L’œuvre de Nadja révélée : Lettres à André Breton, Suivies d’autres textes et dessins

Nadja, « À garder sur vous » © Paris, Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet

Cent ans après la rencontre entre André Breton et Nadja, dans le sillage de laquelle est né Nadja, un événement éditorial exceptionnel nous donne à lire et à voir l’œuvre de Nadja, laquelle fut si longtemps occultée sous le mythe.

À l’occasion de la parution des Lettres à André Breton, Suivies d’autres textes et dessins aux Éditions Gallimard, la Galerie Gallimard consacre une exposition intitulée Nadja, « ma main écrit ce que tu penses ». Réalisée avec la participation de la Bibliothèque nationale de France et de la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet, elle présente un choix de dessins et de lettres que Nadja/Léona Delcourt adressa à Breton en 1926-1927.

Il aura fallu un siècle pour réunir, à la faveur d’un faisceau de circonstances, de ventes publiques, l’œuvre de celle qui ne fut pas seulement une muse météorique, une inspiratrice mais, en quelque sorte, la co-autrice de Nadja, un des textes majeurs de la littérature contemporaine. Établie et présentée par Olivier Wagner, conservateur à la BNF, qui signe une admirable préface, les cinquante-et-une lettres, les textes, les brouillons et les dessins forment une œuvre à part entière, traversée par l’amour fou que Léona Delcourt éprouve pour Breton. D’emblée, ce brasier de textes et de dessins témoigne d’un surréalisme propre à Nadja qui, avant même de connaître Breton, semble pratiquer un surréalisme spontané, se vouer à la lecture des signes, au « hasard objectif », à l’écriture automatique, à la voyance, à l’hallucination. Davantage qu’un pendant à Nadja, ce volume forme tout à la fois son noyau brûlant et son secret, délivrant un autre éclairage qui révèle enfin la femme derrière la légende. Oubliée, effacée derrière la Nadja de Breton, Léona Delcourt revient, sort de l’enfermement dans un silence (relatif) qui a redoublé son enfermement asilaire. C’est grâce à la vente et à la dispersion de différentes collections (celle de l’atelier de Breton en 2003, celles du célèbre collectionneur Paul Destribats, de Geneviève et Jean-Paul Kahn, de Pierre Leroy) que l’on a retrouvé les archives, les cahiers de Nadja. Cette convergence a permis de regrouper des textes qui avaient été éparpillés.

Tenir en main ce volume procure un chavirement. Nous qui lisons Nadja ne pouvons pas appréhender cet ouvrage en le décollant de la tragédie de son après, d’une vie brisée en deux segments. Ces pages sont habitées par une intensité amoureuse paroxystique, par la description de la descente aux enfers qu’endure Nadja lorsque le lien avec Breton se rompt. Au fil des mois, le lyrisme passionnel se troue de souffrance, témoigne d’un éboulement existentiel qui génère une déperdition ontologique. L’après 1927 sera marqué par un gouffre sans relève, par la plongée dans le délire, les treize années d’enfermement. Ouvrir ces pages, c’est buter sur la tragédie d’une vie brisée, s’ouvrir aux derniers éclairs d’une liberté qui prendra fin en mars 1927 lorsque Léona Delcourt fut internée en hôpital psychiatrique. Quand Nadja voit le jour en 1928, celle qui a inspiré, coécrit le texte est enfermée dans le silence. Sa relégation asilaire dura jusqu’à sa mort en 1941, à l’âge de trente-huit ans. Ouvrage incontournable, Lettres à André Breton est aussi un livre qui affiche sa volonté (impossible et nécessaire) de réparer l’irréparable.

