L’écrivain Frank Smith lira son très beau livre Katrina le 21 novembre à Paris, au Théâtre Ouvert, dans le cadre de la semaine « FOCUS – Temps fort sur les écritures contemporaines ».
L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
L’écrivain Frank Smith lira son très beau livre Katrina le 21 novembre à Paris, au Théâtre Ouvert, dans le cadre de la semaine « FOCUS – Temps fort sur les écritures contemporaines ».
A défaut d’être publié dans « la Blanche », vous pouvez désormais y noter vos aphorismes, éclairs de génie et autres pattes de mouche. Gallimard lance sa ligne papeterie, bloc, carnets poche, grands cahiers, crayon HB assorti. La collection a été lancée le 22 octobre dernier…
Les irrésistibles Recettes de Roald Dahl (Revolting Recipes) est un Folio bilingue, illustré par Quentin Blake, publié en 2009 et toujours en vente libre. Tout le monde connaît les nouvelles humoristiques et fantastiques et les contes pour enfants (ou adultes restés jeunes ou voulant le paraître) de l’auteur de James et la grosse pêche ou Charlie et la chocolaterie. Le présent volume regroupe les recettes qui émaillent ses récits.
Prague, 1942, « opération Anthropoïde », initiée depuis Londres : deux parachutistes tchèques sont chargés d’assassiner Heydrich, chef de la Gestapo et des services secrets nazis, planificateur de la Solution finale et « bourreau de Prague », bras droit d’Himmler. Chez les SS, on dit « HHhH », Himmlers Hirn heißt Heydrich (le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich). L’assassinat du Reichsprotektor de Bohême-Moravie, le SS Reinhard Heydrich, « la bête blonde », doit avoir lieu à Prague, le 27 mai 1942.
La semaine des prix littéraires a été lancée hier avec le Grand Prix de l’Académie française et ses deux lauréats, Hédi Kaddour pour Les Prépondérants et Boualem Sansal pour 2084. Un prix en miroir comme deux rives de la Méditerranée primées — et jusque là, comment ne pas être d’accord ? — mais aussi le recto et le verso du livre : d’un côté, l’ampleur, la fluidité, un sens inné et merveilleux (au sens étymologique) du détail qui fait sens, de l’autre des métaphores pâteuses, un didactisme tout aussi étouffant et, disons-le, un très mauvais roman : en somme le meilleur (Kaddour) comme le pire.
Jean-Clet Martin est l’auteur de nombreux livres souvent consacrés à d’autres penseurs – philosophes, artistes, écrivains – qui sont aussi des intercesseurs pour sa propre pensée. Si le travail de Jean-Clet Martin affirme volontiers de l’admiration pour tel ou tel autre, il développe également une pensée singulière par sa forme, ses motifs, ses concepts : pensée du nomadisme attentive aux singularités, aux paradoxes que le monde ne cesse de créer – monde de l’art, de la philosophie, de la littérature, mais aussi monde des matières, des technologies, des animaux, des signes énigmatiques que la pensée aurait pour tâche de cartographier et d’expérimenter.
Alors que la 24e aventure de James Bond sur grand écran est annoncée pour le 11 novembre prochain, retour sur la toute dernière apparition littéraire du héros de Ian Fleming dans Déclic mortel d’Anthony Horowitz.
Hédi Kaddour vient de publier un « roman-monde », Les Prépondérants, chez Gallimard. Il est un auteur rare, de ceux qui laissent infuser les textes en eux, et offrent à leurs lecteurs de petites merveilles ciselées, éminemment politiques sous le souffle de l’aventure et du romanesque. Dans son dernier roman, entre autres livres en filigrane, nombre d’échos à l’univers romanesque et journalistique de Stendhal, des Marginalia au Rouge et le Noir, en passant par Lucien Leuwen. L’occasion pour Diacritik de sortir des sentiers battus et de proposer à Hédi Kaddour une « interview Stendhal » à laquelle il a bien voulu se prêter mais, qu’avec sa bienveillante malice coutumière, il a transformée en interview… Starsky et Hutch.
La collection de photographies du Centre Pompidou compte plus de 70000 œuvres. Thomas Clerc en a choisi une soixantaine, des portraits ou photos de groupes, d’artistes (peintres, cinéastes, écrivains, chanteurs), des icônes, des images célèbres (Antonin Artaud par Man Ray, Jackson Pollock par Hans Namuth), d’autres inconnues ou moins connues que l’écrivain nous invite à regarder, au sens plein du terme : pas seulement survoler ou voir, plonger son regard, interroger une représentation. Que nous apprennent ces photographies d’artistes qui eux-mêmes représentent et sont là représentés ? Que comprenons-nous ainsi de leur œuvre ? Voyons-nous autre chose ? et si oui, quoi ?
Le roman de Claro, Crash-test, a pour leitmotiv l’accident : « Au commencement était l’Accident ». Mais l’accident n’est pas qu’au commencement, il est partout et tout le temps, il surgit sans cesse dans le livre et dans le monde, il est la matière du livre autant que ce qui peuple le monde de commencements. L’accident, ici, est un principe autant poétique qu’ontologique ou anti-ontologique : pas d’être mais des accidents, répétition de commencements, naissances incessantes.
L’une des caractéristiques les plus fascinantes des éditions Inculte, en sens tout autant laboratoire du contemporain que maison d’édition, est la dimension collective du travail mené, via des revues, des rencontres croisées de ses auteurs, des collectifs ou des livres écrits à quatre mains comme A fendre le cœur le plus dur, qui vient de paraître, signé Jérôme Ferrari et Oliver Rohe.
Olivier Adam, inutile sans doute de le présenter, sinon peut-être de manière oblique, comme l’a fait Elle il y a quelques mois, à travers ses recettes de cuisine. On retrouve dans les quatre fiches proposées l’univers et l’imaginaire de l’écrivain, la Bretagne (il vit près de Saint-Malo) — avec une recette de homard tiède et salade de courgettes au parmesan ou un tagine express de lieu jaune — et le Japon avec un tataki de thon, aux épices et sésame, recette ramenée de Kyoto.
Dans ses crépusculaires et si flamboyants Petits Traités, Pascal Quignard, luttant contre la modernité en entonnant son contrechant féroce, lance combien dans ses récits, le langage se retire de sa phrase, combien l’image s’y déploie comme la force fabuleuse et noire, et combien dire la Littérature, c’est comprendre que « l’image coupe l’herbe sous le pied du langage ». Immanquablement un tel aphorisme, qui défie image et langage d’un même geste, hante de son intempérance sans retour l’un des livres les plus remarquables de cette rentrée littéraire sinon de l’année, splendeur encore trop peu mise en lumière : l’incandescent premier roman de Christophe Manon, Extrêmes et lumineux paru chez Verdier.
Entrer dans les coulisses d’un musée — le Muséum-Aquarium de Nancy — et en dresser une forme d’Inventaire photographique : tel est le projet d’Arno Paul dans un livre que viennent de publier les éditions Light Motiv. Le photographe explique combien ce lieu est pour lui chargé de souvenirs d’enfance, les poissons des aquariums, les animaux naturalisés, les bocaux gravés dans son imaginaire et sa rétine. C’est cette fascination qu’il retrouve dans ce livre, augmentée d’un accès à l’envers du décor, les collections à accès protégé, les entrepôts.