À l’occasion de son passage à Paris, pour la sortie en France de son deuxième roman Parfois le silence est une prière, aux éditions Christian Bourgois, Billy O’Callaghan a bien voulu accorder une interview à Diacritik, au Centre Culturel Irlandais. L’entretien est à retrouver en vidéo (et en vo) ou en français dans une traduction de Carine Chichereau.

En cette année de célébration du quatre-centième anniversaire de la naissance de Blaise Pascal, on se réjouit que les éditions P.O.L aient pris l’initiative de rééditer l’ouvrage de Marianne Alphant, Pascal Tombeau pour un ordre, publié une première fois chez Hachette en 1998.

Et s’il était l’heure de faire « dérailler la machine » ? Ainsi s’interroge Jacques Deschamps dans son remarquable et stimulant essai, Éloge de l’émeute qui vient de paraître dans la très belle collection « Trans » des Liens Qui Libèrent. Derrière ce titre volontiers provocateur en ces temps où les ministres macronistes fustigent le « terrorisme intellectuel » ou condamnent les cinéastes qui ont reçu de l’argent sans « penser » comme eux, Jacques Deschamps offre une réflexion aussi juste que brillante sur la nécessité aujourd’hui de l’émeute face au néolibéralisme totalitaire.

Paru tout récemment aux éditions Ardemment, Affreville est le récit (ni fiction ni essai historique) jusqu’alors inouï du râle de la défaite qui a résonné sur la génération des familles des militaires français en poste en Algérie pendant la guerre d’indépendance. Ce texte dense, rythmé de séquences et tableaux montés entre eux comme les plans d’un film, dépasse largement le cadre habituellement dévolu au genre du « témoignage » et n’est surtout pas, il faut le dire tout de suite, un énième livre sur la guerre d’Algérie.

C’est l’événement éditorial de ce printemps : la réédition au Seuil du cours sur Le Neutre donné par Roland Barthes au Collège de France en 1978. Après une première édition du texte dans les années 2000, Eric Marty offre ici une édition définitive, riche et passionnante, où le propos de Barthes prend toute sa puissance, celle d’une parole qui revient dans son œuvre à son principe premier : le Neutre, qu’il réinterroge notamment sous le concept de « complexe ». Assorti de notes passionnantes, d’un avant-propos qui brosse la singularité d’une époque prête à tirer un trait sur les avant-gardes, ce cours est indispensable à qui entend se mêler de littérature et plus largement de sensible des textes. Autant de raisons pour Diacritik de partir à la rencontre d’Éric Marty afin de l’interroger sur ce dernier Barthes, au seuil d’une disparition bientôt mélancolique.

Livre-océan, livre-mer, Écume ne peut être que polyphonique, métamorphique, en prise avec un nomadisme, un flux qui est celui de l’écriture autant que de la vie. Écrivant une fiction en écho au Moby Dick de Melville, Véronique Bergen élabore selon un montage complexe un livre qui est autant de dénonciation, de critique, que le chant d’une éthique possible de notre temps. Entretien avec Véronique Bergen.

Après Blandine Volochot, Capitale Songe et Contre-Nuit, Lucien Raphmaj revient raconter une étrange histoire, l’histoire sidérale d’un désastre : l’arrivée d’une météorite dans la vie, le monde et le récit de sa narratrice. Sans prétendre détruire cette comète – nous ne sommes pas dans Armageddon – nous pouvons tout du moins tenter de l’appareiller, d’en étudier le sillage, d’en approcher la forme. Rapprochons-nous, par le télescope onirique des songes, d’Une Météorite nommée désir. 

Le spectacle Méduse.s a été créé en avril 2021 lors du Festival Émulation du théâtre de Liège pour lequel le collectif La Ganf reçoit le « Coup de cœur du jury Jeunes » ; il est repris en juin 2021 au théâtre Les Tanneurs pour le festival TB2. En 2022 et 2023 le spectacle est joué à plusieurs reprises en Belgique et au Luxembourg. Méduse.s sera joué au Festival Off d’Avignon, du 6 au 27 juillet à 15h au théâtre des Doms. À l’occasion d’une journée d’études qui se tiendra à la Villa Gillet de Lyon le 12 mai prochain, « Les Héroïnes contrattaquent. Les réécritures théâtrales féministes de contes et de mythes depuis les années 2000 »,  le collectif La Gang — Sophie Delacollette, Alice Martinache et Héloïse Meire —­ a répondu à quelques questions.

C’est un beau et fort recueil poétique que Virginie Poitrasson nous donne en ce printemps 2023 avec Tantôt, tantôt, tantôt qui paraît chez « Fiction & Cie » au Seuil. S’inspirant notamment d’une réflexion de Deleuze sur la ritournelle, Poitrasson offre une saisie sensible et réflexive à la peur, l’effroi comme scène primitive de nos vies. Mais ces angoisses, qu’elles soient ponctuelles ou structurelles, trouvent dans leur poème leur issue de peurs : la parole y sert de conjuration ultime. Recueil neuf, au plus près d’un rendu sensoriel du monde, Tantôt, tantôt, tantôt fascine par sa détermination à sortir de la terreur qui tenaille le sujet. Autant de pistes que Diacritik ne pouvait que sonder en compagnie de Virginie Poitrasson le temps d’un grand entretien.

Entretien avec Elgas, journaliste et sociologue sénégalais, qui refuse les faux semblants et porte un regard sans fard sur son pays. Comme il le déclare lui-même ici, « l’essence même de mon travail, c’est de soumettre aux lecteurs une vision, un regard, de documenter des éléments factuels même quand je m’échappe un peu dans la fiction ».