Comment reprendre l’ascendant sur sa propre vie moins parce que l’on a été victime d’un attentat, la tuerie de Charlie, que parce que l’on est devenu un patient ? Telle est la question centrale du Lambeau de Philippe Lançon (Gallimard) qui vient d’être couronné du Prix Femina 2018 (et le 7 novembre prix spécial Renaudot)
En prélude au 28e Salon de la Revue qui se tiendra le 9, 10 et 11 novembre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre d’André Chabin, Yannick Kéravec et Hugo Pradelle, les trois organisateurs de cet événement clef dans la vie des revues. L’occasion pour Diacritik de les interroger sur la riche programmation de cette année placée notamment sous le signe croisé des hommages, de la politique et de très jeunes revues.
Un conte, né de dessins, eux-mêmes nés de lectures : c’est d’un emboîtement d’influences et de regards que s’est construit le dernier texte d’Hakim Bah, Fais que les étoiles me considèrent davantage à l’affiche du Tarmac en novembre 2018. Le metteur en scène Jacques Allaire, lisant le Zarathoustra de Nietzsche et les récits de la ruée vers l’or de Jack London, multiplie les esquisses d’une pièce de théâtre muette dont Hakim Bah est ensuite chargé d’écrire le poème.
Hannah Arendt, analysant la Condition de l’homme moderne l’écrivait : les marchandises ont supplanté les paroles, la bourse a détrôné l’agora, le marché est devenu le lien du collectif. La destinée des Frères Lehman, telle que Stefano Massini en retrace l’épopée, en est l’illustration parfaite, du départ de Bavière d’Heyum Lehmann (avec deux n), le 11 septembre 1844 à la faillite aux répercussions planétaires de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008 : à travers l’histoire d’une dynastie c’est toute l’Amérique dans sa grandeur et ses décadences que saisit l’auteur italien, en une fresque singulière et sidérante.
Qu’écrit-on lorsque l’on écrit ? Commence-t-on l’écriture à partir de soi ou de ce que le monde veut bien laisser en nous ? S’agit-il d’explorer par le verbe ce qui se dit d’intime en nous ou sommes-nous toujours déjà condamné aux puissances de l’extime ? Autant de questions que cette dernière journée du Banquet du livre d’automne 2018, dont Diacritik est le partenaire, entend ouvrir et déployer à travers ses deux auteurs à l’honneur : Pierre Bergounioux et Jean-Michel Espitallier.
« Vous êtes d’origine belge Monsieur Luke ? » Très bonne question. Et l’on remercie Jul et Achdé de l’avoir posée. Voilà plus de 70 ans que le garçon vacher (en français dans le texte), sillonne les États-Unis en compagnie de Jolly Jumper, avec quelques incursions au Mexique et au Canada, à la poursuite des Dalton ou en compagnie de Billy the Kid, de Calamity Jane et autres Empereur Smith. Le plus francophone des cow-boys de papier est de retour après deux ans d’absence et La terre promise déjà signé du duo Jul-Achdé, pour un voyage tout en sous-textes : Un cow-boy à Paris, en librairie aujourd’hui.
Les hommes de génie, si grands qu’ils soient, ont toujours en eux leur bête qui parodie leur intelligence.
Hugo, préface de Cromwell (1827)
Dans « Double assassinat dans la rue Morgue » (The murders in the rue Morgue) de Poe le coupable idéal est un orang-outang. Et peut-être d’autant moins coupable qu’il est plus idéal. Certes, ce qui accable la bête est aussi ce qui exclut d’incriminer personne. Mais le procès tout mental dont, comme hypothèse, la bête est à la fois principe et fin, puise à des ressources dont la trivialité aussi a sa métaphysique.
Novembre ne dispute à nul autre la place de onzième mois de l’année. Il dure 30 jours, et son nom latin est november. Comme d’autres mois avant lui et d’autres avant moi, le mois de novembre en a inspiré plus d’un.
Qu’écrit-on lorsque l’on écrit ? Commence-t-on l’écriture à partir de soi ou de ce que le monde veut bien laisser en nous ? S’agit-il d’explorer par le verbe ce qui se dit d’intime en nous ou sommes-nous toujours déjà condamné aux puissances de l’extime ? Autant de questions que cette deuxième journée du Banquet du livre d’automne 2018, dont Diacritik est le partenaire, entend ouvrir et déployer à travers ses deux invités : Michel Jullien et Jean-Yves Laurichesse.
Qu’écrit-on lorsque l’on écrit ? Commence-t-on l’écriture à partir de soi ou de ce que le monde veut bien laisser en nous ? S’agit-il d’explorer par le verbe ce qui se dit d’intime en nous ou sommes-nous toujours déjà condamné aux puissances de l’extime ? Autant de questions que cette première journée du Banquet du livre d’automne 2018, dont Diacritik est le partenaire, entend ouvrir et déployer à travers ses deux premiers invités : Johan Faerber et Jean Rouaud.
En ce début de saison triste, si on n’a pas la chance de partir voir la mer quelque part, il faut bien se retourner vers les vacances de la mer écrite. Chercher la lumière, un peu de couleur, un parfum d’été, un éclat de vague.
L’enfance, ce paysage en nous, que nous cherchons à tâtons.
Dans ce dernier texte posthume, L’Enfant rouge, Franck Venaille (disparu en août dernier) retrouve son « Moi-de-onze-ans » en un monologue de cent pages, va-et-vient entre le vieil homme et « l’enfant rouge » qu’il fut.
Patti Smith recently published Devotion, an « inspired and inspiring » meditation on the mystery of the creative act. Devotion is part of the « Why I Write » series, based on the Windham-Campbell lectures delivered annually at Yale University.
Jean-Philippe Cazier and Christine Marcandier interviewed Patti Smith last week in Paris. Listen to their conversation below.
Patti Smith publie Dévotion (Gallimard), un art poétique dans lequel une patineuse est la métaphore de l’artiste : l’occasion pour Christine Marcandier et Jean-Philippe Cazier de la rencontrer à Paris, le 22 octobre dernier, et de l’interroger sur l’écriture, les morts et fantômes qui hantent son œuvre mais surtout de l’écouter évoquer William Burroughs, Cocteau, Modiano ou Le jeu des perles de verre. Entretien.