Les Cesar ont définitivement un problème. Année après année, on se dit que l’édition prochaine sera la bonne, que l’animateur retrouvera l’inspiration perdue, que les auteurs des vannes et des discours des remettants arrêteront de se censurer au nom d’une pruderie et d’un respect qui annihilent toute spontanéité et finissent par transpirer l’obséquiosité (au point de faire ressembler les textes de remerciements davantage à des mots de premiers communiants obligés de gratifier mémé pour sa gourmette en argent achetée au poids dans une bijouterie en gros qu’à l’expression sincère d’une pensée cinéphilique qui rendrait grâce à la profession).
Dominique Bry
A Peterborough, dans l’est de l’Angleterre, un homme est en fuite dans une nuit boueuse, terrorisé par des poursuivants qui n’en sont pas à leur première exaction.
Avec Les Chemins de la haine, Eva Dolan signe un premier roman policier teinté de chronique sociale brute dans une Angleterre en plein Brexit qui cherche un chemin vers son humanité.
Dans les archives de Diacritik.
Entretien vidéo avec Enki Bilal revenant pour notre journal sur trois albums formant un cycle littéraire et graphique placé sous le signe des éléments : Animal’z, Julia et Roem, La couleur de l’air. L’eau, la terre, l’air. Sur une planète de cendres et de sang.
Disponible en intégrale sur OCS, la série de Steven Soderbergh ne bénéficiera ici que d’une critique partiale et partielle. Partiale, parce que le seul nom du réalisateur de Sexe, Mensonges et Vidéo, Traffic ou la trilogie Ocean’s est un gage de qualité a priori ; partielle, parce que la mini-série développée pour HBO a été pensée comme une expérience interactive, déclinée en application mobile et pour ordinateur, mais uniquement disponible aux États-Unis.
En surface, Baron Noir est « une vraie série politique dramatique, qui profite d’une écriture soignée, de bons dialogues, d’une mise en scène intelligente et de comédiens de qualité » (Pierre Langlais, Télérama). En surface, Baron Noir, saison 2 est « encore plus près du réel » (Carine Didier, Le Parisien). En surface, enfin, Baron noir est « une série captivante qui s’attache sans cynisme aux tiraillements entre convictions et ambitions » (Télérama). Une série « sans cynisme » ? Vraiment ? Rien n’est moins sûr. C’est même strictement le contraire. Explications.
Mais que se passe-t-il cette année à Angoulême ? Pas une polémique, pas une fronde, rien, le calme presque absolu. Est-ce par lassitude ?
Twitter, Facebook, la vindicte populaire et la dénonciation publique, la mise au ban numérique, ça vous évoque quelque chose ? Dans La Honte !, essai de Jon Ronson à paraître en France chez Sonatine le 8 février (traduction par Fabrice Pointeau), l’essayiste gallois fait bien plus qu’analyser le phénomène de l’humiliation organisée sur la toile, un phénomène que les utilisateurs des réseaux sociaux connaissent bien, pour en être parfois les témoins au mieux, les acteurs au pire.
Avant qu’une certaine intelligentsia ne me tombe sur le râble comme les chasseur de lapins déciment impunément les lagomorphes à grands coups de 12 durant la saison officielle de la tuerie de masse de faisans, perdreaux de l’année et autres gibiers gambadant et bramant de conserve, je tiens à préciser que le vœu du titre de cette chronique à tiroirs écrite en ce premier jour de l’année 2018 est bien évidemment tiré du Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis de Pierre Desproges, à la page 68 de l’édition poche de 1985. C’est vous dire si ma misanthropie ne date pas d’hier.
En cette fin d’année, séance de rattrapage avec des parutions remarquables et remarquées, parce que leurs auteurs font partie de ceux qui comptent aujourd’hui dans le paysage de la bande dessinée franco-belge. Paysage qu’ils réinventent à leur manière, en s’inscrivant dans une filiation évidente (Juan Dias Canales et Ruben Pellerejo), dans une tradition séculaire (Xavier Dorison et Ralph Meyer) et dans un anticonformisme bienvenu (Wilfrid Lupano et Paul Cauuet).
Loin de moi l’idée, et encore moins l’envie, de passer pour un néo-réac aigri et blasé, un bobo qui s’lamente en gauchiste ou pour un représentant d’une pseudo-élite qui se pâme dès les premières mesures du Requiem de Gabriel Fauré en déplorant que la version de 1963 chez EMI ne soit pas disponible sur Deezer.
Avant de revenir parler de La Magicienne, quatrième opus de la série de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, Les Vieux Fourneaux, retour sur le précédent épisode d’un triptyque commencé avec Ceux qui restent et Bonnie et Pierrot. Dans Celui qui part, Mimile, Pierrot et Antoine, les trois pépés fringants montraient d’une manière jubilatoire comment malgré leur âge canonique ils n’avaient pas pris une ride…
En début d’année 2017, le critique avouait qu’il avait sans peine mis de côté son goût pour ses séries cultes désormais trop datées, pour se tourner vers les TV shows exigeants qui font se pâmer les exégètes un peu snobs dont il fait partie ou pour les blockbusters bien huilés qui demandent moins d’avoir un QI de Prix Nobel que l’indulgence chevillée au cortex. Allant même jusqu’à visionner l’intégralité de la première saison de This is US avant de se plonger dans la deuxième débutée le 26 septembre dernier, le critique revient à mi-saison pour reparler de ce qui s’avère être une réussite au-delà de toute compréhension, avant une trêve hivernale qui va permettre à Kate, Kevin, Randall et nos glandes lacrymales de faire une pause bien méritée.
Oubliez ce que vous croyez savoir du Japon, oubliez les stéréotypes faits de mangas ultra-violents, de rythme de vie effréné, de travailleurs qui se pressent, que l’on pousse dans le Shikansen ou de yakuzas caricaturaux et plongez dans Six-quatre de Hidéo Yokoyama, roman policier captif et captivant paru aux éditions Liana Levi.
Un thriller obsédant qui déploie une intrigue à la poétique d’haïku et met la psychologie des personnages et le poids de la société japonaise tout entière au centre d’une affaire non résolue depuis quatorze ans.
Paris, 2041. Toute connexion numérique est impossible. Un bug généralisé a eu lieu pendant la nuit. Le monde est dans l’obscurité électronique depuis que tous les liens, toutes les données ont disparu de la surface du « Néo World Wide Web ».
Astérix et la Transitalique peut s’enorgueillir d’illustrer farpaitement le mot inflation : de 6000 exemplaires pour le tirage initial d’Astérix le Gaulois en 1961 à cinq millions de copies pour la trente-septième aventure, la série imaginée par René Goscinny et Albert Uderzo défie tous les superlatifs. Signé des repreneurs Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, ce 37è Astérix est d’ores et déjà en route pour le succès qui lui était promis. Et vers le Vésuve, puisque après la Calédonie et les arcanes de la presse antique, la destinée de l’irréductible Gaulois est routière et emprunte les vias (mal) pavées (de bonnes intentions).