Dans le chef-d’œuvre de Breton, l’après-midi du 4 octobre 1926, alors qu’il déambule dans les rues de Paris, c’est en tant qu’apparition, en tant que magicienne qu’il voit surgir une jeune femme « aux yeux de fougère ». La créature mystérieuse se présente sous le nom de Nadja, un nom de baptême qui écarte l’état civil. Celle qui se définira par la suite comme « l’âme errante » a choisi le prénom de Nadja car, dit-elle, « en russe c’est le commencement du mot espérance, et parce que ce n’en est que le commencement ». C’est elle qui s’auto-crée en tant que Nadja, invente un autre elle-même, un double qui tient tout à la fois d’un acte de nouvelle naissance, d’un personnage de rêve, d’un nom d’artiste. Dans un texte antérieur, j’avais écrit qu’avec Nadja, Breton fait l’épreuve du surréalisme en acte, du surréalisme incarné dans une jeune femme médiumnique, énigmatique et fantasque qui détient les clés d’un savoir qui excède la raison. Si elle est davantage surréaliste que le surréalisme, c’est parce qu’elle en est la quintessence, l’expression alchimique et sauvage.

Breton perçoit en elle une « idée limite », un sphinx qui introduit le surréel dans le réel, l’inconnu dans le connu, l’occulte dans le manifeste. Reine des associations, des phénomènes paranormaux, elle lui ouvre le royaume des « champs magnétiques » et des arcanes sans pressentir les dangers qu’elle encourt. Il reconnaît en elle la femme surréaliste, magnifiquement douée pour entrouvrir les portes de la voyance, de l’occultisme, de l’érotisme. Elle est l’éclair chargé de pouvoirs de divination, le « cryptogramme », l’initiatrice aux révélations que Breton attendait tandis qu’il représente le Tout d’une vie autre que Nadja recherchait. Dans les années 1920, l’approche de la question complexe de l’étiologie de la schizophrénie était balbutiante. Tout laisse entendre qu’avec ou sans Breton, la psychose se serait déclarée.  Nonobstant les troubles psychiques qui étaient déjà perceptibles en 1926, lors de sa rencontre avec Breton, peut-être a-t-elle sombré de vouloir incarner le mythe surréaliste jusqu’au vertige, jusqu’à sa propre abolition, jusqu’à son immolation sacrificielle… Nadja ne sera pas le tombeau de Léona Delcourt mais mourra, se désintègrera lorsque, ne vivant plus que sous le signe de l’amour pour Breton, ce dernier rompt. La rupture de l’amour se double d’une rupture avec soi, d’un effondrement conjoint de Léona et de son double, Nadja. Le roman de Breton est construit sur un deuil, le deuil de Nadja soustraite au monde, le deuil qu’elle adresse à elle-même entre les murs de l’asile.

La correspondance s’échelonne du 9 octobre 1926 au 14 mars 1937. Elle témoigne d’une femme dotée de prescience, « génie libre », médiumnique, qui se livre à une descente introspective dans les dédales de l’amour, de la vie, de la mort, explorant par l’écriture, par l’image et dans son existence le régime d’une autre raison. Souvent, elle se représente sous les traits de la fée Mélusine, d’une sirène ou d’un papillon, se coulant dans une galerie de personnages qui finira par éclater, jusqu’à la perte de son identité. Le dédoublement Léona Delcourt/Nadja, ses métamorphoses en Mélusine, dans le personnage de la sirène délitent ses assises et l’éloignent d’elle-même, du monde.

