Extrait de l’album « Hive Mind » (Columbia, 2018)
« Il s’habilla rapidement. Un froid glacial affluait dans la pièce. Son sweat-shirt et son T-shirt avaient séché durant la nuit. Seules ses chaussures étaient restées un peu humides.
« ce dont nous parlons est un domaine inexploré, nous ne vivons pas, nous supputons et existons cependant en hypocrites […]
Avec « Je te rends ce qui m’appartient, tu me rends ce qui t’appartient », Sara Ouhaddou semble transformer la galerie Polaris en réserve d’un musée archéologique, à moins qu’il ne s’agisse d’une boutique qui vendrait des blocs de savon brut. A l’entrée, une enseigne lumineuse et kitsch fait défiler un message écrit avec des caractères qui ressemblent à des caractères arabes mais que même les arabophones, pourtant, ne peuvent déchiffrer. Dès le premier abord, donc, la logique esthétique qui est à l’œuvre dans cette exposition est déployée pour troubler l’évidence du visible comme la clarté du dicible, pour suspendre le sens en le pluralisant.
Tout utilisateur d’une tablette ou liseuse a dû comme moi voir apparaître cette notification étrange lui proposant de calculer et améliorer son « score » de lecture et ironiser sur cette idée saugrenue. Voilà pourtant que paraît, qui plus est aux prestigieuses éditions de Minuit, un Éloge du mauvais lecteur. La qualité de nos lectures pourrait-elle donc être évaluée ? La question valait d’être posée à son auteur, Maxime Decout, grand lecteur de Perec ou Gary et spécialiste de la mauvaise foi comme de l’imposture.
La Belle Époque : une période de paix, de gaieté, d’insouciance et de prospérité… En 1899, la presse est libre, la deuxième révolution industrielle est en marche, le monde intellectuel et la création artistique sont en effervescence… le capitaine Dreyfus attend d’être jugé en appel et L’Antijuif paraît chaque semaine. Avec Paris Police 1900, Fabien Nury livre une fiction policière au réalisme cru jusqu’à la violence extrême, traversée de thèmes très actuels : la condition des femmes, l’antisémitisme, la peur du lendemain.
C’était peu après le premier confinement. La salle de cinéma, pourtant pas du genre “art et essai”, de la petite ville de banlieue où je réside, avait programmé Hôtel by the river d’Hong Sangsoo.
Rassemblement en mémoire d’Ilan Halimi – contre l’antisémitisme, contre tous les racismes. Paris, dimanche 14 février 2021. Reportage photo de Jean-Philippe Cazier.
Évènement de l’année littéraire 2018, La première année sort en poche, dans la collection Barnum des éditions Inculte. Trois articles et un entretien avaient été consacrés au livre de Jean-Michel Espitallier lors de sa parution en grand format. Nous vous proposons de les redécouvrir.
Alors que la terre entière n’a jamais eu autant la tête rivée sur Netflix, j’ai eu le plaisir de découvrir parmi les choix proposés par la plateforme un film made in USA qui, à mon goût, est passé bien inaperçu lors de sa sortie : Velvet Buzzsaw de Dan Gilroy, distribué début 2019 exclusivement sur le géant du streaming.
Ça s’intitule Pense aux pierres sous tes pas et c’est un roman comme il en est peu.
Trois textes inédits du poète irakien Abbas Belail. Traduction de l’anglais par Jean-Philippe Cazier.
Dans En France (2014), Florence Aubenas rappelait cette question constamment posée aux journalistes par leurs lecteurs : « pourquoi cette histoire et pas une autre ? » Chaque fois, répond-elle, « un événement », « incendie ou élection, meurtre ou mariage, peu importe, quelque chose ». Et le reportage surgit « dans cette zone d’opacité-là, entre des questions et des réponses qui ne coïncident pas ». Ainsi est né L’inconnu de la poste, enquête de six ans sur un fait divers saturé de questions sans réponses.
L’Algérie de tous les débats et de toutes les certitudes contraires… Un projet original, à la diffusion inédite, réunit dix-sept rêves ou cauchemars… on ne sait ? Ils dessinent une sociologie du pays par la fiction ou le témoignage, en faisant un pied de nez aux interventions plus « savantes ». Ils nous entraînent dans une autre Algérie…