Je ne sais plus quel devait être le sujet de cette chronique. Je ne sais plus si j’en avais un. Je n’en ai peut-être jamais. Attends, c’est périmé, les sujets. D’autant que ce qu’on dit correspond rarement à ce qu’on croyait vouloir dire.
Au temps de Combray et de la jeunesse de Marcel, le charmant Legrandin fut l’incarnation même du snob.
Les histoires racontées dans cet essai sont vraies, écrivait Valeria Luiselli dans Raconte-moi la fin (2018), Essai en quarante questions, recueil de paroles d’enfants ayant tenté de passer la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Archives des enfants perdus, paru en poche hier chez Points, est en partie le pendant romanesque de cet essai, même si les genres littéraires ne sont pas aussi tranchés que les frontières géographiques et politiques.
1919. L’Inde est toujours britannique et subit la loi de l’Empire via le Rowlatt Act qui donne tout pouvoir au gouvernement anglais pour enfermer les agitateurs politiques. A Calcutta, un jeune capitaine de la police de Sa Majesté enquête sur le meurtre sauvage d’un Sahib. Avec L’attaque du Calcutta-Darjeeling, Abir Mukherjee signe un premier roman policier dense et maîtrisé, sur fond d’aspiration des peuples à disposer d’eux-mêmes et de fin de l’ancien monde. Il sort en poche chez Folio Policier.
Trois figures et non deux sont au centre du livre de Valérie Zenatti, Dans le faisceau des vivants qui vient de paraître en poche : Aharon Appelfeld, Valérie Zenatti et leur amitié, elle aussi personnage d’un roman sous le signe de la rencontre. Cette rencontre n’est pas seulement celle d’un immense écrivain et de sa traductrice, c’est celle d’un homme et d’une femme qui vont partager récits, langues et silences, c’est une évidence, une amitié unique, de celles, rares, qui dépassent les catégories et que seule la littérature est à même de saisir.
Le pogrom de Kishinev de 1903 prend, dans le cours de l’histoire mondiale, une importance particulière. Considéré comme précurseur de l’Holocauste, c’est l’événement avec lequel l’horizon du XXᵉ siècle s’assombrit, non seulement pour les territoires de l’Empire russe mais aussi pour l’Europe. Il sonne le glas de l’ancien monde, annonçant l’avènement des nationalismes totalitaristes, la destruction des juifs d’Europe et une crise de l’humanisme similaire à celle qu’avait connue le XIXᵉ siècle.
La pandémie de Covid 19 a-t-elle fait oublier les gilets jaunes ? On pourrait parfois le penser. Heureusement, l’écriture est là pour fixer une mémoire, des dates et des gestes, des convictions et des espoirs et replonger le lecteur dans un mouvement qui n’a sans doute pas dit son dernier mot.
« le gyrovague dit qu’il descendirent le cours de la rivière près de la source de laquelle le petit homme avait établi sa hutte, et le gyrovague dit que c’était l’unique rivière qui serpentait sur le plateau,
Est-ce parce que « la cabane est à la mode » que l’auteur, comme pour s’affranchir d’un certain air du temps, s’empresse de déclarer « je ne voulais pas parler de cabane » ? Reste que son livre, Habitacles, évoque bel et bien la chose en ne se privant pas, chemin faisant, de solliciter parmi d’illustres devanciers les noms de Kamo no Chōmei, Urabe Kenkō, Ludwig Wittgenstein, Adolf Loos ou Emmanuel Hocquard, qui prirent au sérieux, comme on sait, l’énigme de l’être-au-monde et celle de l’habitation terrestre. Laissons en tout cas provisoirement la « cabane » de côté pour nous attacher à l’enjeu de ce nouvel ouvrage de Jérôme Orsoni, lequel semble avoir abandonné, notons-le au passage, la veine narrative qu’on avait pu suivre avec bonheur dans ses ouvrages précédents.
En prélude au Salon de la Revue (annulé pour cause de crise sanitaire), Diacritik partenaire de l’événement avait rencontré les revues qui auraient dû être présentes. Aujourd’hui, l’indispensable revue TransLittérature entièrement consacrée à la traduction littéraire.