Ouvrant la saison 2023-2024 de La Monnaie, à Bruxelles, Cassandra, le premier opéra du compositeur Bernard Foccroulle, revisite le personnage mythique de Cassandre et en produit une relecture éminemment actuelle en l’abordant sous l’angle de l’activisme écologique.
Cocasse et poignant : tels sont les deux termes qui traversent l’esprit après avoir achevé la lecture du remarquable premier récit d’Élise Golberg, Tout le monde n’a pas la chance d’aimer la carpe farcie, qui vient de paraître aux éditions Verdier.
Je reprends : le projet de cette brocante est de déposer dans un certain ordre ce dont on n’a pu parler en temps voulu. Positionner sur une natte – ou un drap, ou à même le sol – divers objets, dans le but d’inciter les flâneurs attentifs à en acquérir un ou deux, c’est d’abord faire de la mise en page éphémère : composer dans l’espace, un rectangle jaune en côtoyant deux autres ivoires, puis un quatrième, couleur terre, avant que d’autres ne s’ajoutent, remettant en jeu, à chaque fois, la donne graphique. Il arrive que l’agencement soit impeccable : n’y touchons plus !
Retour sur la puissante Cité dolente, de Laure Gauthier, sous la forme d’un grand entretien avec l’autrice mené par Lénaïg Cariou.
Magnétique et splendide : tels sont les deux mots qui viennent à l’esprit pour qualifier la nouvelle pièce de Laurent Mauvignier, Proches qui vient de paraître aux Éditions de Minuit. Dès ce 12 septembre, la pièce sera jouée au théâtre de La Colline à Paris dans une mise en scène de Laurent Mauvignier lui-même, une première pour l’auteur.
En traduisant et publiant la poésie de Galina Rymbu, Marina Skalova et les éditions Vanloo permettent la découverte en France d’une œuvre enthousiasmante et forte. Réunissant des textes de 2016 à 2023, Tu es l’avenir propose non seulement un panorama de celle-ci mais surtout un ensemble dont la puissance et la qualité s’affirment à chaque page.
Dans l’essai qu’elle consacre à Ananda Devi, Cécile Vallée insiste sur la notion d’hybridité, qui concerne déjà l’origine de l’auteure mauricienne : « arrière-petite-fille d’immigrés indiens », qui a « baigné dans plusieurs cultures et plusieurs langues ». Est aussi soulignée sa double activité d’écriture : littéraire et universitaire. Cette double casquette éclaire les thématiques qu’elle privilégie et explore avec une connaissance des milieux qu’elle met en scène : l’identité et le communautarisme dans une société multiculturelle.
Six ans après la publication d’Extrait des Nasses, le poète et artiste Justin Delareux publie aux éditions Pariah Écrase-Mémoire (2022), un texte poétique frappant, de ceux qui font l’effet d’une riposte ou d’une respiration. Dans Écrase-Mémoire nous retrouvons comme en 2016 cette situation du poète, entre sécession et état de siège, mais avec une logique coercitive augmentée par les situations politiques et sociales de ces dernières années.
Le recueil Dialogues en public réunit le courrier des lecteurs du magazine communiste Vie Nuove adressé à Pasolini de 1960 à 1965. Des centaines de lettres venues de toute l’Italie le pressent alors de prendre position. Au gré d’échanges entrelaçant les différents aspects de son œuvre (sur Antonioni, Joyce, le marxisme ou bien l’Évangile), le poète-cinéaste y prodigue des conseils, explicite ses convictions et son geste créateur.
Comme une envie de parenthèse, de calme, comme un besoin de lucidité au moment de se dire « est-ce que je dois faire la couv’ de Playboy ? » ou « est-ce qu’au JDD, pour garder la ligne, la bonne solution c’est Lejeune ? ». Un jour au hasard, une info, une colère, une chronique. Comme un moyen de jeter rage et courroux avec l’eau du bain de mer.
Au moment où tombent les premiers chiffres confirmant la bonne réception en salles d’Anatomie d’une chute de Justine Triet (262 000 entrées pour 379 copies au terme du premier week-end d’exploitation, ce n’est pas rien), me revient une remarque saisie au vol au cours des premiers échanges après projection : c’est vraiment bien, mais il manque « quelque chose ».
Livre d’une mémoire trouée, d’une recherche dont l’objet se dérobe, Donato est aussi un récit par lequel, de la manière la plus belle, apparaît une vie, un monde. Ce premier livre d’Éléonore de Duve, s’impose par la beauté de sa langue, par la sensibilité de son écriture, par la recherche formelle, narrative, qui font naître la vie la plus singulière de cette figure qu’est Donato. Un livre qui est une des très belles découvertes de cette rentrée littéraire. Entretien avec l’auteure.
Avec Georgette, Dea Liane signe un premier roman, aussi singulier que fort, aux éditions de L’Olivier. D’inspiration autobiographique, ce dense et court récit raconte l’enfance et l’adolescence de la jeune femme sur laquelle veille, entre Beyrouth, la Syrie et Châtenay-Malabry une bonne : Georgette.