Quelques jours après la sortie de Ready Player One dans les salles, comment ne pas noter la quasi omniprésence de la virtualité et du paradoxe (jusqu’à l’affrontement) entre le réel et l’imaginaire numérique ?
Revue d’effectif d’une tendance avec trois exemples, une bande dessinée et deux séries, qui ont en commun de développer d’autres réalités, entre futurisme et post-humanisme : Alt-Life (à paraître le 6 avril), Counterpart et Altered Carbon.

Affiche officielle FIBD 2018 par Cosey

Mais que se passe-t-il cette année à Angoulême ? Pas une polémique, pas une fronde, rien, le calme presque absolu. Est-ce par lassitude ? La faute à une actualité autrement plus chargée (Donald Trump, la Corée du Nord, Notre Dame des Landes, Jéremstar…) ? Ou est-ce parce que le Festival International de la Bande Dessinée en aurait fini avec ses vieux démons ? Cela étant, en attendant l’annonce du Grand Prix 2018 – choisi parmi Richard Corben, Emmanuel Guibert et Chris Ware – à l’heure de mettre sous presse, cette 45ème édition peut déjà s’enorgueillir de revenir aux fondamentaux et de célébrer ses héros : Cosey, Jonathan, Alix, Jacques Martin, Naoki Urasawa et le manga de genre, Titeuf…

En cette fin d’année, séance de rattrapage avec des parutions remarquables et remarquées, parce que leurs auteurs font partie de ceux qui comptent aujourd’hui dans le paysage de la bande dessinée franco-belge. Paysage qu’ils réinventent à leur manière, en s’inscrivant dans une filiation évidente (Juan Dias Canales et Ruben Pellerejo), dans une tradition séculaire (Xavier Dorison et Ralph Meyer) et dans un anticonformisme bienvenu (Wilfrid Lupano et Paul Cauuet).

Paris, 2041. Toute connexion numérique est impossible. Un bug généralisé a eu lieu pendant la nuit. Le monde est dans l’obscurité électronique depuis que tous les liens, toutes les données ont disparu de la surface du « Néo World Wide Web ». Que sera(it) notre monde, notre quotidien sans Internet, sans les hyperliens, sans les datas ? Comment vivre débarrassés à notre corps défendant de toute mémoire vive ? Des questions que pose Enki Bilal dans Bug, dont le livre 1 paraît aujourd’hui chez Casterman.