, ou encore Si riche heure, Cole Swensen fait paraître Et et et qui, à travers une poétique du « et », élabore un texte où le langage s’articule aussi à ce qui lui échappe. Entretien (bilingue) avec Cole Swensen.
À l’occasion de la sortie de la deuxième fournée des éditions Pédale, pédale ! qui réunit des textes érotiques de Florian Bardou, Antonin Crenn, Christophe Pellet et Mathieu Pineau, Pierre Niedergang s’est s’entretenu avec les deux éditeurs de cette collection à destination des pédales et de leurs ami·es, Antonin Crenn et Baptiste Thery-Guilbert.
À l’occasion de la parution de Que ce soit doux pour les vivants au format poche aux éditions Points, Diacritik republie l’entretien accordé par Lydia Flem à Jean-Philippe Cazier. Que peuvent les vivants pour les morts ? Que peuvent les morts pour les vivants ? Des questions que Lydia Flem développe, prolonge dans Que ce soit doux pour les vivants.
Depuis plus de 30 ans, les éditions de l’Attente publient des livres qui se sont imposés dans le champ de la poésie contemporaine en investissant celui-ci de formes, de questions, de propositions plurielles qui ont participé et participent à son renouvellement, à sa réinvention, à son débordement. Entretien avec Françoise Valéry et Franck Pruja.
Dans Chant balnéaire (Allia, 2023), Oliver Rohe revient sur son expérience de la guerre civile du Liban. L’adolescent qu’il était alors trouve refuge avec sa mère et sa sœur dans une petite station balnéaire du littoral libanais, où ils passeront les dernières années du conflit. Époque d’une « drôle de guerre » où la vie se déroule d’abord loin du théâtre des opérations, mais sera peu à peu rattrapée par les combats. On aborde avec lui, dans ce grand entretien, la genèse de ce texte à la forme singulière, qui alterne vers et prose pour composer une élégie sans pathos, une épopée sans emphase où la vie ordinaire prend le pas sur l’héroïsme guerrier.
Premier roman (dans le dernier carré du prix éponyme 2025), thriller psychologique (et pour cause), L’âme de fond de Julia Clavel a paru aux éditions de l’Observatoire le 20 août dernier. Dans une atmosphère de monde d’après, ou d’avant l’apocalypse, c’est selon, des destins se croisent et se rencontrent dans les allées du pouvoir, les rues et la salle d’attente du cabinet d’une psychologue parisiennes à qui ils viennent parler de leurs solitudes respectives, espérant le meilleur, niant parfois les failles enfouies, confiant secrets et blessures, refusant parfois la main tendue, jusqu’à ce qu’un mal plus grand ne vienne tout bouleverser.
Roman de l’après, L’âme de fond creuse la question du mal-être sournois, non diagnostiqué, mal perçu, parfois nié qui peut naître d’une crise ou la manifestation d’un mode de vie plus subi qu’accepté, et qui soudain devient mortel au point que les pouvoirs publics s’emparent enfin de la question de la santé mentale et affrontent la réalité. Entretien avec l’autrice, Julia Clavel.
Grand Poisson, c’est l’histoire d’un jeune professeur qui rencontre son métier dans un lycée qui lui réserve quelques surprises de taille : certes, il y a les habituels écueils que l’entrée dans le métier réserve, les désillusions et autres couleuvres que l’on avale, les surprises, les petits étonnements, en somme l’apprentissage qu’est toujours la découverte d’un nouvel environnement – mais quelque chose bruisse derrière les portes, et ce ne sont pas seulement les tentacules insidieux des politiques éducatives, c’est aussi cet étrange espace où les personnes, les objets, semblent disparaître sans que personne ne s’étonne, ne s’alarme. Rencontre avec Fabrice Sanchez pour que se dévoilent un peu les ombres derrière ce si curieux métier.