« Les journées pénibles dans notre cellule, dans cette « famille de huit » avec le neuvième cloué au mur, ont été suivies par des jours et des nuits de routine carcérale : chacun de nous dans son atelier respectif. Les jours d’hiver brefs, les nuits longues.
Les 10, 11 et 12 juin 2021, Aides, association de lutte contre le VIH et les hépatites virales mobilise, en partenariat avec Diacritik, 70 artistes et personnalités à l’occasion d’un événement culturel et digital d’ampleur : #fetelamour. Sur trois jours découvrez autant de créations originales qui, comme Diacritik, placent la culture en leur centre, et font de la culture l’arène politique même où les enjeux liés au VIH sont interrogés, sondés, où les amours sont fêtées, où cinéma et littérature ont plus que jamais quelque chose à nous montrer, où la musique a quelque chose à nous faire entendre que les discours n’épuisent pas.
Alors que les éditions Bouquins vient, en mai, de republier Jules Verne, se repose une question récurrente : comment éditer la masse impressionnante, bouillonnante, tumultueuse des soixante-huit récits qui composent les Voyages Extraordinaires ? Comment prétendre contenir et publier dans un même espace autant de matières brassées par l’en-avant vernien ? Question qui en entraine une autre, plus simple mais encore plus vitale : comment lire Verne, et quelle place a-t-il dans notre littérature aujourd’hui ?
« Dans son œuvre et son travail, Etel Adnan « contient des multitudes », elle est notre Whitman moderne. » Lynne Tillman
Etel Adnan est la femme des confluences. Confluence des origines : née à Beyrouth, d’une mère grecque orthodoxe de Smyrne, et d’un père turc musulman de Damas, haut gradé de l’armée ottomane, elle illustre ce qu’il y a de meilleur dans la rencontre de l’Orient et de l’Occident. Confluence des arts : peinture, dessin, leporello, céramique, tapisserie, poésie, roman, théâtre, essai – à travers les innombrables facettes de son art, elle a exprimé tout ce qui était exprimable, du plus universel au plus intime.
Pour sa vingtième fiction (romans, récit, nouvelles), Nancy Huston offre à la lecture un roman à la structure complexe comme elle aime à les construire. Exigeante envers ses lecteurs, elle les oblige à être en éveil pour repérer des liens, des bifurcations et des relations. J’avoue pour ma part qu’ayant lu sans difficulté tout le roman mais sans aimantation constante, je n’ai vraiment accroché que dans les cent dernières pages avec l’histoire qui se précise de Shayna, et bien entendu, je me suis demandée pourquoi.
Au croisement de la fable animalière, du conte philosophique et du roman excentrique (dès son titre directement inspiré du Tristram Shandy de Sterne), Vie et opinions de Maf le chien narre les aventures d’un bichon blanc, né dans le Sussex, élevé par la mère de Natalie Wood et offert par Frank Sinatra à Marilyn Monroe, pour la consoler de sa rupture avec Arthur Miller.
Sylviane Coyault s’entretient avec Jean-Christophe Bailly, notamment autour du Parti pris des animaux dans le cadre du festival Littérature au Centre 2021, cette année en ligne en partenariat avec Diacritik. Une édition centrée sur « Littérature et animal ».
C’est un événement d’ampleur, exceptionnel, qui aura lieu du 4 au 6 juin au Centre Pompidou avec Le Parlement des Liens, créé à l’initiative des éditions Les Liens qui libèrent. Dans le sillage de l’important collectif Relions-nous ! La Constitution des liens, qui vient de paraître et sur lequel Diacritik reviendra bientôt, il s’agira ici de tisser ensemble les formes du savoir et de la création pour renouer les fils d’un dialogue mis à mal par la pandémie, et témoigner d’une véritable révolution dans le domaine des idées. Les lieux culturels rouvrent, plus que jamais rouvrons les débats.
2 extraits de l’EP « Eu Voo » (Midnight Special Records, 2021).
Avez-vous remarqué l’injonction qui nous est faite ces temps-ci concernant l’identité française ?
La littérature n’a sans doute jamais autant dit son souci du vivant qu’aujourd’hui, et en marge de nombreux romans qui se saisissent de cet enjeu primordial, quelques essais empoignent avec force cette urgence, comme celui de Pierre Schoentjes, Littérature et écologie. Le mur des abeilles ou celui de Jean-Christophe Cavallin, Valet noir, tous deux publiés chez José Corti.
Hypnotique, puissant et amusé : tels sont les mots qui viennent spontanément à l’esprit pour qualifier le 3e et nouvel album d’Institut. Formation pop initiée par Arnaud Dumatin avec son comparse Emmanuel Mario, accompagnée cette fois de la suave voix de Nina Savary, Institut produit une pop inquiétante, qui vient adresser autant de questions au néomanagement dans lequel chacun vit, qu’il le veuille ou non.
Nez en l’air, un peu partout.
M. Chat est une création de Thoma Vuille.
L’éditeur Yellow Now (Liège) lance une nouvelle collection dont le propos est plus qu’original. C’est qu’elle se voue à des cinématographies dont les metteurs en scène sont attachés au décor d’une ville et d’une seule. Il y eut dans cette même collection un Antonioni et Ferrare. Voici à présent les Dardenne et Seraing.