Livre d’une mémoire trouée, d’une recherche dont l’objet se dérobe, Donato est aussi un récit par lequel, de la manière la plus belle, apparaît une vie, un monde. Ce premier livre d’Éléonore de Duve, s’impose par la beauté de sa langue, par la sensibilité de son écriture, par la recherche formelle, narrative, qui font naître la vie la plus singulière de cette figure qu’est Donato. Un livre qui est une des très belles découvertes de cette rentrée littéraire. Entretien avec l’auteure.
Category Archive: Entretiens
Entretiens filmés ou retranscrits, d’écrivains, réalisateurs, dessinateurs, etc. Parce que laisser de longues plages à des artistes et des écrivains pour s’exprimer, ça manque un peu, ailleurs…
Avec Le Plus court chemin, Antoine Wauters signe l’un de ses plus beaux textes, sans doute l’un des plus puissants et singuliers de cette rentrée. Après le triomphe du beau Mahmoud ou la montée des eaux, Wauters surprend radicalement en délaissant les territoires chaotiques et ruiniformes de la fiction pour s’aventurer avec grâce dans le tremblé des souvenirs d’enfance.
Rien ne ressemble plus à des mots que des phrases qui reconduisent leur sempiternel métier d’écrire. Sauf lorsque, dans l’imprévisible de la découverte, une jeune autrice bouleverse le régime de la langue, de la pensée, de la sensation.
La rentrée littéraire voit aussi la publication en poche des grands romans de la rentrée précédente. Parmi eux, Tenir sa langue de Polina Panassenko, récit aux accents autobiographiques, dans lequel Polina, la narratrice, cherche un beau jour de sa vie d’adulte à récupérer son prénom russe qu’à sa naturalisation française l’État Civil a francisé en Pauline. S’ouvre alors un texte qui, interrogeant la langue et l’accent, sonde le départ de la Russie à l’horizon des années 90 et l’arrivée en France, à Saint Étienne. Critique et entretien avec l’autrice, tous deux publiés sur Diacritik lors de la sortie du livre en grand format en 2022
En hommage à Pierre Alferi récemment disparu, Diacritik publie un entretien inédit, réalisé par Geoffrey Pauly en mars 2021, autour des deux volumes magistraux de Revue de littérature générale qu’Alferi publia au mitan des années 90 avec Olivier Cadiot.
Dans le cadre du troisième festival « Ouvrez la parenthèse » à Saint-Brieuc (23 et 24 juin 2023), une table ronde a été organisée par Carine Chichereau autour du thème « Une culture, deux langues : yiddish, hébreu », avec les traductrices Rosie Pinhas-Delpuech, traductrice de l’hébreu et du turc, et Chantal Ringuet, traductrice du yiddish et de l’anglais. Elle en a profité pour prolonger cet échange dans la bibliothèque de l’école des Beaux-Arts de Saint-Brieuc.
Avec La Source des fantômes, Yamina Benahmed Daho s’impose comme l’une des grandes voix de cette rentrée littéraire. Ce nouveau récit poursuit l’exploration autobiographique de l’autrice qui, cette fois, plonge dans son enfance vendéenne au cœur d’un lotissement des années 1980 où son père, harki hanté par la Guerre d’Algérie, a choisi de fixer sa famille.
Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et celles et ceux sans lesquel.le.s elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français : les traductrices et traducteurs. Carine Chichereau, traductrice de très nombreux auteurs anglo-saxons, a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française. Aujourd’hui, Les Âmes errantes, premier roman de Cécile Pin qui paraît aujourd’hui aux éditions Stock dans la collection « La Cosmopolite ».
Avec Triste Tigre, Neige Sinno s’impose comme l’une des révélations de cette rentrée. Véritable déflagration, son livre qui interroge le viol que le beau-père a fait subir à l’autrice durant son enfance, mobilise une rare puissance de diction et un saisissant pouvoir d’intellection des faits.
Les éditions P.O.L annoncent la disparition de Pierre Alferi, romancier, poète, traducteur et essayiste. Il venait d’avoir 60 ans. En hommage, Diacritik republie l’entretien qu’il avait accordé à notre journal à l’occasion de la parution de Divers chaos.
Lorsque fut créée en 1985 For Bunita Marcus, sa pièce pour piano en un seul mouvement et d’une durée de plus d’une heure, Morton Feldman (1926-1987) montra une fois encore combien, ainsi qu’il le disait lui-même, il n’avait rien d’un « horloger ». À l’évidence, son intention avait toujours été radicalement différente. Ce qu’il souhaitait, c’était « obtenir du temps dans son existence non structurée », puis, histoire d’imager la chose, il ajoutait : « ce qui m’intéresse, c’est la manière dont cette bête sauvage vit dans la jungle — non au zoo. Je m’intéresse à la manière dont le temps existe avant que nous posions nos pattes sur lui — nos intelligences et nos imaginations, en lui ».
2023 se donne comme une année poétique parmi les plus riches et enthousiasmantes : après le sentiment du vivant peint dans le très beau Ryrkaïppi de Philppe Beck, après le splendide Irréparable d’Olivier Cadiot sur la fin de l’amour puis l’éloge magistral de l’amitié de S&fies d’Anne Portugal, il fallait revenir à la naissance de l’amour grâce à Simon Johannin. Dans Le Dialogue, qui vient de paraître aux éditions Allia, le jeune écrivain flamboie à nouveau de sa langue si rare et si singulière pour raconter, à deux voix, comment deux êtres parlent de l’amour naissant. Dialogue philosophique, dialogue poétique : la porosité générique guide un texte fulgurant à l’évidente grâce. Après Nous sommes maintenant nos êtres chers puis La Dernière saison du monde, l’auteur de Nino dans la nuit et L’Été des charognes poursuit une œuvre qui s’impose comme l’une des plus remarquables du paysage contemporain. Autant de raisons pour Diacritik de partir à la rencontre de Simon Johannin le temps d’un grand entretien.
Guillaume Gesvret, professeur de Lettres dans un lycée de Seine-Saint-Denis, propose dans Un léger désordre un essai sur la lecture à partir de situations de cours. Ce sont les moments d’interruption par des paroles intempestives ou « hors-sujet » des élèves qui sont le point de départ de sa réflexion littéraire et théorique. Entretien.
Si un nom pouvait incarner, de manière contemporaine, la passion pour la pop culture, nul doute que celui Nicolas Tellop s’imposerait avec force. Pour preuve encore, son dernier opus, un essai aussi singulier qu’émouvant, le très beau L’Évangile de l’espace qui vient de paraître au Feu Sacré. Consacré à l’écrivain américain Kurt Vonnegut, ce bref texte plonge dans l’univers si étonnant de l’auteur d’Abattoir 5. De ce coup de foudre littéraire est née la passion de Tellop pour une littérature s’interrogeant sur le rôle qu’elle peut jouer pour le lecteur : peut-on même parler de littérature engagée ? Cela a-t-il un sens ou sommes-nous en face de l’escroquerie la mieux troussée du XXe siècle ? Autant de questions peu apaisées que Diacritik est allé poser à l’auteur le temps d’un grand entretien.
Alors que son dernier livre, Nûdem Durak. Sur la terre du Kurdistan, vient de paraître aux éditions Ici-Bas, Diacritik est heureux de publier la version française d’un entretien avec Joseph Andras, mené par Wesîla Torî, paru en kurde dans Bianet, dans lequel l’écrivain revient sur la genèse de son livre et la nécessité littéraire comme politique de « faire sortir de prison la voix des prisonniers ».