Anne Pauly : « J’ai préféré être du côté d’une revanche pour tous plutôt que du côté d’une ascension solitaire » (Avant que j’oublie)

Anne Pauly © Pierre Andreotti

C’est la révélation de la rentrée : avec Avant que j’oublie, Anne Pauly signe un splendide et rare premier roman. Paru ces jours-ci chez Verdier, dans la collection « Chaoïd », ce vibrant récit creuse la mémoire d’un père par sa fille plongée dans un deuil où, entre douleur et cocasserie, il s’agira pour elle de bâtir un mausolée incandescent. Roman de transfuge de classe diront certains : rien n’est moins sûr. A l’occasion de sa publication, Diacritik est allé à la rencontre de la romancière pour parler avec elle de ce texte parmi les plus importants de cette année, tout juste couronné par le Prix « Envoyé par la Poste ».

Ma première question voudrait porter sur l’origine d’Avant que j’oublie. Quelle en est précisément la genèse ? A quel moment avez-vous décidé de vous pencher sur l’histoire de Jean-Pierre Pauly, lui que vous appelez votre « racaille unijambiste », votre « roi misanthrope » ou encore votre « macchabée » ? Existait-il, avant d’écrire, un épisode ou une scène qui vous tenait particulièrement à cœur et qu’il s’agissait pour vous d’absolument restituer ? 

La genèse de ce texte correspond à un deuil mais aussi à la genèse de ma propre écriture. J’ai toujours voulu écrire, depuis l’enfance, ça a toujours été une certitude mais je ne savais ni quand ni comment, ni par quelle voie. J’étais empêtrée, embarrassée, intimidée par la question de ce qu’il convient ou non d’écrire et de qui est autorisé à le faire et ça me faisait souffrir énormément. J’ai même consulté pour cela. Il me manquait une autorisation, une validation mais aussi une adresse – au sens de s’adresser à – pour que le flux, la langue – qui était déjà là, tapie, après des années de lecture –, se déverrouille. Quand a ouvert le Master de création littéraire de Paris 8, j’ai su que j’avais peut-être trouvé une solution. J’ai laissé passer encore une année et puis j’ai fini par candidater après m’être volontairement fait virer de chez Maxi où j’étais correctrice-éditrice et où je bidouillais, huit heures par jour et contre salaire, la langue des autres pour la rendre plus précise et la faire rentrer dans des cases – avoir les mains dans ce cambouis-là a finalement été assez formateur : je sais désormais réparer n’importe quelle phrase.

Pour le dossier du Master, il s’agissait de présenter ses motivations mais aussi son « travail » en cours ou un projet. Mais mon « travail » d’écriture se résumait jusque-là à la rédaction d’horoscopes, de légendes, de chapôs, de petits articles contraints et, dans ma vie de nuit, à des micros sur les chansons d’amour, la pop culture, le féminisme et le queer. Puisque je n’avais visiblement pas le capital culturel nécessaire – une affreuse année de prépa littéraire et quelques années de fac m’ont durablement persuadée de cela – pour parler de littérature ou pour en écrire, ces formats sur des contenus « populaires » étaient une forme de revanche. J’avais bien quelques vieux textes un peu embarrassants qui trainaient ici et là mais rien de réellement montrable. Donc j’étais là devant ma feuille à me demander ce que j’avais à raconter et j’ai décidé de me faire confiance, pour une fois. Et cette histoire tragi-comique de mort du père et de deuil est la première qui m’est venue. Ce sont les premières pages, à peine modifiées d’Avant que j’oublie. L’événement était encore frais et m’avait mis à terre autant qu’il m’avait surprise : l’absurdité et le rocambolesque de certaines scènes m’avait tellement éberluée que je m’étais promis d’y revenir, pour sa mémoire à lui, mais aussi pour la mienne. Et parce que c’est fou, la mort. Ça a l’air facile, rapide, banal mais c’est toute une histoire. Ce qui m’a beaucoup marquée, c’est la vitesse à laquelle on est censé passer à autre chose, avaler tout ça. Un type âgé meurt un soir d’un cancer dans un hôpital de banlieue, hop, terminé, merci de dégager le lit rapidement, merci. Pour moi, ça ne pouvait pas s’arrêter là. Il fallait raconter ces minutes cocasses et violentes, redire comment tout s’était passé, pour peut-être retarder le temps, pour, aussi, retarder la vraie mort, celle qui survient quand commence l’oubli.

