Il est, outre-Atlantique, des auteures et journalistes cultes dont la France mesure progressivement l’importance : pensons à Joan Didion ou à Renata Adler, liste à laquelle il faut désormais ajouter l’indispensable Vivian Gornick. Attachement féroce paraît en poche, alors que les éditions Rivages publient son second texte autobiographique, Une femme à part, tous deux dans une traduction de Laetitia Devaux.

La femme à part : le second volet du récit autobiographique de Vivian Gornick, après Attachement féroce (2017), paraît aujourd’hui aux éditions Rivages, dans une traduction de Laetitia Devaux. L’occasion pour les lecteurs français de retrouver la voix singulière d’une icône des lettres américaines (journaliste au Village Voice, critique littéraire, féministe engagée), avant de pouvoir la rencontrer au Festival America à la fin du mois.

De nos frères blessés, premier roman de Joseph Andras, vient de paraître en poche. Le récit est centré sur un homme, Fernand Iveton, un homme dont l’action a marqué l’histoire et les mémoires, un « nom maudit » comme l’énonce la citation de Benjamin Stora et François Malye (François Mitterrand et la guerre d’Algérie) en exergue du roman :

L’ auteur de Parmi les loups et les bandits, est un jeune écrivain américain au patronyme pas tout à fait inconnu. Pourtant, avec ce premier roman, il a définitivement associé ce nom de famille à son prénom et non plus celui de son père. Aux États-Unis, Preparation for the next life a été couronné par un Pen/Faulkner Award, en France par le Grand prix de littérature américaine ; publié en 2016 par Juliette Ponce chez Buchet-Chastel, dans une traduction de Céline Leroy, il vient de sortir au livre de poche, l’occasion de le (re)découvrir.

Naomi Klein le constatait dans No Logo : nous vivons désormais dans un « village », « reliés les uns aux autres par une trame de marques ». Et elle énonçait une « hypothèse simple : lorsqu’un plus grand nombre de gens découvriront les secrets des marques qui composent la trame mondiale de logos, leur indignation alimentera le prochain grand mouvement politique, une vague ample et déterminée d’opposition aux transnationales, surtout celles qui jouissent d’une très franche reconnaissance de marque ». Dévoiler le secret de l’une de ces marques, au logo blanc et vert si reconnaissable, est justement ce à quoi s’emploie le documentaire de Luc Hermann et Gilles Bovon, Starbucks sans filtre, qu’Arte diffuse ce soir à 20 h 30.

Philippe Vasset est un explorateur inlassable du monde comme de nos cartographies imaginaires, qu’il s’agisse de zones blanches et cartes muettes ou des réseaux saturés du monde physique comme numérique. La géographie est au cœur des fictions qu’il arpente, en témoigne son dernier livre, Une vie en l’air, dont la forme dérive du lieu, et pas n’importe lequel, « un long trait de béton, tendu à sept mètres de hauteur », la piste de l’aérotrain dans la Beauce, « ce portique (…) dont je n’ai jamais su me défaire » : « dès l’origine, l’édifice fut un accélérateur de fictions ».

Dans son Histoire des chambres (2009), Michelle Perrot expliquait que ce lieu est « le théâtre de l’existence, ou du moins de ses coulisses » : « La chambre cristallise les rapports de l’espace et du temps ». Sans doute est-ce aussi la fonction comme la poétique de Nohant pour George Sand, cette « maison d’artiste » qui lui sera, tout au long de sa vie, un espace intime et familial comme amical et social, un lieu où écrire et aimer mais aussi recevoir.