Ce soir, au Centre Pompidou à Paris, de 19h à 21h30 aura lieu une large et riche rencontre pour célébrer les 40 ans des éditions Verdier. Emmenées par Johan Faerber, les rencontres réuniront, entre tables rondes et lectures, Patrick Boucheron, Catherine Perrel, Samy Langeraert, Jean-Yves Masson, Lionel Ruffel et la comédienne Dominique Reymond.
Deux auteurs nés à Douala (Cameroun), Yann Gwet en 1982 et Jo Güstin en 1987 proposent, en cette année 2019, une réflexion intéressante sur le devenir des « enfants de la postcolonie » en territoire de France, respectivement dans un essai autobiographique (Vous avez dit retour ?) et dans une sorte de journal fiction (Ah Sissi, il faut souffrir pour être française !). Ils le font en aboutissant à des propositions opposées, du moins dans le présent dans lequel ils s’inscrivent.
Il faut être inconscient, présomptueux, ou téméraire pour oser présenter un nouveau livre sur Venise.
« Ce qu’il fallait faire, c’était un nouveau récit, une histoire nouvelle racontée à travers le prisme de notre lutte […] Ce n’était pas seulement notre histoire mais l’histoire du monde, transformée en arme pour servir nos nobles desseins […] S’ils avaient leurs champions, nous devions avoir les nôtres cachés quelque part ». Ta-Nehisi Coates, Une Colère noire – Lettre à mon fils
C’est bien à l’entrée dans l’histoire du difficile accès à la liberté d’une « championne » invisible que le roman de Colson Whitehead, Underground railroad, convie son lecteur ;
Dans le cadre du partenariat de Diacritik avec Ciclic, retour le temps d’un grand entretien avec Marc Perrin sur ses ateliers d’écriture menés notamment à Bourges. L’auteur du remarquable Spinoza in China a accepté de revenir avec nous sur la question du peuple, de la communauté, de ce que signifie Tenir journal et pourquoi « formes de vie » est une formule qui le convainc de moins en moins.
Unité 8200 (prononcez Huit Deux Zéro Zéro), une branche très secrète du renseignement militaire israélien, dirigée par intérim par le lieutenant Oriana Talmor, va se retrouver au coeur d’un maelström politique sur fond de terrorisme international. Unité 8200, c’est le titre d’un thriller rythmé, réaliste et tout en ironie signé Dov Alfon, paru chez Liana Levi.
Il nage à contre-courant, mais en rythme. Thomas A. Ravier, né en 1969, est un écrivain éblouissant qui depuis 1994 publie essais et romans dans lesquels une formidable verve cavale.
1. Je continue ma lecture – ce matin, dans le bus (grand calme pour une fois, personne ne parle, même mezza voce). Arrivé à destination, je referme le livre, p. 177, en notant sur un carnet les derniers mots de cette page : “de la mezzanine une chaleur douce mourait sur les parquets”.
Lorsqu’ils se rencontrent, Bruno Gibert, auteur et narrateur des Forçats, et Édouard Levé sont deux inconnus. Leur œuvre est devant eux, double quête, celle d’une forme singulière, celle d’un nom à faire connaître au monde. Peu à peu tout s’ébauche et tout se déséquilibre : Bruno devient le spectateur à la fois fasciné et irrité d’Édouard. Les forçats est tout autant le portrait de deux jeunes hommes en artistes que celui d’une génération qui se cherche, tout autant une autofiction qu’une exofiction, avec Édouard Levé pour centre et attraction/désastre.
Société, télé, climat. C’est la revue de presse du Chutier.
Les Queen Zee & The Sasstones ne sont pas du genre à être sensibles aux injonctions de Palmade (émoji doigt d’honneur) à la discrétion et au « placard ». Ce serait plutôt l’inverse : être le plus visibles, faire le plus de bruit, laisser déborder l’énergie qui anime ce que l’on est et ce que l’on veut être. De fait, queerness et décibels électriques débordent de tous les titres qui composent le premier album des Queen Zee, adoubé par Iggy Pop lui-même (émoji orgasme).
Les grands livres sont hors actualité, le temps qui passe renforce leur pertinence et leur urgence. Ainsi en est-il de La Vache (Blösch), roman de Beat Sterchi écrit en 1983, paru chez Zoé en 1987, republié le mois dernier, doublement actuel dans sa saisie de la xénophobie et de l’abattage des animaux, soit une même violence dans le rapport à l’Autre.
Anne-James Chaton : « La frontière document/fiction est extrêmement poreuse » (L’affaire La Pérouse)
L’affaire La Pérouse convoque un mystère historique : celui de la disparition en mer, au XVIIIe siècle, du comte de La Pérouse, ainsi que des navires qu’il commandait. Puisque cette disparition n’a pas été résolue, le livre d’Anne-James Chaton pose la question : comment faire un récit de ce qui ne peut avoir de récit? A partir de cette question, l’entretien qui suit abordent les thèmes de la référence historique et de la fiction, de la construction formelle et matérielle du livre, de son genre comme de ses effets.
Retour sur l’œuvre de Cyril Collard à l’occasion ce soir de la nomination de l’épatant Harrison Arévalo à la 31e cérémonie des Molières dans la catégorie révélation masculine pour son interprétation de l’auteur des Nuits Fauves dans Les Idoles, la fulgurante pièce de Christophe Honoré, lui-même nommé dans deux catégories : meilleur auteur francophone et comme meilleur spectacle public.