Prenez un premier rôle musculeux sévèrement burné, opposez-lui un adversaire un peu lisse mais ténébreux quand même, ajoutez un mentor au grand cœur et un ou deux personnages féminins histoire de réduire un peu le taux de testostérone au mètre carré et vous avez tous les ingrédients de Balle perdue : un film d’action français qui s’ajoute à la trop longue liste des films dont ne souviendra plus dès le début du générique de fin.
Obsessions, publié en 2014 dans la collection « L’infini » chez Gallimard, est le cinquième livre de Jean-Jacques Schuhl, après Rose Poussière et Télex n°1 publiés en 1972 et 1976 et après Ingrid Caven et Entrée des fantômes publiés en 2000 et 2010.
C’est une jeune femme brune au sourire conquérant, qui brandit un drapeau au cœur d’un concert de milliers de jeunes gens qui reprennent à plein poumon les refrains de cinq garçons dans le vent.
Le cinéma sert à poser des questions, pas à y répondre, disait le tout jeune Leos Carax à la Berlinale de 1987. Il semblerait que toute une nouvelle génération de cinéastes l’ait pris au pied de la lettre, commençant à remettre en cause toute forme d’assignation du film à un genre, à une fonction, à un public. Le nouveau film-question de Patric Chiha arbore fièrement son hybridité, en défiant dès son titre les attentes d’un spectateur éventuel, ce spectateur cœur de cible dont tout le monde sait qu’il n’existe plus mais qui continue, du fond du gouffre, à dicter la loi du marché affolé des images.
Les salles de cinéma rouvrent aujourd’hui. L’occasion de voir Si c’était de l’amour de Patric Chiha, sorti le 4 mars dernier, juste avant le confinement, auquel Diacritik avait consacré deux articles que nous republions pour fêter cette réouverture des salles obscures.
Inédit posthume : les mots sont lâchés, la pupille d’abord se dilate d’excitation puis le cerveau se calme et on en vient à se méfier. A quoi s’attendre ? Juvenilia dispensables, fond de tiroir oublié, rebus mal aimé ? Quelle surprise Bolaño depuis sa tombe nous-a-t-il réservés ? La question est légitime car Le Troisième Reich, premier roman inédit publié en 2010 sept ans après la mort de Bolaño, avait mis la barre très haut. Entrons donc prudemment dans ce second tome d’Œuvres Complètes.
Reportage photo de Jean-Philippe Cazier. Manifestation des sans-papiers. Paris, 20 juin 2020, place de la Nation.
Neveu des Verdurin, Octave vient d’épouser Andrée qui naguère encore le traitait de « misérable ». Mais un autre fait a fasciné Marcel chez Octave :
Les éditions de l’Œil ont entrepris depuis quelques années de republier l’œuvre complète de Jean-Daniel Pollet (1936-2004) ; une œuvre à laquelle la Cinémathèque française s’apprêtait à rendre hommage du 11 au 29 mars 2020 avant d’en suspendre provisoirement la rétrospective en raison de la crise sanitaire. En attendant la réouverture des salles de cinéma, les livres-dvd permettent de découvrir ou d’appréhender ce cinéaste en marge de l’industrie cinématographique.
Sixième lecture d’un extrait du « Monologue de Bassoléa », un des chapitres de Des espèces de dissolution, de Juliette Mézenc, paru en 2019 aux éditions de l’Attente.
Le documentaire de David France tourne autour de la figure emblématique de Marsha P. Johnson, activiste Noire, drag queen, symbole des émeutes de Stonewall. Si le documentaire retrace une partie de la vie de Marsha P. Johnson, il est structuré à partir d’une enquête concernant sa mort, enquête menée par Victoria Cruz, elle-même activiste racisée et transgenre. L’objet de ce documentaire ainsi que le point de vue choisi en font, plus qu’une simple entreprise biographique, un film dont le but est critique et politique.
C’est en 2019 sur HBO, que Damon Lindelof décide de revisiter en neuf épisodes l’univers complexe de Watchmen, roman graphique à succès d’Alan Moore, Dave Gibbons et John Iggins paru au milieu des années 80. Cette adaptation télévisée suit la proposition tonitruante et peu subtile de Zack Snyder sur grand écran en 2009 (Watchmen : les gardiens), et réinvente, grâce au regard introspectif et labyrinthique du showrunner de Lost (ABC, 2014-2010) et surtout de The Leftovers (HBO, 2014-2017), les enjeux de cet univers fictionnel. Watchmen de Lindelof explore la force des dénis qui nous habitent quant au racisme et à son histoire, en plaçant son récit, et son propos, dans une réalité alternative de l’Amérique contemporaine.