Navet intersidéral, pochade assumée digne d’être programmée le dimanche après-midi après le gigot aux flageolets chez les plus nantis et le jambon coquillettes chez les sans-dents de la résidence Les derniers jours heureux de Trépasse-le-Vieux, Idiocracy est selon certains le nanard culte de ce début de siècle.
Il est des œuvres qui traversent notre contemporain comme autant de cristaux de temps, rassemblant le présent, revisitant le passé et nous jetant dans l’avenir. Intense, puissant et incandescent, Tous doivent être sauvés ou aucun, le nouveau et grand roman de Véronique Bergen, en fait assurément partie.
Quand Daniel Defoe publia en 1719 « La Vie et les étranges et surprenantes Aventures de Robinson de York, marin », il se doutait peu que son roman connaîtrait une postérité extraordinaire, qu’il serait lu par d’innombrables enfants sur le conseil de Jean-Jacques Rousseau et, plus que tout, qu’il nous resterait comme l’œuvre d’un grand fondateur du roman occidental, venant certes un siècle après Cervantès et son Don Quichotte mais tout aussi important que celui-ci.
Un an à peine après la parution du splendide Tout un monde lointain, Célia Houdart revient au cœur de cet automne avec l’un de ses plus beaux récits : Villa Crimée (P.O.L). Exploration patiente et feutrée d’un immeuble de l’Est parisien, ce récit, aux fragments comme autant d’éclats de vie, convoque conjointement la déambulation benjaminienne et la passion du détail d’un Hitchcock. Figure clef d’une littérature contemporaine tournée vers le sensible, au « romantisme musclé », Célia Houdart a accepté de revenir, le temps d’un grand entretien, sur l’un des récits les plus importants de cette année.
1. La violence de certains dessins de Tomi Ungerer, ce n’est pas rien, même s’il lui suffit parfois de peu de traits pour l’exprimer. À s’y frotter, on en sort, au mieux mal à l’aise et, quoi qu’il en soit, selon la formule consacrée, rarement indemne.
Jeff Bezos est partout dans les médias : ces dernières semaines, Capital a publié « Les petits secrets du fondateur d’Amazon » (il fait de la gonflette, son bureau est au 6e étage de la tour Amazon, il ne prend plus jamais l’hélicoptère…), M6 a pu filmer les coulisses du Black Friday dans le centre logistique d’Amiens-Boves, Arte a diffusé le documentaire de David Carr-Brown L’Irrésistible ascension d’Amazon. Au centre, un même homme, le fondateur d’Amazon et deux conceptions diamétralement opposées du journalisme.
Une série de photographies d’Ana Mendieta la montre nue, recouverte de sang. L’intérieur du corps passe à l’extérieur, le fluide recouvre la peau qui n’est plus frontière ou obstacle mais surface sur laquelle l’intérieur apparaît à l’extérieur.
Que collectivement, nous enseignants du secondaire et de philosophie, ne soyons pas à la hauteur du mouvement des Gilets jaunes qui dénonce un appauvrissement matériel et une aliénation morale qui minent toute la société française – notre métier étant loin de faire exception puisque la réforme du lycée va le vider de tout sens en l’hybridant, et en rendant définitivement impossible son exercice avec l’augmentation des effectifs par classe (ah la maïeutique avec 35-40 élèves !) – cela semble indubitable.
L’Algérie fut à la une… pour le meilleur et pour le pire… après octobre 1988 et l’arrêt du processus électoral de janvier 1992. Vivant alors une nouvelle rupture tragique, cette ancienne colonie, présente, même dans l’invisibilité, dans la vie et la mémoire de nombre de Français, entamait la traversée d’années noires. C’est justement à ces années que se mesure Tristan Leperlier dans son ouvrage récent, Algérie, les écrivains de la décennie noire, aux éd. du CNRS. Libre échange entre une lecture et un auteur.
2.650 suppressions de postes dans les collèges et lycées à la rentrée 2019, pour des effectifs élèves qui, selon les chiffres du Ministère, doivent augmenter d’environ 30.000 élèves par an jusqu’en 2022 !
Il y a une scène particulière dans la série Penny Dreadful (créée par John Logan en 2014, et qui rassemble des personnages emblématiques de la littérature fantastique de l’Angleterre Victorienne, de Dracula à Frankenstein) que tout amateur de cette intrigue en trois actes ne peut avoir oubliée : Vanessa Ives (son héroïne tourmentée, incarnée par Eva Green) raconte à Ethan Chandler (Josh Hartnett, son acolyte lycanthrope) sa rencontre avec la sorcière qui l’a initiée.
Après la sortie en DVD &/ou Blu-Ray chez Potemkine de deux films de Jacques Rivette en copies restaurées (Céline et Julie vont en bateau et Le pont du Nord), assez rapidement suivie par celle de La Religieuse chez StudioCanal, et en attendant la publication en tir groupé de Duelle, Noroît et Merry-Go-round annoncée chez Carlotta, ce sont les Textes critiques du cinéaste qui nous sont aujourd’hui proposés chez post-éditions.
Sans doute lit-on peu de ces livres-césures qui, de l’époque et du passé, entendent faire place neuve ou tout du moins en dessiner un destin neuf, au prix de la mort d’une idée et des auteurs. Et sans doute Poéticide de Hans Limon qui vient de paraître aux éditions Quidam appartient-il à cette énergie sans faille. Roman, poème, poème du roman, roman contre la poésie, assassinat de poètes : carrefour et compression génériques, Poéticide ouvre de nombreuses questions sur lesquelles Diacritik est revenu avec son auteur le temps d’un grand entretien.
Le point de départ serait un constat : l’hétérocentrisme de la psychanalyse. Ou, puisque celui-ci perdure à travers l’histoire et les transformations : l’hétérocentrisme des psychanalyses.