Le spectacle Méduse.s a été créé en avril 2021 lors du Festival Émulation du théâtre de Liège pour lequel le collectif La Ganf reçoit le « Coup de cœur du jury Jeunes » ; il est repris en juin 2021 au théâtre Les Tanneurs pour le festival TB2. En 2022 et 2023 le spectacle est joué à plusieurs reprises en Belgique et au Luxembourg. Méduse.s sera joué au Festival Off d’Avignon, du 6 au 27 juillet à 15h au théâtre des Doms. À l’occasion d’une journée d’études qui se tiendra à la Villa Gillet de Lyon le 12 mai prochain, « Les Héroïnes contrattaquent. Les réécritures théâtrales féministes de contes et de mythes depuis les années 2000 »,  le collectif La Gang — Sophie Delacollette, Alice Martinache et Héloïse Meire —­ a répondu à quelques questions.

C’est un beau et fort recueil poétique que Virginie Poitrasson nous donne en ce printemps 2023 avec Tantôt, tantôt, tantôt qui paraît chez « Fiction & Cie » au Seuil. S’inspirant notamment d’une réflexion de Deleuze sur la ritournelle, Poitrasson offre une saisie sensible et réflexive à la peur, l’effroi comme scène primitive de nos vies. Mais ces angoisses, qu’elles soient ponctuelles ou structurelles, trouvent dans leur poème leur issue de peurs : la parole y sert de conjuration ultime. Recueil neuf, au plus près d’un rendu sensoriel du monde, Tantôt, tantôt, tantôt fascine par sa détermination à sortir de la terreur qui tenaille le sujet. Autant de pistes que Diacritik ne pouvait que sonder en compagnie de Virginie Poitrasson le temps d’un grand entretien.

Entretien avec Elgas, journaliste et sociologue sénégalais, qui refuse les faux semblants et porte un regard sans fard sur son pays. Comme il le déclare lui-même ici, « l’essence même de mon travail, c’est de soumettre aux lecteurs une vision, un regard, de documenter des éléments factuels même quand je m’échappe un peu dans la fiction ».

Avec Comment sortir du monde ? publiées aux Nouvelles Éditions du réveil, Marouane Bakhti signe un premier roman d’une puissance inouïe, comme rarement lu. Dans une langue forte et ciselée, ce récit évoque une vie entre hontes et fantômes sylvestres, dans une famille biculturelle, moitié française, moitié maghrébine. La vie comme elle vient, comme elle ne va pas : tels sont les enjeux d’un récit qui chemine entre renouveau du roman de la ruralité et récit écopoétique. C’est un grand livre, une éblouissante révélation, et on est toujours heureux de pouvoir le dire. À ce titre, Diacritik ne pouvait manquer de saluer ce jeune auteur plus que prometteur le temps d’un grand entretien.

Avec Mécano, son premier roman paru chez P.O.L, Mattia Filice livre sans nul doute un des récits les plus importants de ces dernières années. Vie du rail vue depuis l’intérieur, Mécano raconte, à la manière d’un récit aux accents autobiographiques, la vie de de conducteur de train, du mécano, depuis son apprentissage jusqu’aux longs trajets qui s’enchaînent. Dans la langue même du rail, Filice livre une manière d’épopée en vers libres et libérés où se dit aussi bien la lutte pied à pied des salariés pour leurs droits. Alors que la contestation contre la réforme des retraites entre dans son quatrième mois, Diacritik ne pouvait manquer d’aller à la rencontre de ce romancier des luttes avec lequel, pour notre plus grande joie, le contemporain devra désormais compter.

Indéniablement, livre après livre, Pierre Vinclair s’est imposé comme l’un des poètes français contemporains majeurs. Preuve en est encore avec son nouveau recueil de textes, Idées arrachées qui vient de paraître aux éditions Lurlure, dont le poète s’entretient ici le temps d’un grand entretien pour Diacritik avec Fabien Aviet et Nicolas Poirier.