Comme l’écrit Olivier Wagner dans sa préface « La vraie Nadja » : « pour Nadja, à ce moment, l’amour est clairement une affaire de vie ou de mort, l’expression étant loin d’être pour elle uniquement métaphorique ». Lorsque Breton s’éloigne d’elle qu’il a littéralement envoûtée, qu’elle perçoit par moment comme un dieu ou comme le soleil, lorsqu’elle fait face à la non-réciprocité de leur passion, elle sombre, perd pied, noyée dans une surréalité déliée de tout ancrage, de tout raccord au principe de réalité. L’écriture, le dessin ne parviennent plus à jeter un pont au-dessus de l’abîme. La poétique du merveilleux, de l’imprévisible, de l’amour s’écrase dans l’enfermement asilaire. Celle qui a guidé Breton dans l’océan des signes, celle qui, voyante, déchiffrait des vérités pythiques dans la ville de Paris, sur les monuments, les façades, dans l’inconscient de son amant, tombe en enfer, occupant la place réelle et non métaphorique du cadavre exquis. L’inventrice de ce qu’elle appelait le « réflecteur humain » a créé pour Breton une poésie lyrique, cryptique, des dessins illuminés, hautement allégoriques, d’une imagination débordante. « André. Je t’aime. Pourquoi, dis, pourquoi m’as-tu pris mes yeux ? «  (lettre du 22 octobre 1926). « Tu es mon maître. Je ne suis qu’un petit atome qui respire dans le coin de tes lèvres ou qui expire. Je veux toucher la sérénité d’un doigt mouillé de larmés » (Lettre du 26 octobre 1926, que Breton cite in extenso dans Nadja). Ou encore, entre imploration et menace, l’allusif « Homme de pierre, Comprends-moi » (au recto d’une carte postale représentant Orphée de Gustave Moreau, également citée dans le récit de Breton). Au nombre des dessins et des collages en lesquels elle condense une adresse amoureuse, constellés de motifs récurrents (l’étoile, les yeux, la sirène…), le volume présente « La Fleur des amants » (et ses variantes comme « L’enchantement »), « Le salut du diable », « Le Rêve du chat », « Qu’est-elle ? », « Un regard d’or », « Le baiser qui tue », des autoportraits, des portraits de Breton, « La symbolique trace », « L’Âme du blé »…

 

On ne peut faire l’économie de la polémique sur la « responsabilité » de Breton dans la trajectoire de Nadja/Léona Delcourt, lui qui, ayant une formation médicale et une expérience en psychopathologie, connaissait les dangers d’une exploration des zones de l’inconscient pour un être aussi fragile que la jeune femme. Naviguant entre autojustification, sentiment d’impuissance et malaise quant à sa responsabilité, Breton n’élude nullement la question de son rôle dans la maladie mentale qui emporte Nadja, fait part de son sentiment de culpabilité. Dans Nadja, il interroge la part qu’il a pu avoir dans le déclenchement de la pathologie psychique de la jeune femme. Dans son avant-propos, Olivier Wagner rouvre la question : « Les causes de la schizophrénie sont mal connues. On lui sait des prédispositions génétiques liées à son apparition et on lui suppose parfois des liens avec des dérèglements du système immunitaire. Il est faux en revanche de lui prêter des causes extérieures, circonstancielles. Si la consommation de drogues, le stress ou des situations sociales ou émotionnelles intenses peuvent précipiter les phases aiguës de la maladie, ils n’en sont pas les causes. Autrement dit, André Breton n’a pas rendu Nadja folle. La description qu’il donne de son état et la lecture de ses écrits montrent amplement la grande fragilité dans laquelle elle se trouvait déjà en 1926 et 1927. Les signes prodromiques étaient manifestes et on peut dire avec une quasi-certitude que, même si Breton ne s’était pas placé sur sa route, un autre événement aurait nécessairement fini par déclencher la crise. » Il conclut par un jugement nuancé : l’imputation d’un événement déclenchant la décompensation psychotique (ici la rencontre avec Breton) semble ne pas prévaloir dans le champ de la clinique.

Un abîme sépare la question insondable que s’adresse André Breton en ouverture de Nadja, le célèbre incipit « qui suis-je ?, » du dessin de Nadja « qu’est-elle ? » reproduit dans le volume, dans lequel elle se représente sous la forme d’une femme vêtue d’une cape. Ses cheveux forment les jets d’une fontaine déversant ses pensées tandis qu’un immense point d’interrogation recouvre la figure, l’étrangle dans son énigme. De façon imperceptible, le « qu’est-elle ? » s’aventure dans d’autres terres, plus dangereuses, que le « qui est-elle ? » ou le « qui suis-je ? ». Jusqu’au délire, sans garde-fou, Léona s’est corps et âme identifiée à Nadja. Dans son essai Passage par Nadja, la psychanalyste Christine Lacôte-Destribats dévoile ce qu’elle nomme le « malentendu ravageur » entre les deux amants, lequel malentendu s’origine dans la distinction lacanienne entre réalité et réel et dans le rapport que le sujet noue avec le langage. Ébranlé par Nadja, par ses puissances médiumniques, son aptitude à la surréalité, Breton aurait déstructuré l’espace clos dans lequel elle vivait pour l’ouvrir à une Nadja construite poétiquement. « Lorsque Léona Delcourt décidait de se nommer Nadja, elle fixait en somme les bornes de cet espace de jeu, les limites de ce garde-fou, sauvegarde à laquelle il aurait fallu ne pas trop toucher (…) Sagesse close de cette folie, n’en déplaise aux lyrismes qui voyagent à bon compte. Mais Breton ouvrit cet espace. Pour lui, l’étrange, l’insolite ouvrait sur un infini de possibilités de métaphores poétiques et non sur un jeu de décalages enchanteurs mais dans un champ circonscrit, limité sagement par la folie elle-même. » (Christiane Lacôte-Destribats, Passage par Nadja, Galilée, 2015).