Écrire cette histoire, la recomposer, restituer des détails qui pour certains l’auraient sûrement amusé, c’était aussi lui offrir un solide mausolée de mots, lui qui les aimait tant et m’en a transmis le goût, pour protéger mes propres souvenirs, les siens, les nôtres, des assauts du temps et du banal. Un tombeau pour rendre hommage à la personnalité si singulière et non-conforme de cet homme « ordinaire », à ses lâchetés, à ses manquements et à ses réussites, à ses rêves de jeune homme. Et plus généralement, un flambeau à la mémoire des inaudibles et des corps vaincus, qui crèvent, comme ça, un soir d’octobre, dans un hôpital de banlieue en laissant une vie derrière eux qui n’intéresse personne.

On sait également très vite que, sans ambiguïté, la narratrice s’appelle Anne Pauly comme vous : comment pourriez-vous ainsi qualifier génériquement votre récit qui évoque donc votre père ? Diriez-vous qu’il s’agit d’un récit autobiographique ou, plus largement d’un récit aux accents d’autofiction ? Ou s’agit-il pour vous d’une qualification qui vous importe peu ?

Je crois que la qualification m’importe peu en effet. C’est l’histoire d’un type et de sa fille, c’est l’histoire d’un type dont la fille raconte l’histoire. C’est donc un roman, certes largement inspiré de faits réels mais qui ont aussi été recomposés, modifiés, arrangés, passés à la moulinette des « il était une fois » et des « et soudain », de la mémoire, de l’inconscient, du langage, de ce qu’on se raconte à soi-même et de ce que l’on décide de raconter aux autres pour leur faire goûter ce qu’on a ressenti. Le « je » dans ce livre m’a semblé plus pertinent qu’un autre dispositif. Un narrateur à la troisième personne, une Léna, une Stéphanie, une Laurence, une Estelle aurait mieux raconté cette histoire qu’un « je » ? Je n’en sais rien. J’ai bien essayé de les faire parler à ma place mais ça n’a pas très bien marché, elles m’ont lâché assez vite. Le « je » ici correspond aussi au « je enfin écrivant », à une prise de parole assumée, à une voix qui décide d’arrêter de se planquer. Par ailleurs, le choix de faire coïncider le nom de la narratrice avec le nom de l’auteure et celui du personnage du père avec le père de l’auteure correspond à la volonté de rendre hommage et de faire mémoire dans le réel, comme dit plus haut. Tous les autres noms et prénoms dans ce livre ont été changés ou inventés.

Pour en venir au cœur de votre récit même, Avant que j’oublie raconte la mort, l’enterrement et le deuil du père par sa fille, la narratrice qui, à cette tragique occasion, revient dans son milieu d’origine. Le premier mouvement du récit consiste à dépeindre l’homme, l’unijambiste à l’agonie, que vous appelez notamment « mon vieux père carcasse » : c’est sa violence qui apparaît mais aussi son milieu social qui ne correspond pas à la vie que mène désormais la narratrice. Pourtant, à vous lire, Avant que j’oublie ne choisit pas de se donner comme le roman d’un transfuge de classe, à rebours notamment de la démarche d’Édouard Louis. Il lui préfère une peinture intime, qui pour autant ne renonce pas au social : en quoi le portrait du père vous est-il apparu comme plus important sinon primordial ?

Avant que j’oublie, ce n’est pas « qui a tué mon père ? », mais plutôt « comment mon père est mort » (rires). Cette question est étrange, je ne suis pas sûre de la comprendre tout à fait. La grille « lutte des classes » et « rapports de domination », si elle me semble toujours très efficace et pertinente politiquement ne peut pas toujours tout contenir, tout expliquer. Il y a un contexte, des parcours, des conditions matérielles, des personnalités, des sentiments parfois très forts qui modifient la donne. Il me semble qu’écrire l’intime permet de dépeindre des choses plus fines, moins catégoriques, plus mouvantes, moins certaines, de laisser de l’espace aux personnages et la possibilité de sortir du cadre. La souplesse autrefois, j’étais contre. J’avais des opinions très tranchées, des batailles très claires. Les choses me semblent bien plus nuancées désormais et en prendre la mesure est une force et même un soulagement. L’intime permet de faire tenir ensemble des plans différents, voire contradictoires et de révéler sans mépriser. Il me semble qu’on en saura plus long sur quelqu’un en le décrivant prendre son petit déjeuner qu’en reproduisant son CV.