Nous voici déjà à la 8e édition du riche Festival de Littérature au Centre qui, cette année, se déroulera à Clermont-Ferrand, du lundi 27 mars au dimanche 2 avril, toujours en partenariat avec Diacritik. Et comme chaque année, un thème est exploré, ou plutôt une discipline qui s’adosse à la littérature : cette fois, le festival se place sous le signe de la science et des sciences. Sylviane Coyault et Myriam Lépron, maîtresses d’œuvre du Festival, répondent aux questions sur le programme même de cette édition le temps d’un entretien.

Après le succès public et critique de Règne Animal, Jean-Baptiste Del Amo revient en cette rentrée littéraire avec Le Fils de l’Homme. Récit épuré, primaire au sens fort du terme, Le Fils de l’homme pose des questions essentielles : que sont héritage, démesure, amour familial, folie ? Entre La Route de Cormac McCarthy et le Shining de Stephen King, ce roman, qui sort en poche chez Folio, fable aux accents universels et « bibliques », traite autant de la chute de l’homme que de sa volonté d’échapper à son destin. Entretien avec Jean-Baptiste Del Amo.

Avec Porte du Soleil, Christophe Manon publie sans nul doute un de ses plus beaux textes, touchant à une bouleversante et rare grâce. Troisième volet d’Extrêmes et lumineux, ce nouveau roman voit Manon partir en Italie en quête de ses origines familiales dans un monde traversé de la peinture et de la poésie de la Renaissance. Odyssée du vivant qui revient de la mort, Porte du Soleil offre une réflexion incarnée sur la place que les vivants occupent pour les morts. Il faut lire Porte du Soleil comme l’un des jalons essentiels de notre contemporain. Autant de pistes de réflexion que Diacritik a cherché à explorer avec l’écrivain le temps d’un grand entretien.

Singulière et fascinante cité dolente : tels sont les deux termes qui viennent à l’esprit après avoir refermé le nouveau livre de Laure Gauthier qui paraît dans la collection poche des toujours parfaites éditions LansKine. Récit poétique ou poème narratif, la cité dolente explore l’histoire d’un vieil homme qui décide de prendre une retraite définitive dans un hospice où il va faire l’expérience de ce qu’est un EHPAD. Texte poétique qu’accompagne l’enfer de Dante, texte politique qu’accompagne l’engagement de Pasolini, la cité dolente témoigne d’une réflexion sur la vieillesse dans nos sociétés. Autant de questions à poser à Laure Gauthier le temps d’un grand entretien à la veille de sa lecture à la Maison de la Poésie de Paris.

Ryrkaïpii s’impose comme l’un des textes les plus puissants et parmi les plus singuliers signés de Philippe Beck. À partir d’un article de journal qui, en 2019, signalait que Ryrkaïppi, petit village russe, se voyait curieusement approcher par des ours blancs, le poète a composé une vaste et enthousiasmante « hilarotragédie » où l’ours côtoie l’homme devenu « poussière phonétique ». En autant de chants qui interroge un livre remuant et toujours inattendu, Beck livre ici sans doute l’une des réflexions écopoétiques les plus profondes sur le rapport que les hommes entretiennent, par leur culture, à l’animalité. Autant de questions vives que Diacritik a posé au poète le temps d’un grand entretien.

Avec Programme de désordre absolu : décoloniser le musée, Françoise Vergès signe un des essais majeurs de ce début d’année. À rebours de l’idée néo-libérale selon laquelle la décolonisation du musée occidental serait impossible, Vergès propose, dans le sillage de Frantz Fanon, une puissante réflexion qui repasse par l’histoire du musée, qui n’a jamais été un espace neutre. Participant à l’élaboration d’un pseudo-universel, le musée occidental est un outil de domination qui, désormais, doit être déconstruit dans un monde post-raciste et post-capitaliste. A l’heure où Emmanuel Macron annonce une loi accélérant la restitution des œuvres volées aux peuples africains, Diacritik est allé interroger le temps d’un grand entretien Françoise Vergès sur ce programme de décolonisation des musées occidentaux.