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Demander à un homme politique d’avoir de la dignité, c’est un peu comme demander à un naturiste de mettre un slip sur une plage qui l’autorise à laisser ses attributs génitaux prendre le frais et le soleil sans crainte du qu’en-dira-t-on et de l’amende pour outrage aux bonnes mœurs. C’est impossible. L’actualité récente l’a encore montré : à peine la course folle du camion meurtrier stoppée, certains élus ou figures publiques n’ont pu s’empêcher de faire sous eux en 140 caractères, au micro des radios ou sur les plateaux de télévision. Pourquoi leur a-t-on tendu cette perche qu’ils n’auraient jamais dû saisir ?

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Notre époque se vante d’avoir conquis toutes les libertés, mais elle n’a jamais autant tenu du stalinisme. L’état d’urgence permanent, l’omniprésence de la menace terroriste, les interdictions de circuler ou de manifester données sur ordre des renseignements, l’interdiction de manifestations syndicales et leurs autorisations parodiques, cernées par la police, mènent la vie dure au mythe républicain.

Depuis quelques jours, la polémique enfle autour de l’œuvre de Goin. Les réactions outrées se multiplient avec de nombreux arguments mêlant la lutte contre le terrorisme, le refus du mépris de la police, les problèmes plus graves ou plus urgents. Je crois qu’il y a quelque chose de grave et d’inquiétant qui se joue ici et je me permets quelques réactions rapides et à chaud.


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Nous qui nous rassemblons sur la Place des Innocents ce soir, nous sommes libres. Libres, nous choisissons de nous affirmer en tant que minorités en France à un moment où cette affirmation fière est plus que jamais nécessaire. Nous nous rassemblons ici ce soir, sur la place des Innocents, contre un monde qui s’acharne à nous effacer. Et pour nous imposer, nous avons besoin les uns et les unes des autres.

Orlando

Des personnes sont allées danser pour s’amuser comme on peut avoir envie de le faire lorsque l’on a vingt ans. Parce qu’elles aimaient danser et être avec d’autres personnes avec qui danser, parler, peut-être s’embrasser. Être avec ses ami.e.s et peut-être rencontrer quelqu’un que l’on aimera pour une nuit ou pour la vie, comme le dit sans doute une chanson. A Orlando, ces personnes ont été assassinées parce qu’elles étaient lesbiennes ou trans ou gays – ou parce que leur assassin pensait qu’elles l’étaient.

Une salle des profs en France
Une salle des profs en France

Près de 170 ans après avoir célébré comme une conquête ouvrière le droit au travail, c’est-à-dire la permission d’être exploité, voilà que maintenant d’autres battent le pavé pour défendre leur emploi. Les lois qui s’ajoutent au fur et à mesure des années ne font que bâtir sur ce fait économique premier, dont personne en réalité ne s’accommode : il n’y a rien de plus universellement dégradant que d’être employé.

Capture d’écran 2016-03-17 à 16.08.10Le 16 mars, hier soir, était inauguré le Salon du livre de Paris – lire au salon, pépère, au coin de la cheminée ? Le livre comme un petit salon cosy ? Alors que les livres devraient être dans la rue…

Le droit d’entrée est de 12€ (tarif réduit pour étudiants et plus de 65 ans), avec flicage à l’entrée puisque tu es un voleur potentiel : si tu transportes des livres avec toi, tu devras les déposer à l’entrée.

Dans le Salon du livre, tout se côtoie, tout et son contraire, peu importe le contenu, seul compte le livre comme produit, l’important étant que ça se vende : indifférenciation totale typique du néolibéralisme pour lequel tout se vaut dans la mesure où la seule valeur de tout est la valeur financière, ce que ça peut rapporter, le fric.