En mettant de côté les jeux de mots faciles qui promettaient une « montée d’Adrénaline » et les rancœurs récurrentes des puristes marris devant l’implacable plan marketing de la machinerie Astérix, proposons une autre lecture de La fille de Vercingétorix, 38e album des aventures du célèbre Gaulois, signé Conrad et Ferri (sous la houlette voire la férule d’Uderzo si l’on en croit les articles lus ici ou sous-entendus là). Un opus empreint d’un sous-texte très ironique, un plaidoyer pour la jeunesse et l’indépendance.
Sisyphe est une femme : le titre du dernier livre de Geneviève Brisac claque sur sa couverture rouge. Mais il n’est pas qu’un slogan : ce titre est un constat et surtout le fil d’une réflexion puissante et engagée sur la place des femmes dans la littérature, qui « décennie après décennie, sont renvoyées à leurs ténèbres, oubliées, effacées encore et encore ». Contre cette invisibilisation, Geneviève Brisac mène un « travail de Sisyphe » pour mettre en lumière quelques-unes de celles qui compte et dire leur puissance de « sorcières ». Article et entretien.
D’un côté, les traces peintes de ces mains millénaires, orientées selon un axe vertical, qui ornent la grotte de Gargas ; de l’autre, l’extension progressive d’un monde horizontal avec cette carte, Cosmographiae introductio, où est dessiné pour la première fois le continent américain, puis celle, rapprochée des toiles de Jackson Pollock, qui figure l’ensemble des trajets des bus Greyhound et où se résume la vocation de cette même Amérique à installer et imposer mieux que tout autre un mode de rapport géographique au monde.
Lucie Taïeb, génération 77, écrivaine, traductrice et enseignante-chercheuse, publie cette année un essai (Freshkills, recycler la terre, éd. Varia), un recueil de poèmes (Peuplié, Lanskine) et un roman (Les échappées, L’ogre). Le prix Wepler 2019 qu’elle vient de recevoir pour son roman est l’occasion rêvée pour explorer son univers d’écriture.
J’ai oublié. Quel titre parfait pour un livre de souvenirs ! Jean-Pierre Dionnet qui vient, de son côté, d’en publier un, l’a intitulé Mes Moires, ce qui est plutôt bien trouvé, mais J’ai oublié est plus fort et vient d’être couronné par le prix Médicis Essais 2019.
Ripley : There’s a monster in your chest. (…) It’s a really nasty one. And in a few hours it’s gonna burst through your ribcage, and you’re gonna die. Any questions?
Purvis : Who are you?
Ripley : [smiles] I’m the monster’s mother.
Il y a dans le personnage d’Ellen Ripley, depuis le premier film jusqu’à celui de Jean-Pierre Jeunet, une gravité, une densité presque, qui l’isole en la différenciant, des hommes et des femmes qu’elle côtoie.
Deuxans après L’héritage de Jason Mac Lane et le voile (enfin) levé sur les origines du plus célèbre amnésique de la bande dessinée, XIII revient pour une nouvelle aventure toujours aussi sérielle avec un scénario signé Yves Sente et Iouri Jigounov au dessin. Un nouvel album qui ne se contente pas de puiser dans le patrimoine du héros mais l’ancre résolument dans le présent de la fiction autant qu’il annonce le futur du feuilleton treizien.
Marcel a rejoint l’ami Saint-Loup en garnison à Doncières. Épris d’Oriane de Guermantes, il voudrait obtenir de Robert un portrait photographique de la belle duchesse, sa tante, sans pour autant avouer sa passion.
Au début je voulais parler des photos de Marc-Antoine Bartoli, de son livre-photos Escapade, récemment paru, ça fait un mois environ que je traine ce texte, que je le reprends, le laisse, en change le titre — le premier était « Sous le voile d’une fiction transparente » — ça avait un sens que j’ai oublié —
« Mais qu’est-ce qu’ils ont tous en ce moment avec Velasquez ? Je préfère mille fois Le Greco. Lui était un peintre. » En 1966, Picasso est formel quand il parle du génie de Doménikos Theotokópoulos (1541-1614). La véritable première rétrospective que lui consacre le Grand Palais jusqu’au 10 février en réunissant soixante-quinze œuvres ouvre en très grand l’histoire de la peinture.
La quatrième de couverture de l’ouvrage récent de Laure Lévêque, Jules Verne, un lanceur d’alerte dans le meilleur des mondes, explicite sans ambiguïté le projet de ce livre plein de vigueur, d’informations précises et d’analyses d’une œuvre qu’on a trop facilement rangée dans la catégorie des œuvres pour la jeunesse, portée par un positivisme à tout crin.
Il est bien que la reprise des « romans et nouvelles » de J.-K. Huysmans en Pléiade soit accompagnée d’un avant-coureur en Poésie/Gallimard rééditant les poèmes en prose de l’écrivain (Le Drageoir aux épices et Croquis parisiens). Car c’est par cette porte-là de la poésie sans versification qu’a pénétré le jeune Huysmans dans le champ littéraire, donc par l’oblique d’un genre tout nouvellement inventé. Nous sommes en 1874.
La rencontre que Jean-Clet Martin opère dans Ridley Scott. Philosophie du monstrueux, est plurielle : rencontre avec le cinéma, avec les films de Ridley Scott, mais aussi rencontre avec des Aliens, des androïdes, des vivants aux confins de la vie, des types d’image ouvrant sur d’autres mondes. Ces rencontres permettent à Jean-Clet Martin de relancer les dés de la philosophie, de reconfigurer la table sur laquelle vont être disposées des façons nouvelles de penser, de poser des questions, de réunir des concepts. Vont ainsi apparaître des manières nouvelles de vivre et de créer. Entretien avec Jean-Clet Martin.