Stéphane Habib s’entretient pour Diacritik avec les philosophes Joseph Cohen et Raphael Zagury-Orly autour de leur remarquable essai, L’Adversaire privilégié. Heidegger, les Juifs et nous paru chez Galilée qui avance avec force l’idée selon laquelle la fameuse pensée de l’Être de Heidegger repose en vérité sur une forclusion du judaïsme. Indéniable forclusion des Juifs qui n’est pas sans entretenir une affinité avec certains motifs des questionnements postcoloniaux.

Les plus anciens de nos dialectrices et lecteurs s’en souviennent : Diacritik avait ouvert ses colonnes aux recettes littéraires. Ainsi se constituait une anthologie gustative, Book and cooks, qui fait son retour aujourd’hui avec le grand Jim Harrison et ses Aventures d’un gourmand vagabond, publié en 2002, chez Christian Bourgois, dans une traduction de Brice Matthieussent.

Même par indulgence, même biberonné aux comics de DC et Marvel, on se passera allègrement de Zack Snyder’s Justice League, autrement appelé « version du réalisateur qui a enfin son mot à dire alors qu’à la sortie du film, sa vision artistique a été bafouée par des producteurs désireux de gagner de l’argent plutôt qu’un Oscar ». Pourquoi un ton si péremptoire ? Parce que tant qu’à passer 4 heures devant un écran, autant vous munir de votre smartphone pour aller attendre dans la file du vaccinodrome près de chez vous pour être sûr.e de prétendre au pass sanitaire lors de la réouverture des salles de cinéma.

Le 14 septembre 1967, Gabrielle Nogues, née Russier, 30 ans et tout juste agrégée de Lettres, fait sa rentrée au lycée Nord de Marseille. Elle aime la littérature, elle veut la faire aimer à ses élèves. Elle leur lit L’Écume des jours de Vian, crée une bibliothèque au lycée, s’implique, se passionne, trop peut-être. Elle aime par dessus tout Antigone — « Il y a l’amour. Et puis il y a la vie, son ennemie ».

Le documentaire de David France, Bienvenue en Tchétchénie, porte sur ce qui est plus qu’une persécution des personnes gays et lesbiennes en Tchétchénie : le film met en évidence une volonté délibérée, organisée, soutenue par l’Etat tchétchène, ainsi que par une partie de la population, d’arrêter, de violenter, d’assassiner les gays et lesbiennes en tant que tel.le.s – ce que l’on appelle un génocide.

Ce 27 avril, alors que c’était le dernier jour avant décrochage et qu’il ne fallait surtout pas la manquer, je suis allé visiter l’exposition Le Salon de l’araignée à la galerie du 13 rue Taylor, Paris. Michel Lagarde, le galeriste, en a profité pour me montrer un impressionnant coffret de deux livres édité par L’Atelier Baie et consacré à Marius de Zayas (1880–1961), soixante ans après sa disparition.

Louise Abbéma (1853-1927) fait partie de ces peintres très célèbres à une époque, qui ont complètement sombré dans l’oubli. Pourquoi s’attarder sur elle aujourd’hui ? Parce que Louise Abbéma est une figure emblématique de son époque. Parce que c’est une femme libre dans une société où les femmes, artistes ou pas, ne l’étaient pas. Parce que des Cabanel, Jean-Léon Gérôme, Carolus Duran, ou James Tissot ont survécu, que leurs œuvres sont partout présentes dans les musées en France et à l’étranger, tandis que celles de Louise Abbéma ont disparu. Où sont-elles ? Qui était Louise Abbéma, et pourquoi est-elle si intéressante à étudier de plus près aujourd’hui ? Sa peinture ne mérite-t-elle pas d’être tirée de l’oubli ?