Traversés par une intense puissance poétique, par un souffle onirique qui brouille les frontières entre l’éveil et le rêve, portés par une opacité, un refus d’être pleinement déchiffrables, les textes qui s’échelonnent sur quelques mois avant la tragédie de la mise à l’ombre suivent l’oscillation entre espoir et débâcle, entre ferveur vitale et déréliction. Là où la prose de Breton se drape dans la minéralité, l’expression de ses textes adopte souvent le statut de deux éléments qui composent sa cosmogonie, qui sont insaisissables, fuyants  : l’eau et le feu (elle se représente sous la forme aquatique tandis qu’elle associe Breton à l’élément igné). À l’image de la phrase qu’elle prononça lorsqu’on lui demanda où on pouvait la joindre (« on ne m’atteint pas »), ses œuvres littéraires et graphiques épousent l’hermétisme, cultivent le sens caché, refusent d’être saisies, interprétées de façon univoque. Lorsque la fusion amoureuse s’éloigne, n’est plus que chimère, Nadja plonge dans un abîme de désarroi. Dans la lettre d’adieu du 25 février 1927, saturée d’une encre d’un rouge rose comme le sang, elle écrit : « j’ai confiance en l’image qui me fermera les yeux », une phrase taillée dans une saisissante prémonition qui parcourt l’ensemble de sa brève correspondance. Le « merveilleux miroir », le « réflecteur humain », « la fleur des amants » se fracassent. Le « réflecteur humain » ne réfléchit plus que le vide que le monde est devenu. La prescience de la magicienne aux sens aiguisés dépose un constat sans appel qui se verra vérifié dans la réalité : « comprenez cette lettre avec la fin de mon souffle car c’est le commencement du vôtre. » La croyance dans un avenir possible à deux, le vœu d’un nouveau départ (« André, pardon. Recommençons tout », du 30 novembre 1926) se brise sur l’impensable : la déliaison des amants. « Pourquoi m’avoir élevée si haut pour me laisser tomber ensuite »… Sous nos yeux, elle écrit et hurle à Breton le récit de sa disparition, les failles, les délires de la crise qui la rapte : « Le cœur dans un abîme/ Ma raison se meurt ». Une lucidité sans faille caractérise l’analyse des tourments. « Peut-être encore que mes pas cadencés intriguent ces inconscients aux moqueurs regards, et qui m’agacent moi qui n’ai vraiment nulle envie d’attirer l’attention et qui m’en vais… l’âme vidée. » (2 décembre 1926).

