Dans Le conflit n’est pas une agression, Sarah Schulman critique la confusion actuelle entre conflit et agression et propose une réflexion sur les façons de penser et de créer des liens sociaux et politiques aujourd’hui.
Hier soir, à La grande librairie, on nous proposait une grosse tartine de poésie. Outre l’animateur et son habituel enthousiasme carnassier à bagouses, il y avait là quatre personnes tout à fait respectables, dont Jean-Pierre Siméon, qu’on nous a présenté comme la nouvelle idole des jeunes, le poète officiel des acnéiques.
Nomadland est un snif movie, une manière de Ken Loach labellisé Disney sur une Amérique alternative de carte postale où il semble qu’il existe plus d’une aube et d’un coucher de soleil par jour. Si Frances McDormand, comme à son habitude, joue excellemment bien, le violent décalage avec les bons acteurs amateurs est en revanche patent, le tout sombrant sur un scénario tenant sur un maigre confetti de fin de soirée.
Du 2 au 10 juillet 2021 le Festival de Littérature en jardin organise plusieurs rencontres littéraires dans des espaces naturels remarquables de Gironde et de Dordogne. L’idée est de faire partager au public des moments où les mots, l’art, le patrimoine et la nature se croisent autour de lectures musicales, causeries, tables rondes, projections de films, concerts et balades. Car la poésie rime avec écologie.
Alexis Weinberg vient de publier Le Détour aux éditions Gallimard, un premier roman qui vibre d’une voix véritablement nouvelle. On peut le lire comme le voyage initiatique d’un homme qui part à la recherche d’une réponse à donner à la lettre que sa compagne lui a adressée. Mais les détours sont nombreux et Diacritik est parti à leur découverte pour les évoquer avec leur auteur le temps d’un grand entretien.
Arpenter la ville, croiser l’homme en blanc.
Une station-service est un non-lieu, au sens que Marc Augé donne à ce terme, un espace propice à une anthropologie de la surmodernité. Devenue roman, ce non-lieu — puisque l’article singularise la station-service tout autant qu’il en fait la représentante de toutes les autres, le lieu de tout lieu — se mue en temps, en feuilleté de micro-récits, de Chroniques d’une station-service. Un drôle de livre, signé Alexandre Labruffe.
« Huit jours avant sa mort, après une spectaculaire orgie de nourriture, le président français François Mitterrand commanda un ultime repas d’ortolan, un minuscule oiseau chanteur à la gorge jaune, pas plus grand que son pouce. Ce mets incarnait à ses yeux l’âme de la France.
Ce devait être au départ un épais roman réaliste, une fresque pyrénéenne, l’histoire sociale d’une vallée. Ce qui reste à l’arrivée est un texte incisif et bref, le sprint d’un groupe de témoins qui précipitent le récit vers son dénouement tragique. Ils reconstituent une histoire très simple : l’histoire d’une fillette élevée par un Ours dans une grotte inaccessible où les fées l’ont déposée. Ce n’est pas un conte de fées ou pas un conte de fées comme on l’entend d’habitude.
À l’heure où Gallimard rachète les éditions de Minuit et où paraît chez Gallimard l’indispensable correspondance des Nouveaux Romanciers éditée par Carrie Landfried et Olivier Wagner, retour sur la mythologie de la photo fondatrice des éditions de Minuit et du Nouveau Roman, rue Bernard-Palissy un après-midi de 1959.
Si d’aventure, dans l’arrière salle d’un terrifiant colloque, un commando de doctorant.es à cagoules m’intimait d’exprimer un penchant parmi les penseurs canoniques de la seconde moitié du vingtième siècle, je crois bien que je prononcerais le nom de Jean Baudrillard.
Les Journées désirables se dérouleront ce samedi 26 juin ainsi que le dimanche 27 à la librairie L’Atelier, à Paris, dans le 20e arrondissement.