New York, ville debout et infinie. Déployée cette semaine en triptyques, qu’ils disent une scène dans Central Park, un passant, l’automne qui s’installe, la nuit ou l’ouverture vers l’ailleurs.
New York, ville debout et infinie. Déployée cette semaine en triptyques, qu’ils disent une scène dans Central Park, un passant, l’automne qui s’installe, la nuit ou l’ouverture vers l’ailleurs.
Le massacre a eu lieu, le massacre a lieu, le sang est à peine séché et le sang coule, la terre au-dessus des cercueils est encore fraîche, remuée, on est toujours dans la sidération quoi qu’on dise, ce qui s’est passé déborde, nous déborde, débordera toujours.
Sorti en librairie le 12 novembre, veille des tragiques attentats qui ont secoué la capitale, Murs murs est un ouvrage posthume. Son auteur, Tignous, est mort le 7 janvier 2015, assassiné lors de l’attaque terroriste de sinistre mémoire perpétrée contre Charlie Hebdo.
Les éditions La ville brûle font un travail formidable et engagé depuis plusieurs années. Une collection pour les enfants « Jamais trop tôt » (pour lutter contre les stéréotypes) porte haut et fort cet engagement et propose des albums qui ne tournent pas autour du pot.
Premier roman de Violaine Schwartz, La Tête en arrière (P.O.L, 2010) est une longue mélopée, une « voix humaine », sur le fil, en panique, le monologue en exil intérieur d’une femme qui perd pied.
La discrimination négative, du sociologue Robert Castel, analyse certains mécanismes de la discrimination raciale en France aujourd’hui et donc la façon dont peut fonctionner la discrimination dans un État de droit où elle est interdite par la loi.
Dans la compétition que se livrent ces jours-ci le chagrin, la colère et l’effroi, on avoue avoir esquissé un sourire en apprenant que le colloque consacré, en Sorbonne, aux quarante ans de Surveiller et punir se trouvait reporté « pour raisons de sécurité ». Non que les impératifs de protection et de surveillance aient manqué de sérieux, au contraire : c’est l’actualité des questions dont Foucault entreprenait, voici quarante ans, la généalogie, c’est le retour des enjeux de sécurité au cœur de la raison politique qui contraignit les organisateurs à différer l’étude d’un livre dont c’est tout le propos.
Retour dans le passé avant de repartir de l’avant. Parce que oui, « il faut continuer »…
Linda Lê est un écrivain qui aime à descendre Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau (Bourgois, 2009). Lecteurs et narrateurs y sont et « trompe-la-mort » et « déterreur de vestiges » : « soulever la dalle des mots, c’est rentrer en soi-même tout en côtoyant un autre ». Tel est, encore, le programme de Lame de fond.
Le livre de James Baldwin, La prochaine fois le feu, publié aux USA en 1963, est un texte autobiographique où l’auteur parcourt son enfance et sa vie de jeune adulte triplement discriminé — noir, homosexuel et pauvre.
Cent vingt-neuf. Ils sont, ils étaient, ils sont, cent vingt-neuf. Une longue addition, cent vingt-neuf. Admettons que l’on mette deux secondes pour dire chaque nom et chaque prénom, ça fait quatre minutes et des poussières, quatre minutes et des poussières, c’est court, c’est long, trop court, trop long.
Tout naît d’une demande éditoriale adressée à Erri De Luca, choisir et traduire du yiddish quelques œuvres d’Israel Joshua Singer, frère du Nobel, inconnu du lectorat italien.
« Daho !
M’avez-vous déjà vu quelque part ?
Rafraîchissez-moi donc la mémoire
Extasié devant une toile de Witsen
A Rome, Londres ou Rennes
Vous m’appeliez Étienne… » (Des Attractions Désastres)
Depuis plusieurs mois, l’écrivain Erwan Larher mène un projet formidable dont il me semble important de parler. Il rénove une bâtisse du XVe siècle, le Logis du Musicien, à Mirebeau, dans la Vienne, pour en faire un lieu d’échanges et de partage autour de la création littéraire.