« Personne ne peut dire d’où vient un livre et encore moins celui qui l’a écrit. Les livres naissent de l’ignorance, et s’ils continuent à vivre après avoir été écrits, ce n’est que dans la mesure où on ne peut les comprendre », soulignait Paul Auster dans Leviathan (1993), via son personnage Aaron.
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L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Enfant de perdition de Pierre Chopinaud est un roman « nomade », large et généreux, qui semble sortir de nulle part tant sa langue paraît étrangère à nos classifications habituelles.
Sans doute le moment est-il inédit dans l’histoire de la Ve République pourtant riche en mouvements sociaux : après désormais plus de 50 jours de contestation sociale et de grève, 70% de Français plus que jamais hostiles au projet de loi, des conflits d’intérêt en pagaille, des millions de gens dans les rues et maintenant un avis assassin du Conseil d’Etat, macron n’a toujours pas retiré sa « réforme » des retraites.
Les compositeurs, tout comme les peintres, écrivent parfois, le plus souvent en lien exclusif avec leur pratique.
A l’occasion de la publication d’Europe Odyssée, entretien avec Jean-Philippe Cazier où, entre autres, il est question de l’écriture politique, de la poésie et du débordement de la langue, de la violence de l’Histoire et de ceux et celles – migrants, réfugiés, déportés, exilés – qui la subissent et la contestent, de la possibilité d’une épopée contemporaine, d’une cosmopolitique comme résistance à l’ordre policier du monde.
Un verre d’absinthe à la main, l’enquête de Zelda Colonna-Desprats continue avec Lise Haddad, philosophe. Qu’est-ce être romantique aujourd’hui ?
« Car c’est là où je suis, là où se tient ce texte : entre les nouveaux morts et les anciens vivants, entre la vie qu’on eut et celle qu’on n’aura plus. Là exactement. » Tels sont les mots, vibrants et poignants, et bientôt ultimes qui viennent presque clore le splendide dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes qui vient de paraître aux éditions Verdier.
À l’occasion de sa leçon inaugurale au Collège de France, ce soir à 18 heures, Diacritik a voulu revenir sur l’œuvre critique de William Marx, désormais titulaire de la chaire de Littératures comparées, une œuvre qui s’affirme comme l’une des premières et des plus vives parmi nos contemporains.
Si le premier livre de Pierre Chopinaud est une sorte de cosmogonie, c’est aussi un roman d’apprentissage. Enfant de perdition est également un livre habité par l’histoire contemporaine, par sa violence définitoire. Et il s’agit tout autant d’un texte qui tend vers le roman épique ou picaresque, ou vers le fantastique, ou l’onirique, ou la réflexion philosophique… Dans cette multiplication des formes, le livre prélève tel ou tel trait de chacune et les entremêle librement, sans les distinguer, en les fondant au contraire, pour de nouvelles formes hybrides ou mutantes.
« Il n’y a rien d’inhumain dans une ville, sinon notre propre humanité » avançait Georges Perec dans Espèces d’espaces au cœur d’un questionnement plus inquiet qu’amusé sur l’espace urbain dont nous sommes faits. Nul doute que cette condition urbaine, ontologie profonde d’une modernité qui continue à se croire modernité, innerve avec force le beau et singulier nouveau roman d’Agnès Riva, Ville nouvelle qui vient de paraître à L’Arbalète chez Gallimard.
L’enquête néo-romantique de Zelda Colonna-Desprats se poursuit, avec Olivier Liron, écrivain, metteur en scène et scénariste : Qu’est-ce qu’être romantique aujourd’hui ?
L’histoire pourrait être kafkaïenne, et Benjamin Balint le souligne dès le titre de son essai Le Dernier procès de Kafka, qui vient de paraître aux éditions de La Découverte : la saga des manuscrits et inédits de l’un des plus grands écrivains du XXe siècle, par ailleurs docteur en droit, semble tout droit inspirée du Château comme du Procès, elle est au centre de ce livre passionnant qui se lit comme un roman.
Je me souviens avoir trouvé dans une de ces boîtes tenues par les bouquinistes des quais de Seine un livre au papier jauni et à la couverture partiellement arrachée, aux cahiers parfois décousus et au dos illisible brûlé par la lumière : le Journal intime de Franz Kafka, traduit et introduit par Pierre Klossowski (Grasset, 1945).
Rien de plus fascinant, peut-être, que la correspondance d’un écrivain, ce « commerce avec des fantômes, non seulement avec celui du destinataire, mais encore avec le sien propre », écrivait Kafka. Ce type de lecture procure un plaisir particulier, certes intellectuel (découvrir obliquement une œuvre) mais aussi interdit (entrer dans l’intime).