Du 15 juin au 30 septembre 2018 à la Maison du dessin de presse de Morges, c’est le faîte du Prince. Emmanuel Macron en grand inspirateur de caricaturistes et dessinateurs talentueux ? C’est le sous-texte de cette exposition qui prend le parti de s’intéresser au processus de création qui préside (sans jeu de mot) à la représentation du chef de l’État depuis son arrivée à l’Élysée en mai 2017.

Sans doute le moment est-il inédit dans l’histoire de la Ve République pourtant riche en mouvements sociaux : après désormais plus de 50 jours de contestation sociale et de grève, 70% de Français plus que jamais hostiles au projet de loi, des conflits d’intérêt en pagaille, des millions de gens dans les rues et maintenant un avis assassin du Conseil d’Etat, macron n’a toujours pas retiré sa « réforme » des retraites.

Macron, c’est l’avènement d’une ère, celle de la responsabilisation comme discours criminogène. Comment ne pas être stupéfait par les propos tenus sur la vidéo postée par sa conseillère, propos tenus par celui qui vous sert de président depuis bientôt un an ? Le discours ici proféré s’appuie sur une notion clef de l’ère criminogène : la responsabilisation. Les aides sociales coûtent « un pognon de dingue », elles ne servent à rien : les pauvres demeurent toujours en dépit des aides pharaoniques accordées toujours invariablement pauvres. Ils sont toujours à eux-mêmes leur propre tautologie, c’est ça qui est désespérant, donc inutile. Il va falloir, dit Macron, les responsabiliser.

Les vidéos montrant Alexandre Benalla en train d’agresser physiquement une femme et un homme sur la place de la Contrescarpe n’ont suscité une réelle polémique que quelques mois après leur diffusion sur les réseaux sociaux, lorsqu’il s’est avéré que l’agresseur était le collaborateur du président de la République et qu’il n’était pas policier.