Une fois encore, en cette rentrée, Julia Deck signe un grand roman avec Propriété privée qui paraît aujourd’hui aux éditions de Minuit. Dans ce quatrième récit, plus encore que dans les précédents, Julia Deck déploie avec grâce et férocité une critique sociale sinon politique aiguë de ce qu’on pourrait appeler des « bobos » épris de nature et choisissant de vivre dans un « éco-quartier » : le couple Caradec.
Auteur : Johan Faerber
C’est la révélation de la rentrée : avec Avant que j’oublie, Anne Pauly signe un splendide et rare premier roman. Paru ces jours-ci chez Verdier, dans la collection « Chaoïd », ce vibrant récit creuse la mémoire d’un père par sa fille plongée dans un deuil où, entre douleur et cocasserie, il s’agira pour elle de bâtir un mausolée incandescent. Roman de transfuge de classe diront certains : rien n’est moins sûr. A l’occasion de sa publication, Diacritik est allé à la rencontre de la romancière pour parler avec elle de ce texte parmi les plus importants de cette année, tout juste couronné par le Prix « Envoyé par la Poste ».
Du 25 au 30 juin aura lieu à Paris, à la librairie le Monte-en-l’air et sur la scène du Pan Piper, la première édition du festival « Tremble parlure ». Conçu par Florian Caschera, membre notamment du groupe Arlt, « Tremble parlure » donne la parole, chaque soir, à travers rencontres, discussions et concerts, aux écrivaines et écrivains contemporains qui font trembler la langue. Au programme, pour ne citer qu’eux, Eugène Savitzkaya, Christophe Manon, Gaëlle Obiégly ou Eric Chevillard encore. L’occasion était donc toute trouvée pour Diacritik d’aller interroger Florian Caschera sur cette nouvelle et riche manifestation.
On a cru le comprendre, Madonna a sorti vendredi son dernier album, Madame X. Alors, bien évidemment, comme à une fête scellant des retrouvailles, tout le monde y est allé de son commentaire. Et c’est peut-être ce qui est le plus intéressant pour la star américaine : devenir un sujet de conversation, terminer dans l’infini bavardage des choses et du monde. Car, controversée, Madonna l’est depuis bientôt 40 ans de carrière mais peut-être n’a-t-elle jamais été aussi violemment insultée non pour ce qu’elle incarne mais pour ce qu’elle est.
C’est un nouvel essai fort et vif sur le contemporain que fait paraître ces jours-ci Laurent Demanze en dessinant ce qu’il nomme Un nouvel âge de l’enquête. D’Emmanuel Carrère à Hélène Gaudy et Ivan Jablonka en passant par Philippe Artières ou Philippe Vasset, Laurent Demanze dessine un territoire dans lequel les écrivains contemporains explorent la société et le monde en se saisissant à nouveaux frais de l’enquête. Diacritik a rencontré l’essayiste le temps d’un grand entretien pour explorer avec lui cette enquête indisciplinée, aux frontières de la sociologie et du roman noir.
Les neurosciences, outil managérial des « réformes » Blanquer : l’affirmation demande explication et exige surtout son histoire, son récit, celle d’une idéologie en marche qui, désormais, préside aux décisions prises au sein de l’Éducation Nationale, à commencer par la suppression manquée de l’Inconscient et du Travail dans les programmes de philosophie en Terminale.
Al’occasion de la parution de Ton Père en poche, chez Folio, Diacritik republie le long entretien accordé par le cinéaste et écrivain à Johan Faerber, au moment de la sortie du livre en grand format.
Dans le cadre du partenariat de Diacritik avec Ciclic, retour le temps d’un grand entretien avec Marc Perrin sur ses ateliers d’écriture menés notamment à Bourges. L’auteur du remarquable Spinoza in China a accepté de revenir avec nous sur la question du peuple, de la communauté, de ce que signifie Tenir journal et pourquoi « formes de vie » est une formule qui le convainc de moins en moins.
Aussi nécessaire que salutaire : tels sont les qualificatifs qui peuvent escorter la sortie de Dans le sillage de Fanon de Christiane Chaulet Achour. Ainsi cet essai trace-t-il vigoureusement les lignes contemporaines de descendance critique et littéraire de Frantz Fanon, penseur majeur du 20e siècle.
Aussi intrigante que politique : telle est la disparition au cœur d’Un matin d’hiver de Philippe Vilain, son nouveau roman et son meilleur à ce jour. D’Atlanta à Paris, la narratrice erre à la recherche mate et impossible de son mari, sociologue qui, en disparaissant, commet un suicide social. C’est entre Trouville et Naples que Diacritik est allé interroger Philippe Vilain pour discuter avec lui de son romantisme politique, de sa voix classique et des Gilets Jaunes.
A Château-Chinon, au début du mois d’avril, au Lycée des Métiers François Mitterrand, s’est tenu un workshop aussi neuf que stimulant initié et guidé par Laurent Herrou et Marine Deru.
Alors que pour la seconde fois, la plaque commémorative dédiée à Pierre Pachet, rue Chapon, dans le Marais, a été souillée et profanée par des tags antisémites, nous replions l’entretien que nous avait donné Yaël Pachet, sa fille, en octobre 2018, revenant sur cet acte portant atteinte à la mémoire de l’écrivain, disparu en 2016.
« Tu t’abîmes les yeux. Tu t’abîmes les yeux » lance d’emblée, depuis son fauteuil dont elle ne bougera désormais presque plus, la grand-mère à sa petite-fille, Pascale Bodet qui la filme dans son splendide et bouleversant Presque un siècle.
Ce jeudi 18 avril aura lieu, au Centre Pompidou, à partir de 18h30 une soirée consacrée à la sortie d’un collectif décisif qui paraît aux PUF sous la houlette de Laurent de Sutter, dans sa collection « Perspectives critiques » : Postcritique.
Tout a commencé jeudi 21 mars 2019 vers 19h00 quand j’ai posté ce tweet assez simple escorté des portraits de Marx et Freud : « Le nouveau programme de Terminale en philo vient de tomber : deux notions disparaissent et non des moindres : le Travail et l’Inconscient. C’est-à-dire Marx et Freud : qui a dit que la « réforme » Blanquer n’était pas idéologique et orientée politiquement ? ».