Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et ceux sans lesquels elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français : les traducteurs. Carine Chichereau, traductrice de très nombreux auteurs anglo-saxons, a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française. Aujourd’hui, Le premier jour du printemps de Nancy Tucker qui vient de paraître aux éditions Les Escales.
Préambule
Avant notre commun naufrage
Anticipons d’être déçus :
Battage public des suffrages
N’a jamais que souffrance élu :
L’espoir levé qui s’abat tue
Comme la rime en poésie :
Tu voudrais, toquard, le salut ?
Tu n’obtiendras que Sarkozy.
« Je n’aime pas le théâtre » : ainsi s’ouvre le spectacle de Tiago Rodrigues.
Si Perec, dans La Vie mode d’emploi, occupait un immeuble, il s’agit pour Olivier Rolin, avec Vider les lieux, de le quitter. Sommation lui a été faite de déménager d’un appartement dans lequel il vivait depuis 37 ans, rue de l’Odéon. Au-delà des milliers de livres à emporter, c’est bien la moitié d’une vie qui s’achève avec ce départ, moins « une fin du monde au petit pied », pour reprendre la définition du déménagement par Michel Leiris, qu’un état des lieux, le déploiement d’un « atlas intime », puisque chaque livre, chaque objet raconte une histoire et que ces récits se bousculent en soi. Entre Biffures et (ré)Invention du monde, Olivier Rolin écrit pour reprendre pied.
Ce doit être un de ces longs dimanche du mois de février. Pour tuer l’ennui, je m’appliquais à suivre l’actualité de la campagne présidentielle. Valérie Pécresse tenait l’un de ses premiers meetings. Incrédule, j’écoutais ses mots désincarnés, ses espérances inauthentiques, ses envolées obligées pour correspondre aux habitudes de la parole politique en ces circonstances. Son exposé a suscité une incrédulité générale tant ses propos contrastaient avec l’état réel dans lequel elle se trouvait. Sa raideur confondait avec l’effusion émotionnelle requise dans « ces moments-là ».
« Ensuite, Lady l’avait invité au casino le lendemain soir. Il avait accepté l’invitation, mais décliné l’apéritif. Décliné sur le vin, mais accepté l’eau. Elle avait fait mettre une table sur la mezzanine avec vue sur la place des Travailleurs, où la pluie ruisselait sans bruit des pavés de la gare vers l’Inverness. Les architectes avaient surélevé la gare de quelques mètres, car ils estimaient que, sur le terrain constamment détrempé et marécageux de cette ville, le poids de tout ce marbre et de locomotives comme Bertha allait finir par abaisser le niveau du sol.
Pour sa 7e édition, le festival « Littérature au centre », en partenariat avec Diacritik, organise à Clermont-Ferrand, tout au long de la semaine (22 au 27 mars 2022), un festival autour de la littérature et des voyages, avec de très nombreux entretiens, spectacles, conférences, concerts, lectures, arts visuels, dédicaces.
Masochisme ou irréflexion, j’ai décidé de revoir l’intégralité de The West Wing alors que la campagne présidentielle débutait en France. Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de la série, rappelons que celle-ci couvre les deux mandats d’un président démocrate imaginaire, Jed Bartlet, interprété par Martin Sheen. The West Wing totalise sept saisons et 155 épisodes, où il n’est finalement question que de politique. Alors que la plupart des séries récentes carburent à l’action, à la violence et au sexe, la série d’Aaron Sorkin mise sur la parole, le dialogue, l’argumentation, la rhétorique au sens noble du terme – ce qui revient à dire qu’elle table aussi sur l’intelligence du spectateur.
À quelques semaines de l’élection présidentielle, Diacritik a sollicité autrices, écrivains et essayistes en leur adressant une seule mais terrible question : « Qu’attendez-vous de cette présidentielle ? ». Devant la confiscation manifeste du débat par la présidence, devant l’effondrement du débat public, peut-être était-il temps de relancer, de manière humble et modeste, une dynamique d’interrogations afin se demander ce qu’il advient, dans une France tenaillée par l’extrême droite, le néolibéralisme et l’épuisement de ce rendez-vous démocratique si sacralisé. Autant d’interventions au cœur desquelles résonne cette sentence de Leslie Kaplan à valeur de programme : « Il faut faire politiquement de la littérature et non de la littérature politique ».
La ressortie de trois disques du groupe électro anglais Broadcast est prétexte à un amoureux pour évoquer l’objet de sa fascination.
« Et moi, je vous souhaite impatience et révolte ! ». En 1943, dans les cinémas restés ouverts, où l’on peut un instant oublier la guerre et se tenir chaud, les spectateurs ont appris à décrypter les sous-entendus dans les dialogues, en apparence anodins, que la censure allemande a laissé passer.
Le mercredi 16 mars 2022, à la Maison de l’Amérique latine, a eu lieu une rencontre avec Amos Reichman à l’occasion de la parution de son livre Jacques Schiffrin, un éditeur en exil, en compagnie d’Annette Wieviorka et de Philippe Sands. La rencontre était animée par Christine Marcandier, en partenariat avec Diacritik. Elle s’est ouverte sur un hommage à Michel Deguy dont Maurice Olender a tenu à rappeler qu’il est à l’origine de sa rencontre avec François Vitrani et, de ce fait, des soirées Coïncidences.
Alors que le racisme d’Etat s’affiche aujourd’hui de la manière la plus explicite, que les violences policières à l’égard des sans-papiers racisé.e.s sont quotidiennes, qu’une politique de l’accueil est remplacée par une gestion carcérale, il est encore et toujours nécessaire de dire NON. Reportage photo de Jean-Philippe Cazier.
Constance Debré est l’anti-Rubempré, elle brosse une trajectoire inverse de celle du héros de Balzac. Ils ont pourtant un point commun : leur drame est leur nom. Pour Rubempré, ce nom est ce qui l’entrave, il le nie afin d’être reconnu à Paris. Pour Debré, il est ce qui l’enferme, elle veut le détruire pour commencer une vie neuve.