J’aime lire Duras au-delà de Duras. Elle même disait qu’après sa mort il resterait le lecteur, les petits lecteurs, j’en suis un. Mais je ne lis pas Duras en son temps circonscrite, j’ai beaucoup lu Duras, jusqu’au dégoût, puis j’ai arrêté de la lire n’arrivant plus à voir les phrases comme au début, et je l’ai oubliée plusieurs fois, et j’y suis revenu, j’y reviens.
le journal d’Olivier Steiner
Olivier Steiner en dialogue avec Sapho, alors que l’artiste se produit au New Morning à Paris, le 12 décembre 2018, et chante Barbara.
Je ne vous connais pas bien mais vous aviez a priori toute ma sympathie et mon estime, j’avais beaucoup aimé vos premiers romans (Qumran et L’or et la Cendre), lus à leur parution, de beaux romans de plage intelligents, c’est tout ce que j’avais lu de vous, jusqu’à vos prises de position publiques contre la GPA, je parle de certains entretiens dans la presse et du court essai que vous venez de publier (Bébés à vendre), où vous racontez ce qui se passe notamment avec les mères porteuses du Laos, de Malaisie ou d’Ukraine.
Il a deux ans. Son père vient de l’emmener à la crèche, sa mère est dans la salle de bains, je suis seul dans sa petite chambre d’enfant.
Fatigué d’écrire, de penser, de parler, d’avoir des avis et des opinions, je me suis mis à regarder.
Tous les écrivains ont un rapport avec le temps et même plus, le temps est leur affaire. Écrire c’est faire avec du temps. Bien sûr tous les êtres vivants ont un rapport avec le temps, mais ils le savent plus ou moins. L’écrivain, lui, ne sait que cela, qu’il a à se débrouiller avec cette matière-là, temporelle, s’en départir, tricoter avec, des phrases et des fils sur de la durée, sur de la musique dans les plus beaux exemples, sur du silence, des phrases et des fils qui feront textile, texte, livre, écorce.
Je commence ce texte, cette lettre, avec appréhension, la poitrine serrée et le souffle un peu coupé, impressionné par l’ampleur et la portée du sujet que je veux soulever, plus que jamais il s’agira d’être simple et juste, juste : les mots justes.
Des boulots, j’en ai fait des dizaines. Des contrats, j’en ai signé de toutes sortes. Depuis deux mois je travaille au château de Versailles en tant qu’agent de surveillance, sécurité et accueil, avant on disait « gardien de musée ». Je suis vacataire, CDD pour quatre mois et après on verra, je suis « employé stand-by », comme on peut lire dans les pièces de Richter.
Il neige, on a envie de regarder la neige en écoutant la première leçon de ténèbres de Couperin, on a envie de traîner, de prolonger le retard sur tout, le regard sur ce premier lundi de février, faire diminuer l’impatience et la culpabilité, ne rien faire, rien, rien construire ni gagner. Tout est là, comme déjà donné.
Il était pour moi le Jérôme Lindon vivant.
Je l’ai rencontré à Manosque, en septembre 2012, pendant le festival Les correspondances.
Hier je ne te connaissais pas
Tu jouais aux voitures
Je chassais les pyrales
Sous l’œil de nos mères
D’habitude je suis très prudent en matière d’opinion politique exprimée à l’écrit. Déjà j’ai dit pas mal de conneries par le passé, de plus je ne suis pas vraiment compétent, puis d’autres en parlent et analysent mieux que moi. Mais quand même, Macron, ce matin en dansant sur Madonna ça m’est apparu comme lumineux, je veux dire comme un éclair :
C’est au Théâtre l’Échangeur à Bagnolet (métro Gallieni, ligne 3) jusqu’au 9 novembre. La pièce s’appelle D comme Deleuze et c’est mis en scène par Cédric Orain. Le sous-titre est Conférence un peu mouvementée autour de l’œuvre de Gilles Deleuze.
J’ai perdu ou on m’a volé ma CB, peu importe, je ne l’ai plus. Je fais opposition puis j’en commande une nouvelle – qui me sera facturée bien sûr. On me dit au téléphone 3 jours environ, ok. Les 3 jours passent, puis 4, puis 5. Rien.