Pierre Bergounioux (à gauche), Frédéric-Yves Jeannet (à droite) © Renaud Monfourny
Pierre Bergounioux (à gauche), Frédéric-Yves Jeannet (à droite) © Renaud Monfourny

Diacritik a le plaisir et l’honneur de publier cet entretien inédit entre deux écrivains, Frédéric-Yves Jeannet et Pierre Bergounioux, réalisé par mail entre Cuernavaca et Gif-sur Yvette, en janvier dernier.
Les deux auteurs correspondent, selon un mode que l’on pourrait penser « mineur », comme l’écrit Frédéric-Yves Jeannet, qui révèle pourtant « ce que l’écriture de création ne laisse pas soupçonner ».
Ces pages inédites sont destinées à paraître dans un livre dans les mois qui viennent.

Roger Knobelspiess
Roger Knobelspiess

En 1980, dans sa préface à QHS : Quartier de Haute Sécurité (Stock), Michel Foucault écrit : « voici un rude document ». Non « un témoignage de plus sur la vie carcérale » mais une « expérience » depuis « un point névralgique du système pénitentiaire », ce qu’il nomme une «asphyxie cubique ». Rappeler ces mots de Foucault aujourd’hui, c’est dire la force d’un livre, son empreinte sur plusieurs générations, dire l’importance d’un nom, Roger Knobelspiess, à jamais associé à un combat contre l’injustice et l’enfermement.

Anne Teresa De Keersmaeker n’est pas du genre à faire des cadeaux. Surtout lorsqu’il s’agit de favoriser la compréhension d’une œuvre. En proposant à l’Opéra de Paris un Così fan tutte dépouillé, dépourvu de décors et d’illustration, elle n’a pas facilité l’adhésion à ce vaudeville mozartien. A l’heure des réseaux sociaux, dire ou affirmer quelque chose n’est guère envisageable si l’on veut être entendu. De Keersmaeker ne propose pas non plus un de ces tourbillons qui aurait tout emporté sur son passage, dont elle s’est fait la spécialité.