Virginie Despentes, écrivain française vivante, née à Nancy en 1969.
8 romans, 1 manifeste, 1 roman graphique et 1 recueil de nouvelles à son actif : Il y a peu de voix comme celle de Virginie Despentes en France. Un style taillé dans le roc(k), une plume acérée, un humour au napalm et une bonne dose de réflexion politique déguisée en provocation punk. On pourrait, maladroitement et en alignant ainsi les poncifs, tenter de résumer l’ouragan Despentes, la tempête trash et féministe qu’elle fait souffler sur la littérature française depuis le milieu des années 1990. On pourrait. On pourrait aussi songer au frisson de subversion qui a parcouru notre peau à la lecture de Baise Moi, et souhaiter que tout le monde le ressente. Même si en vrai, le frisson était une droite en pleine face.
Vers l’usine ? Au moment où j’ai entamé mes études de philosophie, mon père est mort. J’avais 18 ans. Quasiment la même année, Deleuze s’est suicidé. Double lâchage aux implications radicalement différentes.
En 2014, le Prix Médicis étranger 2014 a couronné un roman de Lily Brett, Lola Bensky, édité à La Grande Ourse, chez l’un de ces éditeurs qu’inlassablement on qualifie de « petits », pour la taille de leur structure, pour leur jeunesse (La Grande Ourse a vu le jour en 2012). Ce roman paraît en édition de poche (chez 10/18) alors que sort Chaud devant ! à La Grande Ourse.
Serge Gainsbourg aurait eu 88 ans le 2 avril prochain. Mais il est mort il y a 25 ans, le 2 mars 1991. On l’imagine mal, de toute façon, atteindre cet âge respectable, eu égard à sa diététique à rebours, à base de nicotine et de 102… Hommage en quelques livres qui reviennent sur un parcours d’exception ou, comme Johan Sfar, font de la légende Gainsbourg une part de leur univers.
Il a fallu attendre la réunification des deux Allemagne pour que le paragraphe 175 du Code pénal allemand qui condamnait l’homosexualité masculine soit définitivement aboli. Durant la seconde guerre mondiale, des dizaines de milliers d’homosexuels ont été arrêtés et déportés en vertu d’un article de loi. Ils étaient forcés d’arborer un «triangle rose». De ce fait historique, Michel Dufranne a tiré un puissant roman graphique : « pour parler de ce dont on ne parle pas souvent. Voire jamais. Des persécutions des homosexuels avant, pendant et après la seconde guerre mondiale ».
Au décès du merveilleux Michaux, le bon poète Jean-Pierre Verheggen titrait dans un journal belge : « HENRI MICHAUX MON NAMOUR ». De fait, Michaux était de Namur, donc Wallon et Belge. Mais une fois installé à Paris, il ne voulut plus entendre parler de ses origines. Il ne se considérait en rien comme un écrivain de Belgique tout en gardant des relations avec Hellens ou avec de Boschère. Et déjà, somme toute, il disait NON à tous ceux qui le lisaient — sans doute avec plaisir ou passion — mais tentaient de s’approprier de quelque façon sa personne, son œuvre, son image.
Ainsi, au long de sa vie, Henri Michaux a beaucoup dit NON.
En 1980, Raymond Depardon répond à une commande du Sunday Times Magazine, une série de photographies réalisées lors de deux séjours à Glasgow, en juin et septembre. Le reportage ne sera jamais publié. Raymond Depardon a exposé quelques photos de la série au Grand Palais (Un moment si doux, en 2013-2014) ; le voici enfin reproduit en intégralité dans un livre sublime, au Seuil, préfacé par William Boyd. 72 photographies non légendées, elles parlent d’elles-mêmes, même si parfois les mots sur une pancarte ou une devanture dans la photographie en semblent le commentaire : « Revolution« , « some children pay a terrible price« .
J’ai très peu de souvenirs d’enfance. Quasiment aucun. Et ils sont très confus. Mais je sais avec certitude que parmi mes premières images se trouvent des images de télévision. Plus précisément je ne crois pas me rappeler de quoi que ce soit d’autre antérieur à la séquence post-générique de la série Les Champions. L’histoire de ma mémoire commence en 1977 par la démonstration d’un super pouvoir : le sauvetage in extremis d’une camionnette.
Safe de Lucie Taïeb a le poids des rêves profonds, ceux dont on sent bien qu’ils ne sont pas un simple divertissement de l’esprit, un rébus amusant pour qui demeure à l’abri sur les rives de la vie diurne.
« Génie du lieu », « inventeur d’Amérique » et « découvreur d’écriture : de La Modification à Transit, en passant par Mobile et Matière de rêves, Michel Butor auquel Frédéric-Yves Jeannet adressait la semaine dernière sa lettre anthume, n’a cessé, au gré de ses voyages au Japon, aux États-Unis, en Australie, de faire bouger l’écriture, de la mener, elle aussi, aux antipodes.
Agoravox en 2005, Rue89 en 2007, Mediapart en 2008… En proposant à leurs lecteurs des contenus fournis par des rédacteurs « non professionnels » n’ayant ni carte de presse ni contrat de travail – et encore moins de rémunération – mais une simple connexion Internet (et un abonnement payant pour Mediapart), les tenants du journalisme citoyen, prompts à dénoncer aujourd’hui l’uberisation de l’économie voire de la société tout entière, ne seraient-ils pas les pionniers du phénomène ? Et de fait les médias en ligne n’ont-ils pas inventé l’uberisation du journalisme sous couvert du participatif ?
Le 25 février dernier, à la librairie Michèle Ignazi (75004), les Éditions Mix. présentaient leurs dernières parutions. Spécialisées en littérature contemporaine, philosophie et écrits d’artistes, les Editions Mix. ont été créées en 2004 par Fabien Vallos. Fidèle à sa volonté de favoriser les livres de recherche et d’expérimentation, la maison d’édition publie en ce début 2016 un ensemble de livres qui couvrent ces trois domaines autant qu’ils en redistribuent la répartition et en questionnent les frontières.
Près de 40 ans après Les Hommes du Président, c’est une autre histoire de journalisme qui a été consacrée lors de la 88è cérémonie des Oscars du cinéma : Spotlight. Le long-métrage de Tom McCarthy relatant l’enquête des journalistes du Boston Globe sur les abus sexuels dans l’église catholique a déjoué quelques pronostics et reçu l’Oscar du meilleur film et celui du meilleur scénario original.