Les Mains dans les poches : Jean-Michel Espitallier, La première année

Évènement de l’année littéraire 2018, La première année sort en poche, dans la collection Barnum des éditions Inculte. Trois articles et un entretien avaient été consacrés au livre de Jean-Michel Espitallier lors de sa parution en grand format. Nous vous proposons de les redécouvrir.


Jean-Philippe Cazier évoquait ici « le livre d’une expérience en elle-même multiple : expérience de la mort, de l’absence, du langage, du sujet, du temps. Le livre ne s’extrait pas de cette expérience pour la comprendre, la dire par le moyen de métadiscours. Au contraire, il s’y enferme et s’y enfonce pour faire émerger l’inconnu de cette expérience, l’inconnu dont elle est habitée et qui la définit. La première année est l’expérience de cet inconnu et de ses effets, de ce qu’il implique et produit pour le sujet, pour le langage, pour le rapport à la mort, au temps, au monde », un livre digne, « digne de la littérature, digne de l’événement, digne du monde, de la mort, de l’amour, de la vie ».

Jean-Philippe Cazier avait également mené un entretien avec l’écrivain, dans lequel il était question de La Première année mais aussi, de manière plus générale, de son travail d’écrivain, de la musique, de Wittgenstein, de la guerre et de la banalité du mal, de Francis Ponge et de la batterie, de bricolage, du syllogisme, ainsi que d’un livre en cours d’écriture. Il est à retrouver en suivant ce lien.

Pour Christian Rosset, la meilleure manière de chroniquer le livre serait « d’en prélever quelques passages au fil de la lecture, les transcrivant tels quels, sans le moindre commentaire, marquant ainsi qu’il est inutile d’en rajouter. Quasi-perfection des formes brèves, des notations ramassées, de l’aphorisme : en quelques mots tout est dit – de ce dit qui nous incite à faire silence ». Son article est à (re)lire ici.

Christine Marcandier évoquait enfin l’un « de ces textes auxquels on fait inlassablement retour, parce qu’ils énoncent ce que l’on ressent, pressent ou à l’inverse refuse d’affronter quand la mort frappe, qu’un univers intime se désagrège, que seule demeure l’impuissance à comprendre, articuler des sensations, tenter de survivre à l’absence ». Sa critique est à lire ici.

Jean-Michel Espitallier, La première année, éditions Inculte, « Barnum », février 2021, 180 p., 8 € 90