« Nous sommes nos écrits. Nous sommes définis par les écrits qui nous entourent. Nous sommes également les écrits que nous provoquons. Et les écrits que nous provoquons deviennent, de fait, les portraits de ceux qui les produisent… » : tel était le postulat de Vie d’hommes illustres d’après les écrits d’hommes illustres d’Anne-James Chaton, rappelé en quatrième de couverture (Al Dante, 2011). Et tel pourrait être celui de Vie et mort de l’homme qui tua John F. Kennedy, paru en mars chez P.O.L, ample mise en réseau des discours qu’une tentative de portrait provoque et produit.
Un train de mille et un wagons qui ne s’arrête jamais, roulant tout autour du monde dans un hiver éternel. Après un cataclysme planétaire (causé par l’homme), des survivants choisis et une poignée de « resquilleurs » ont embarqué à bord d’un convoi géant, unique lieu de vie sur une planète dévastée, dernier bastion de la civilisation : le Transperceneige (en BD), le Snowpiercer (sur les écrans).
Jean-Clet Martin : Deleuze – Différence et répétition (vidéo)
Une lecture de Gilles Deleuze par Jean-Clet Martin : Différence et répétition.
Cinquième lecture d’un extrait du « Monologue de Bassoléa », un des chapitres de Des espèces de dissolution, de Juliette Mézenc, paru en 2019 aux éditions de l’Attente.
Marcel a cessé d’aimer Albertine mais non de la connaître et de la comprendre.
pour Émilie et Loïc
On aimerait, mais il s’agit d’un vœu pieux, que la philosophie ne nous arrive jamais sous sa forme dégradée ou désamorcée. Or, tout se passe trop souvent comme si la pensée tendait à être intégrée, à l’image de toute chose, au spectacle et à sa glaçante ironie. À commencer par Le Mythe de Sisyphe (1942) d’Albert Camus.
Les photographies n’ont que l’ombre et la lumière pour dire, et, à la rigueur, des couleurs. Dans un livre qui hante, Les yeux fermés, les yeux ouverts – avec Francesca Woodman, Virginie Gautier a donné une voix aux énigmatiques portraits de femmes de la photographe américaine Francesca Woodman (1958-1981), redonnant vie aux mouvements que la prise de vue a figés.
Les 22 nouvelles qui composent Incident au fond de la galaxie, qui vient de paraître aux éditions de l’Olivier dans une traduction de Rosie Pinhas-Delpuech, sont la plus formidable entrée qui soit dans l’univers singulier de l’écrivain israélien Etgar Keret pour qui n’aurait jamais lu ses fables tragi-comiques, des récits qui condensent toute l’absurdité, aussi désespérante qu’hilarante de nos destinées contemporaines.
Chute libre est une émission de Paul de Brancion qui s’entretient ici avec Gilles Weinzaepflen pour son livre Soleil grigri paru aux éditions LansKine.
« Il y a une trentaine d’années, un Noir du plus beau teint, en plein coït avec une blonde « incendiaire », au moment de l’orgasme s’écrira : « Vive Schoelcher ! » Quand on saura que Schoelcher est celui qui a fait adopter par la IIIe République le décret d’abolition de l’esclavage, on comprendra qu’il faille s’appesantir quelque peu sur les relations possibles entre le Noir et la Blanche ». Frantz Fanon, Peau noire masques blancs
Près de soixante dix années séparent cette citation de Fanon et la destruction de deux statues de Schoelcher en Martinique, le 22 mai 2020, jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Face à ces actes, faut-il se contenter de cris d’orfraies ou au contraire d’approbation ? Quel est l’impact d’une statue posée sans explication dans l’espace public et ainsi offerte au respect, sinon à l’admiration ?
Le fac-similé intrigue d’emblée. Efficace, intranquille. Sous l’aspect d’une page de brouillon fortement surchargée, il occupe la couverture du livre comme pour exposer sans fausse honte la puissance d’un désir mais aussi bien le scrupule à dire autant qu’à montrer ce qu’on découvrira. Et la chose semble se compliquer encore lorsqu’on met en rapport cette image avec le titre du livre, d’une beauté élémentaire, suggestive, équivoque — Faire la vie. L’affaire risque d’être forte, nous voilà prévenus, pour deux raisons au moins : elle nous regarde et ne va pas de soi.