Ayant Breton comme exclusif destinataire, les lettres et les textes s’affirment comme un journal de bord qui enregistre le basculement du merveilleux dans le naufrage et donne à entendre une avancée vers l’irréversible. Amputée de Breton, Nadja se vide de sa substance et perd littéralement son prénom : il n’y a plus en elle de place pour l’espérance, pour le début de l’espérance que désigne ce mot en russe. Il ne reste que les maux jaillis de la boîte de Pandore. Les énigmes psychiques qu’elle tend sans les résoudre se déposent en restant à jamais mystères, telle la phrase aussi cryptique qu’explicite : « Pourquoi as-tu détruit les 2 autres Nadja ». Quelles sont ces deux autres Nadja ? Dans les ultimes missives, l’écriture se disloque, affiche son trouble, la fragmentation de l’identité ; les pensées entrent dans la nuit ; les piliers de son monde intérieur vacillent. Avant la mort dans la vie, avant la perte de la liberté dans l’enfer asilaire, une dernière phrase adressée  le 14 mars 1927 prend la forme d’une question, du fameux « che vuoi ? » de Lacan : « je ne sais ce que vous voulez de moi ». Celles et ceux qui, comme Léona Delcourt, Camille Claudel, Antonin Artaud, tant d’autres, dérangent, celles et ceux qui sortent des rails, bousculent les règles, sont mis à l’ombre, soustraits à une société qui se consolide et s’auto-affirme d’avoir sa part de « suicidés ». Les fulgurances de sa voix oraculaire, les pouvoirs psychiques qui la branchaient sur « la fureur des symboles » et « le démon de l’analogie » (Breton) ont pour tragique destin la claustration dans la violence asilaire, dans l’inhumanité des conditions de vie des personnes déclarées aliénées. Les années de privation de liberté se comptent au nombre de treize, ce chiffre qui figure sur le collage de Nadja, intitulé « Un regard d’or », qui, conjoignant un visage de femme (le sien) et une main, est troué en son centre par un cœur qui abrite le chiffre 13, l’arcane sans nom du tarot de Marseille, représentant la mort, le transi. La calligraphie du « 13 » donne à lire, dans une quasi anamorphose, les initiales de l’amant, AB.

Nadja, lettre à André Breton, 25 février 1927 © Paris, Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet

Rien ne réparera une vie brisée, capturée dans l’espace asilaire. Mais, Nadja qui fut rayée du visible, effacée du monde, qui sombra dans le trou noir de l’oubli, nous revient dans cette œuvre où, pour la première fois, sa voix, son univers ne sont pas recouverts par ceux de Breton, de la légende ou des fantasmes. Elle est rendue à elle-même, à sa tragédie dont elle décline les signes avant-coureurs avant d’en être l’otage. Nous assistons à la traversée du miroir : cessant d’être volée à elle-même sous une construction mythologique apportée par autrui, Nadja redevient sujet d’énonciation.

L’œuvre textuelle et graphique de Nadja révèle combien son esthétique, ses carburants, peut-être moins ses visées, ont imprégné André Breton et consonent avec la recherche d’un point de fusion entre le réel et le surréel.  « Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur… cessent d’être perçus contradictoirement », écrit Breton dans le Second manifeste du surréalisme. C’est peut-être d’avoir touché ce point que Nadja a sombré, se brûlant les ailes d’avoir épousé corps et âme la pensé viscérale d’une « beauté convulsive ». D’avoir, non pas théorisé et pratiqué le surréalisme comme une révolution esthético-politique mais, comme Jacques Vaché, René Crevel, de l’avoir vécu en son être.

 

Nadja, Lettres à André Breton, Suivies d’autres textes et dessins, édition établie et présentée par Olivier Wagner, Gallimard, août 2026, 22 €

Exposition Nadja, « ma main écrit ce que tu penses », Lettres et dessins de Nadja à André Breton, 1926-1927, Galerie Gallimard, du 4 septembre au 3 octobre 2026. Commissaires d’exposition : Olivier Wagner (Bibliothèque nationale de France) et Alban Cerisier (Éditions Gallimard).

Des ouvrages, des expositions ont troué le silence autour de Léona Delcourt/Nadja. C’est à Marguerite Bonnet que l’on doit la connaissance de l’identité de la femme dissimulée derrière « Nadja », c’est elle qui, dans le premier tome de La Pléiade consacrée à André Breton, lui a rendu son nom, donné un visage, fourni quelques indications biographiques. Au nombre des livres, citons Hester Albach, Léona, héroïne du surréalisme, trad. Arlette Ounanian, Actes Sud, 2009 (ici l’article de Diacritik) ; Julien Bogousslavsky, Nadja et Breton : un amour juste avant la folie, L’Esprit du temps, 2012 ; Christiane Lacôte-Destribats, Passage par Nadja, Paris, Galilée, 2015 ; Ella Balaert, Léona D. La femme cachée dans le mythe de Nadja, éd. des femmes, 2026.