James

Le cocktail surgit dans l’histoire de l’humanité à l’heure où s’éveille le poème en prose. De fait, c’est en 1836 qu’un pourtant romancier Fenimore Cooper l’introduit dans un de ses fougueux romans pour désigner un breuvage aux mixtures d’alcool multiples mais en en parlant avec des accents qui sont ceux que prendra, les mêmes années, Aloysius Bertrand pour ses Gaspards de la nuit. Car le cocktail sera vite l’illustre allégorie des Gaspards de la nuit, s’offrant par sa conjugaison de liqueurs, d’aromates et de fruits savamment dosés l’expression la plus libre et la plus matérielle, sous le jour de la contingence, de l’éclatement des genres, de la circulation d’une forme dans une autre, la boisson la plus littéraire parce que, celle d’entre toutes, qui vit de cette hybridité.

Ilestderetour

Mein Kampf, manifeste d’Adolf Hitler dont on connaît la terrifiante postérité, a été écrit en prison, à Landsberg (avec l’aide de Rudolf Hess), et publié en 1925. En 1934, il est traduit en français, sous le titre Ma doctrine. En 2012, l’écrivain allemand Timur Vermes publie un roman Er is wieder da (Eichborn Verlag), traduit 35 langues — et en français par Pierres Deshusses chez Belfond —, un Il est de retour (désormais disponible en poche 10/18) qui résonne étrangement alors que l’on annonce la reparution de Mein Kampf, chez Fayard, traduit par Olivier Mannoni. Le texte nationaliste, antisémite tombe en effet dans le domaine public en janvier 2016.

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Non, ne vous moquez pas. Vous avez toutes et tous un jour fredonné Call Me Maybe dans la rue sur vos lecteurs MP3 en simulant le téléphone avec votre main, provoquant peut être quelques sourires auprès des passants ayant croisé votre chemin — oui, c’est du vécu. Avouez également !

Le produit Carly Rae Jepsen a le mérite de poser au moins une question : Comment un artiste peut il poursuivre sa carrière après un tube aussi écrasant et omniprésent que Call Me Maybe ?

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Faut-il encore présenter Edmund White, biographe de Genet et Rimbaud, romancier américain dont l’œuvre — au-delà de ses qualités littéraires — a contribué à faire reculer les barrières des sexes et des genres ? Qu’il s’agisse de sa tétralogie autobiographique — Un jeune Américain (1982), Tendresse sur la peau (1988), La Symphonie des adieux (1997), L’Homme marié (2000) —, de ses romans, de mémoires (City Boy en  2010), c’est la société américaine que White met en perspective, interroge, dont il sonde les tabous et les avancées, les mutations sociétales et culturelles.

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Le roman de Mathieu Larnaudie, Notre désir est sans remède, a comme figure centrale l’actrice américaine Frances Farmer. Avec celle-ci, Mathieu Larnaudie choisit non une star du grand écran mais une actrice à la carrière irrégulière, qui connut une existence douloureuse, voire tragique. Cependant, l’auteur ne tombe pas dans le cliché de la star hollywoodienne torturée, contrairement à ce qui est souvent le cas lorsque l’on évoque, par exemple, Marilyn Monroe ou James Dean : ce qui intéresse avant tout l’auteur c’est le monde dont le personnage est le révélateur ou le symptôme.