Publié en novembre 2023, L’Atlas des 2-mers, de Frank Smith, fait écho à une création et une exposition multimédia conçues à Calais (2023-2024). Celle-ci, par la suite, a donné lieu à une reprise sous d’autres formes : d’une part à l’occasion d’une exposition collective qui se tient actuellement au musée du Louvre-Lens et, d’autre part, d’une exposition personnelle à La Maréchalerie de Versailles (jusqu’au 15 décembre).

Le titre choisi par François Durif pour son deuxième livre, Torno subito, signifie « Je reviens tout de suite », mais on aurait envie de le traduire par virage (giro) abrupt, au pluriel d’ailleurs, tant ce livre est fait de lacets, changements à angles droits et boucles brusques, l’auteur tentant de garder le cap dans tous ces bouleversements.

Quand on s’intéresse de près à tel ou tel « objet culturel », ce qui compte tout d’abord, c’est d’apprécier la prise de risque de son auteur ou de son autrice. Si quelque chose nous semble ne serait-ce qu’un peu remis en jeu, il devient possible – même si leur absence est avérée – d’ajouter des mots aux mots, en conscience des nombreux coups de gomme à venir sur les premiers jets de cet ajout, dessinant peu à peu les contours d’un espace d’échanges.

Voici un court texte merveilleux sur les nus de Pierre Bonnard, signé Yannick Haenel, qui paraît aux éditions de L’Atelier contemporain après avoir figuré dans le catalogue de l’exposition grenobloise Bonnard. Les Couleurs de la lumière (In Fine Éditions d’art, 2021). On sait que depuis À mon seul désir (Argol, 2005) en passant par La solitude Caravage (Fayard, 2019) et jusqu’au très récent Bleu Bacon (Stock, 2024), l’écrivain fait advenir une pensée profonde sur l’art et la peinture et c’est une écriture assurée, fine, ondulante et nécessairement lumineuse que l’on lit à nouveau ici.

Constance Larrieu est Farah, l’héroïne adolescente, enthousiaste et en quête d’identité du roman d’Emmanuelle Bayamack-Tam. Mais Constance est aussi Victor, Maureen, Nello, la gynécologue et le gourou… Bref, Constance est successivement et jubilatoirement toute la troupe pittoresque et libertaire imaginée par l’autrice dans Arcadie, roman foisonnant dont on se demande comment il peut trouver sa place sur le minuscule plateau du théâtre de Belleville.