Qu’est-ce qu’inventer en littérature ? C’est la question que pose Jean-Pierre Bertrand dans un volume de la prestigieuse collection Poétique. Cette question n’est en rien oiseuse même si, à première vue, on peut trouver de l’imagination inventive dans toute œuvre littéraire qui n’est pas d’imitation.
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L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
À fendre le cœur le plus dur, écrit par Jérôme Ferrari et Oliver Rohe, porte sur un ensemble de photographies prises par l’écrivain et journaliste Gaston Chérau en 1911, dans la Tripolitaine, en Libye, alors occupée par l’armée italienne et où Chérau est envoyé par le journal français Le Matin.
Avec Celui qui part, Wilfrid Lupano et Paul Cauuet achèvent en beauté un triptyque commencé avec Ceux qui restent suivi de Bonnie et Pierrot. Mimile, Pierrot et Antoine sont de retour et ils n’ont pas pris une ride ! Cela dit, à l’âge canonique des trois héros des Vieux fourneaux, une de plus, une de moins…
C’est l’histoire d’un Précis de conjugaisons ordinaires, de drôles de verbes à tous les temps à partir d’un infinitif qui sonne comme un néologisme arrêtant le regard, croisés sur des murs de Paris, vers Belleville.
Parue aux éditions Gaïa en 2012, La Cuisine totalitaire de Wladimir et Olga Kaminer trouve une seconde vie en poche chez Babel. Traduit de l’allemand par Max Stadler et Lucile Clauss, illustré par Vitali Konstantinov, ce livre révèle la cuisine russe (ou soviétique, la nuance est explicitée dans la préface) et l’étendue de notre ignorance de ses secrets.
Les éditions Galilée viennent de publier le second volume du séminaire que Jacques Derrida consacra à la peine de mort. Le philosophe Patrick Llored, auteur d’un livre original et novateur sur Derrida, souligne dans cet entretien ce qui, à partir de ce séminaire, lui semble ouvrir des pistes de réflexion et de compréhension nouvelles.
Déjà récompensé au début de la rentrée littéraire par le prix du Roman Fnac, Laurent Binet a reçu aujourd’hui le prix Interallié 2015 pour La Septième fonction du langage (Grasset). Retour sur le livre sous-titré «qui a tué Roland Barthes ?», primé 100 ans jour pour jour après la naissance du critique littéraire et sémiologue français.
Peut-être vous souvenez-vous de David Foenkinos, en 2012, vantant les mérites d’un café en capsule, « pour ne plus jamais rompre avec le plaisir ». De Véronique Ovaldé, en 2012, écrivant une nouvelle pour Twingo. On reste dans le rayon automobile avec Joël Dicker qui roule pour Citroën…
Fin octobre début novembre. Retour de la ville natale. Milan, ville moderne. Ville à jamais stendhalienne à cause d’une épitaphe historique, laconique et passionnée que l’auteur du Rouge et le Noir indique dans son testament : « Arrigo Beyle, Milanese – Visse, scrisse, amò ».
On vous a déjà annoncé le beau programme de Paris en toutes lettres il y a quelques temps sur Diacritik. Mais deux événements récurrents de ce festival me plaisent tout particulièrement et depuis le tout début de ce festival.
À l’invitation de la revue Frappa, Amandine André lira certains de ses textes inédits le samedi 14 novembre à 18 heures à la Galerie Simple, 75018 Paris. Elle est l’auteur de Quelque chose, publié en 2015 aux éditions Al Dante.
Sophie Quetteville revient pour Diacritik sur la soirée « Psychiatrie en littérature » qu’elle a animée à la librairie Le Monte en L’air, le 22 octobre 2015, autour de trois livres, trois voix très littéraires, trois femmes Emily Barnett, Mary (Rivages), Mary Dorsan, Le Présent infini s’arrête (P.O.L.) et Geneviève Peigné, L’Interlocutrice (Le Nouvel Attila).
« Vision d’orage », non dans les « ruines du vieux Rome », mais en Louisiane, sur l’Isle de Jean Charles et à La Nouvelle-Orléans, dans New York et sur les côtés du New Jersey, avec Laurent Gaudé, Frank Smith, Nathaniel Rich et Richard Ford, ouragans littéraires. Dans chacun de leurs textes, « le tonnerre résonne », « tourbillonne ». « Comme un ouragan », la tempête en nous, en somme.
En ce clair matin de novembre, le Prix Wepler – Fondation La Poste, sans conteste le plus beau prix de la saison, vient de couronner, comme à sa désormais habitude, l’un des meilleurs sinon le plus exigeant et brillant roman de cette rentrée littéraire, à savoir le titanesque d’histoires et fabuleux d’aventures Achab (Séquelles) de Pierre Senges, paru en septembre aux éditions Verticales.
Le texte qui ouvre L’Entretien des muses s’intitule « La Terre parle » et pourrait résumer l’écriture de Philippe Jaccottet : l’écriture y est parole et la parole est moins de celui qui écrit que de la Terre.