On savait depuis longtemps que les produits de restauration rapide vendues dans la chaîne des inventeurs de Harry ne sont guère recommandés ni recommandables pour la santé physique, on savait également que, sous couvert de terminologie plus que douteuse, les « équipiers » sont très souvent des salariés exploités et peu considérés.
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Parce que la culture est politique, au centre des affaires de la cité, coups de colère, prises de position et tout sauf des éditos de journaux : ici les tribunes de la rédaction ou de signatures invitées.
Dimanche 15 octobre 2017, quelques réflexions en vrac.
Je lisais ce matin la tribune d’Isabelle Adjani dans le JDD à propos de l’affaire Harvey Weinstein, j’ai particulièrement apprécié le passage où elle évoque le cas des mœurs françaises, le fameux GGG (galanterie – goujaterie – grivoiserie) qui fait des femmes et en l’occurrence des actrices des proies ou des victimes d’agressions ou pressions psychologiques et / ou physiques.
Les salariés, à qui on avait déjà promis une vie d’asservissement heureux en leur faisant craindre la misère, se sont réveillés l’an dernier pour découvrir que c’est finalement la misère asservie qu’on leur impose : toujours plus d’efforts, une rétribution toujours moindre et une dignité introuvable. La « loi travail » de l’an passé a démontré qu’un conflit social de haute intensité, qui déjà ne menaçait plus l’ordre social, n’est même plus apte à faire échouer une loi, si scélérate soit-elle. Pour le comprendre, peut-être faut-il rappeler que le « mouvement social » dans sa forme, ses rituels, ses incantations, est finalement lui aussi un produit du travail, une variable stratégique sur laquelle patrons et gouvernants spéculent allègrement, en accord avec les centrales syndicales qui leur sont vendues.
L‘information bruissait dans les couloirs des rédactions depuis quelques temps déjà : la création d’un média citoyen est en marche… sous l’égide de la France Insoumise. Une initiative qui n’est pas sans poser plusieurs questions, dont la principale : un mouvement politique peut-il appeler à créer un média (fût-il estampillé « citoyen ») sans être suspecté de vouloir faire de la propagande ? Et les réponses données par Sophia Chikirou et Aude Rossigneux la semaine dernière en interview sont loin d’être rassurantes pour les tenants d’une information objective et indépendante.
C’est avec une très grande tristesse que nous apprenons ce soir le décès de Philippe Rahmy, auteur notamment du remarquable Monarques : toutes nos pensées vont vers ses proches. En hommage nous republions le texte qu’il avait donné à Diacritik en février sur la fiction politique de nos devenirs.
Ce que l’on voit des images qui proviennent de Catalogne, c’est la violence policière, la violence d’un Etat dont la logique politique est une logique policière. Ces images montrent avec évidence que la police ne protège pas le peuple, elle protège un Etat dont la politique nécessite les coups de matraques, les coups de pieds, de poings, la violence aveugle des « forces de l’ordre ».
C’est une question de forme(s). Au singulier, celle d’une tribune parue le 7 septembre 2017 dans le New York Times. Au pluriel, celles mises par les médias français qui ont repris le texte dans leurs colonnes en chapeautant à la va-vite ou à l’aune d’une politique du clic pour le moins questionnable. BFM TV qui titre « « Président raté », « ego démesuré » : une tribune dans le New York Times assassine Macron » ; LaDépêche.fr « Dans une tribune au vitriol, le New York Times juge Emmanuel Macron comme un président raté » ; Vanity Fair « Échec et mat, le New York Times assassine Emmanuel Macron dans un édito » (le titre a été changé depuis, NDLR) ; RTL.fr « « Un président français raté » : Emmanuel Macron se fait épingler dans le New York Times »… et la toile qui ne fait pas partie des idolâtres de la « macronerie » (sic) de s’enflammer, de relayer, de tweeter et retweeter, de « liker » ou « plussoyer » à l’envi.
Penser qu’il sera éternellement (ou presque) possible d’exploiter de façon exponentiellement croissante les ressources d’une planète de taille finie semble évidemment aberrant.
À l’occasion de ses quarante ans, le Centre Pompidou a triomphalement fêté son anniversaire, se présentant comme un lieu vivant et toujours renouvelé de création. Et pourtant !
La rétrospective David Hockney actuellement présentée (jusqu’au 23 octobre) donne la troublante et dérangeante impression d’un lieu figeant et étouffant l’art dans le classicisme et la respectabilité.
Une semaine après que le Premier Ministre a présenté son « Plan migrants » censé répondre aux conditions d’accueil déplorables auxquelles sont confronté.e.s les migrant.e.s en France – plan manifestement insuffisant et hostile –, des militant.e.s LGBTQI qui s’étaient déjà mobilisé.e.s contre la présence du cortège des « LGBT En marche » lors de la 40e édition de la Marche des Fiertés ont mené une action ce mercredi matin à Paris sur le Pont des arts. Ils ont déployé une banderole d’environ 15 mètres avec ce message : « Macron Starves the Migrants – Queers Against Borders » (« Macron affame les migrant-es – Queers contre les frontières ») Un message qu’ils ont souhaité formuler en anglais pour une visibilité et un impact à l’international.
Voir ici le reportage photos
Hölderlin, le poète des poètes, nous enjoignait à « habiter poétiquement cette Terre ». Pourquoi le faudrait-il ? Qu’est-ce que cela signifie ? En quoi cette question est-elle d’actualité ? Que cela changerait-il si la proposition était effectivement mise en œuvre ?
« Le baccalauréat constitue l’un de nos derniers rites initiatiques, mais sa valeur réelle est bien inférieure à sa valeur symbolique. Je souhaite simplifier le bac » : tels sont les quelques mots lapidaires par lesquels Emmanuel Macron, alors candidat, appelait de ses vœux une profonde réforme de l’examen national sitôt son élection venue.
C’est assis (vieille chaise en bois à la peinture écaillée) et soumis (à la page à couvrir, aux mots) que j’écris ces quelques lignes.
Tout aurait donc changé ! Un séisme !
Le compagnonnage du Président élu avec la démarche philosophique, en particulier celle de Paul Ricoeur n’a pas manqué de produire une interprétation hâtive de ses potentialités.
La séquence électorale qui s’est terminée avec le second tour des législatives aura vu l’émergence forte de deux partis dont les noms semblent tout droit sortis d’un brainstorming marketing : En Marche et La France Insoumise. Des deux côtés en effet, la connotation, c’est-à-dire les associations mentales possibles, est beaucoup plus forte que la dénotation, l’identification univoque de la place sur l’échiquier politique.