Les aventures de Perlimtintin : lobby ne fait pas le moine.
Avec Le Romanesque des lettres, Michel Murat ouvre une passionnante étude sur la potentialité imaginaire de l’histoire littéraire. À rebours de tout positivisme, il montre que l’histoire de la littérature n’est pas le récit linéaire où se rangent sagement les œuvres, les unes à côté des autres, mais un espace de projection et un embrayeur de rêveries.
Réactions intéressantes et contradictoires à propos des essais de la romancière nigériane, Chimamanda Ngozi Adichie, Nous sommes tous des féministes et Chère Ijeawele, en 2015 et 2017 : qu’est-ce que le féminisme en Afrique ? Est-ce une importation occidentale et blanche dont il faut se débarrasser pour cerner un féminisme africain ?
Cette pièce sert de salle à manger, de salon, de chambre. Une fenêtre donne sur la rue, une autre sur le jardin. Au milieu, une large table ronde recouverte d’une toile cirée ; au-dessus, une lampe à suspension ancienne, en forme de lyre, coiffée d’un abat-jour opaline ; elle diffuse une lumière cuivrée qui rayonne du centre vers les murs comme un astre, et dessine au plafond un cercle diaphane.
Du 15 juin au 30 septembre 2018 à la Maison du dessin de presse de Morges, c’est le faîte du Prince. Emmanuel Macron en grand inspirateur de caricaturistes et dessinateurs talentueux ? C’est le sous-texte de cette exposition qui prend le parti de s’intéresser au processus de création qui préside (sans jeu de mot) à la représentation du chef de l’État depuis son arrivée à l’Élysée en mai 2017.
Il serait dommage de ne voir en Jafar Panahi qu’un symbole de la liberté victime de l’intégrisme islamiste. Bien entendu, il est impossible de l’oublier et il n’est pas question une minute de l’oublier, comme on n’oubliera pas le cas de Kiril Srebennikov, cinéaste russe maintenu sous résidence surveillée par le régime autoritaire de Vladimir Poutine.
Je ne sais pas où j’étais lorsque SMITH a fait cette photographie de moi. J’étais sans doute dans l’espace de la ville, l’espace social de la rue, l’espace social, physique et psychique que l’on appelle « la réalité ».
Je ne pourrais pas prendre mes vacances ailleurs qu’au bord de la mer. J’ai besoin des embruns, de l’air iodé, j’adore découvrir du sable dans mes chaussures quand je les enlève le soir… Il y a une sensualité des grèves, une poésie du littoral qui me sont absolument nécessaires…
Comment reprendre l’ascendant sur sa propre vie moins parce que l’on a été victime d’un attentat, la tuerie de Charlie, que parce que l’on est devenu un patient ? Telle est la question centrale du Lambeau de Philippe Lançon (Gallimard).
À l’occasion des cinquante ans de « Mai 68 », il est possible de le repenser à la lumière d’événements plus larges et de le replacer dans un contexte plus vaste où s’entrecroisent la culture et le politique (à différencier de la politique) sur un plan international, autrement dit d’insister sur la possibilité – voire la nécessité – d’un décloisonnement.
La série développée pour Hulu et disponible sur Amazon Prime n’est pas exempte de reproches ni de défauts mais force est de reconnaître que The Looming Tower (la tour qui se dessine au loin) possède des qualités indéniables au premier rang desquelles on trouvera une réécriture de l’histoire récente, une analyse à charge des méthodes du renseignement américain alors en vigueur et les conséquences funestes que l’on connaît.
Juin est un mois qui pose plein de problèmes. On ne sait jamais s’il faut prononcer « /ʒɥɛ̃/ » ou « /ʒwɛ̃/ ». Source de nombreuses incompréhensions, le mot juin est un peu ce que oui est à huis ou huit, alors qu’il n’y a aucune raison de confondre cinq à sept et cinq sets, sis et six, et un et Hun font deux. Le compte est bon. Monsieur Berger à vous pour les lettres.
Au XIXe siècle, des ouvriers ont écrit sans publier pour autant. Ils disaient leur vie, protestaient contre les conditions qui leur étaient faites. Jacques Rancière est allé à la rencontre de quelques-uns de ceux-là et de leur parole.
Saleh Diab est d’origine syrienne. J’ai visité ma vie, recueil bilingue, est issu de plusieurs publications en arabe (Le Caire et Beyrouth) parues entre 1998 et 2009. Sa poésie, sans grandiloquence, du côté d’une épure rayonnante, résonne généreusement.