Eot si les USA que nous connaissons disparaissaient ? Si l’Amérique devenait une une « nation paria » ? C’est ce qu’imagine Lionel Shriver dans La Famille Mandible : 2020-2047 qui vient de paraître en poche, intrigue futuriste et dystopique qui raconte « surtout ce que les gens redoutent au présent ».

Nous avons découvert Max Porter avec La Douleur porte un costume de plume, fabuleux livre, d’une poésie dense et rare, plus qu’une histoire une atmosphère et un ton. Et voici Lanny qui, tout en s’installant dans le même espace noir et poétique, ajoute une pierre singulière à l’œuvre, de celles qui promettent de beaucoup compter.

Sylvain Prudhomme signe l’un des plus beaux romans de cette rentrée, Par les routes, d’une (apparente) simplicité troublante et vertigineux jeux de miroir, entre réel et fiction, puissance de l’imaginaire et illusions perdues (lire ici) ; un vertige et un trouble au cœur même du grand entretien que Sylvain Pruhomme a accordé cet été à Diacritik.

« Vis, me disait toujours l’autostoppeur. Vis et après tu écriras. Ne laisse pas passer cette belle journée de soleil, chaque fois qu’il me voyait devant mon ordinateur. Ou si par gentillesse il ne le disait pas je comprenais qu’il le pensait. Et ses actes aussi me le disaient. La baignade qu’il allait faire et pas moi. La promenade dont il revenait et pas moi. Les inconnus qu’il rencontrait au bar et pas moi. »

Alors que le prochain livre de Max Porter, Lanny, sort à la rentrée, au Seuil, dans une traduction de Charles Recoursé, les éditions Points font reparaître dans leur collection « Signatures » La Douleur porte un costume de plumes, premier texte singulier de l’écrivain anglais, fable et conte du deuil.

Les lecteurs français avaient découvert Nathaniel Rich via Paris sur l’avenir, sidérante dystopie réaliste, une alliance de mots qui n’a plus rien de paradoxal quand le climat se dérègle. Le sujet est bien de Perdre la Terre. Là est l’Histoire de notre temps, titre et sous-titre de l’essai de Nathaniel Rich qui vient de paraître en France.

Lors d’un dîner avec Joyce Carol Oates, raconté dans Sur la route et en cuisine, Rick Bass cite Richard Ford et sa « philosophie du lapin écrasé : quand on est critique littéraire, dit Ford, il est absurde de rédiger la critique d’un livre qu’on n’aime pas. Autant rouler sur la route et faire un écart pour écraser un lapin ». Critique garantie sans lapin du dernier livre de Rick Bass qui vient de paraître chez Bourgois dans une traduction de Brice Matthieussent.

Comment écrire aujourd’hui, « à quoi ça pourrait ressembler, un roman du XXIe siècle ? En quoi ça serait différent d’un roman du XIXe, par exemple ? », se demandait Pierre Ducrozet dans la note d’intention qui accompagnait L’Invention des corps, son dernier roman : ce serait un récit rhizomique sans doute, « sans centre, fait de plis et de passages, de liens, d’hypertextes, qui dédoublerait le mouvement du monde contemporain ». « Internet comme sujet et comme forme » sera donc le centre irradiant des deux grands entretiens que nous a accordé Pierre Ducrozet.

L’idée, en proposant en photographie de une de cet article un (petit) échantillon de mon rayon lodgien, n’est pas de faire étalage de ma bibliothèque mais d’illustrer les multiples réseaux de (re)lectures que permet le dernier ouvrage paru de David Lodge, La Chance de l’écrivain, second volume d’un diptyque en apparence ouvertement autobiographique et, de fait, véritable laboratoire de son œuvre.