Pinar Selek

Aujourd’hui, lundi 10 avril 2017, ils sont plus de 160 journalistes emprisonnés en Turquie. Nous n’acceptons pas. Au milieu de cette tragédie politique, des grèves de la faim et des tortures en prison, 28 auteurs et écrivains sont eux aussi emprisonnés ou menacés de l’être.
Nous n’acceptons pas. Cette liste, inacceptable, interminable, est une réponse à l’appel qu’Aslı Erdoğan avait lancé depuis la prison des femmes d’Istanbul, en décembre 2016 : « De nombreux signes indiquent que les démocraties libérales européennes ne peuvent plus se sentir en sécurité alors que l’incendie se propage à proximité. La “crise démocratique” turque, qui a été pendant longtemps sous-estimée ou ignorée, pour des raisons pragmatiques, ce risque grandissant de dictature islamiste et militaire, aura de sérieuses conséquences. Personne ne peut se donner le luxe d’ignorer la situation, et surtout pas nous, journalistes, écrivains, universitaires, nous qui devons notre existence même à la liberté de pensée et d’expression. »

Asli Erdoğan
Asli Erdoğan

Asli Erdoğan a été arrêtée le 17 août 2016 en même temps que d’autres membres du journal pro-kurde Özgür Günden. Le journal a été interdit de publication, ses locaux ont été investis par la police et fermés. Depuis le mois d’août Asli Erdoğan est détenue à la prison pour femmes de Bakirköy, à Istanbul, son procès devant avoir lieu ce 29 décembre 2016.