L’écriture, tâches noires sur fond blanc et bleu, inaccessible sans intermédiaires. L’écran, prolongement d’organes, du corps. Les interfaces transparentes qui entourent nos corps, nous distançant de plus en plus en plus d’autrui. Autrui, une image dans les cages du logarithme. Planant au-dessus, l’utopie d’une écriture immémoriale, rêve d’ultime abstraction de nos opérations perceptives, rupture définitive entre le corps et l’écriture. Nos yeux se relèvent vers l’écriture matricielle, archi-écriture originaire dont le logarithme est censé être une incarnation. Les yeux se heurtent à l’écran qui renvoie des spectres. Parmi ces spectres, notre propre spectre.

Certains films produisent sur nous un effet immédiat : on sort de la salle, secoué, comme bousculé. On aimerait en dire beaucoup de bien, mais, curieusement, le film s’efface, on l’oublie. Quelques mois plus tard, il n’en reste plus grand-chose. A l’inverse, plusieurs mois après l’avoir vu, Une affaire de famille traine encore dans la tête, y a établi ses quartiers, grossit : c’est un de ces films entêtants, marquants, qui s’imposent à nous petit à petit jusqu’à l’évidence : ce que l’on croyait être un très bon film est bien plus encore : une œuvre majeure.

« Lycée Mozart 93 – des besoins, des désirs pas de moyens, c’est ça la violence » : voilà ce qui était inscrit sur la banderole du lycée Mozart du Blanc-Mesnil que des CRS ont confisquée aux professeurs partis manifester à Saint Lazare le samedi 8 décembre à l’appel du comité vérité et justice pour Adama pour rejoindre la manifestation des gilets jaunes.

Anna Tsinng l’écrit dans Le Champignon de la fin du monde, sans doute le capitalisme est-t-il, d’abord et essentiellement, le règne de la précarité. Tout lui est ressource et matière première, qu’il s’agisse des vivants (humains et non-humains) ou de la nature : « La précarité est la condition de notre temps », ce que montrait, en 2009, l’enquête de Florence Aubenas sur Le Quai de Ouistreham, récit de crise, dans toutes les acceptions de ce terme.

Le combat continue. Les seniors les plus attachants de la bande dessinée sont de retour et ils n’ont rien perdu de leur gouaille et de leur superbe. Après le grand capital, l’environnement, les activistes vermeils s’attaquent à la justice sociale et à l’égalité des chances. Au cœur de ce nouvel opus des aventures des papys résistants : la cause des migrants et toujours plus de chaleur humaine dans un monde brut.

Arborant fièrement des tenues plus flamboyantes les unes que les autres, toujours excessivement parfumé, minutieusement maquillé, rien n’est jamais too much pour Cassandro. Mais il ne faut pas s’y tromper, le personnage haut en couleur est aussi un véritable athlète téméraire s’illustrant depuis 26 ans dans le monde du catch mexicain – la Lucha Libre – comme le champion des Exóticos, ces catcheurs gays ou travestis qui cassent les préjugés dont ils peuvent faire l’objet.