A partir de l’observation des manifestations publiques d’Antonin Artaud en 1946-1947, de l’irruption en ces mêmes années du mouvement lettriste à Saint-Germain-des-Prés, de l’arrivée de la Beat Generation à la fin des années 1950, du festival Fluxus et des différents événements organisés par Jean-Jacques Lebel, Jean-Clarence Lambert et Henri Chopin durant les années 1960, Proféractions !, que vient de publier Cristina De Simone, propose une histoire de ces pratiques qui, à Paris, entre 1946 et 1969, ont lié poésie et performance et fait de l’oralité leur champ d’investigation principal. Troisième et dernière partie de l’entretien mené par Emmanuèle Jawad avec l’auteure.

Le terme de performance est souvent associé aux arts du spectacle ou aux arts plastiques. Pourtant les écrivains pratiquent de plus en plus ces lectures performées, la richesse du festival Actoral en témoigne chaque année comme celle d’Extra à Beaubourg. Ces lectures-spectacles et mises en espace que proposent désormais de nombreux auteurs sont pour eux une manière autre d’incarner le texte, de mettre en scène le corps et la voix de l’écrivain, de prolonger l’expérience de lecture (ou de la susciter) par une re-présentation qui en éclaire ou en complexifie les enjeux. Un colloque international se tiendra à Montpellier, du 31 janvier au 2 février prochains, pour interroger ces pratiques du champ littéraire contemporain, ce mode singulier de présence des auteurs et en déployer les enjeux : spectacle, stratégie publicitaire ou invention poétique ?

Michel Foucault
Michel Foucault

« Anthropos apteros for days
walked and walked around the maze 
»

(W.H. Auden)

 

À l’automne 2010, Ben Evans est en résidence au Pieter Performance Space de Los Angeles. Il travaille sur Glorious Hole, sa nouvelle performance. Son travail patine un peu et il fait un pas de côté, comme un aparté au public d’un spectacle encore absent, pour « donner un peu de contexte ». Comme un acteur qui a un trou, il occupe le silence. Le geste propitiatoire de tourner une vidéo répète par anticipation le principe de Glorious Hole : comment, en tournant autour, sauter par-dessus un trou ?

Suite et fin des entretiens d’Emmanuèle Jawad autour de « création et politique ». Après Véronique Bergen, Nathalie Quintane, Sandra Moussempès, Leslie Kaplan, Vannina Maestri, Marie Cosnay, Jennifer K Dick, Marie de Quatrebarbes et Liliane Giraudon, c’est aujourd’hui Anne Kawala qui évoque les implications poétiques et politiques de son travail.

Amandine André et AC Hello photo : JP Cazier
Amandine André et AC Hello photo : JP Cazier

Amandine André et A.C. Hello font partie des nouvelles écritures du champ poétique contemporain, un champ où elles s’inscrivent et qu’elles redéfinissent de manière singulière – quitte à s’interroger sur leur appartenance à quelque chose qui serait la poésie.
Rencontre et entretien fait de croisements entre la littérature, la politique, la performance, la langue et ses dehors, la danse, la lecture, Danielle Collobert, la bibliothèque verte, Deleuze ou Bukowski.

Les Platonnes © Eric Merour

Ce samedi 1er octobre, à Drouot, à l’occasion de la « Nuit Blanche », les Platonnes présentent La Banquette. Kristina Mitalaité et Nariné Karslyan, historiennes de la philosophie et de la religion et Nicole Miquel, photographe et performeuse, décident, en effet, de subvertir le Banquet de Platon et d’en faire une performance féministe. Ainsi naît La Banquette des Platonnes – projet monumental où chacun des sept discours du Banquet originel de Platon fait l’objet d’une réécriture soigneusement féministe et se présente en performance polymorphe, comme l’explique Nariné Karslyan :

A.C. Hello, lecture-performance (DR)
A.C. Hello, lecture-performance (DR)

Avant d’être édités par les éditions Fissile et Al Dante, les textes originaux Paradis remis à neuf et Naissance de la gueule ont déjà été «déformés» par des improvisations orales multiples, à la radio ou sur scène. Ces textes, édités et figés par l’impression papier, seront encore, dans le futur, soumis à des improvisations orales multiples et encore transformés. C’est pour cette raison que Paradis remis à neuf est sous-titré matériau sonore.