Pour ma part, et pour reparler d’Édouard Louis, je ne me vis pas comme une transfuge de classe. Mes parents étaient des gens ouverts et chaleureux issus de milieux modestes et/ou ruraux, ils sont nés avant-guerre, ont vécu les Trente Glorieuses, ont bénéficié de meilleures ressources et conditions de vie que leurs propres parents, ont pu se hisser un peu dans l’échelle sociale, m’en ont fait profiter en me permettant de faire des études, d’avoir des loisirs et des centres d’intérêt, de choisir. J’ai poursuivi. Il est certain que j’ai toujours ressenti très fort, même enfant, les différences de milieu et de classe, la condescendance des uns et des autres, la manière que les gens avaient parfois de regarder mes parents, ces sentiments m’ont beaucoup entravée et blessée. Mais j’ai préféré être du côté d’une revanche pour tous plutôt que du côté d’une ascension solitaire qui se termine par un crachat à la face de ceux qui vous ont mis sur le chemin. Je conçois qu’on se détache complètement de son milieu d’origine parce qu’il est brutal, cruel ou peu cultivé mais ce n’est pas mon cas.

Si le premier mouvement du récit consiste à peindre de manière lucide et sans concession la nature bourrue du père, un second mouvement en dépeint, de manière surprenante pour la narratrice, la grande et puissante humanité. Le personnage de Juliette, qui envoie post-mortem une lettre à Anne, incarne notamment dans le récit cette puissance sentimentale paternelle insoupçonnée.
Ma question sera double : en quoi s’agissait-il pour vous, plus qu’un récit de deuil, d’offrir un récit de réhabilitation du père ? En quoi, enfin, ce personnage de Juliette était-il important à vos yeux dans la peinture de cette humanité retrouvée et en quoi permet-il de métamorphoser le pathétique en force de vie ?

Il s’agit en effet d’une forme de réhabilitation du père pour que le souvenir soit fécond et vivable : sous ses hardes de Diogène, il y avait un humain et une âme de poète. Il s’agissait aussi de la construction, par l’écriture, d’un terrain d’entente ou de réconciliation. Au fond, j’ai dessiné comme j’ai pu les contours d’un nous, d’une communauté d’âme et de pensée qui était présente mais n’avait pas pu se formuler.

C’est un retour sur filiation, une manière de rendre sa juste place à chacun, de se délester des vieilles fictions et des fausses croyances, de rétablir une forme de vérité. Le personnage de Juliette permet à l’intuition profonde de la narratrice de se confirmer. Cet éloge d’humanité, de sensibilité, devait venir de la bouche d’un autre personnage, rencontré par le père avant le début de l’histoire racontée. Juliette, c’est un peu la bonne fée qui vous ouvre les yeux, elle arrive de nulle part, vous sourit et vous montre le chemin. C’est aussi un personnage qui dit combien parfois, les réponses que l’on s’entête à chercher nous parviennent par hasard, via des inconnus, des voisins, des passants. Un peu comme dans les romans et les contes de fées, justement.

Publier son premier roman chez Verdier apparaît chez vous comme le témoin d’une filiation d’écriture. En effet, à lire Avant que j’oublie, son récit de deuil du père et la tendresse des adieux de la narratrice, on ne peut manquer de penser aux puissants récits de François Bon chez Verdier, C’était toute une vie et, d’évidence, L’Enterrement. Plus largement, on songe également à Bergounioux, notamment à La Toussaint ou encore Miette. Vous réclamez-vous d’une telle filiation littéraire ? Ces écrivains ont-ils eu une influence sur la manière dont vous avez tissé votre récit de deuil et incidemment de filiation ? Dans l’amour filial porté au père, on peut également songer à Annie Ernaux, et notamment la vibration de deuil qui irradie dans Les Années : la romancière a-t-elle joué un rôle dans la genèse d’écriture d’Avant que j’oublie ?

Je n’ai pas lu les romans et écrits que vous évoquez. Mais je vais me jeter dessus ! Pendant l’écriture de ce roman, j’ai lu très peu d’autres livres sur le deuil, la maladie ou la mort pour ne pas m’auto-bloquer. Trois livres m’ont accompagnée de loin : Comment j’ai vidé la maison de mes parents de Lydia Flem, une romancière et psychanalyse belge qui décrit la difficulté d’hériter des affaires de ses parents. Qu’en faire ? Comment faire l’inventaire ? Que garder ? Ses solutions, que je ne dévoile pas ici, m’ont plu, quoiqu’elles n’aient pas été les miennes ni dans le réel ni dans le dispositif d’écriture ; Le livre de Jon d’Eleni Sikelianos, auteure et poète américaine. Un portrait composite, via des formats de texte différents, d’un père absent, mais héroïque car mystérieux. Une tentative très poétique de reconstitution du dossier « père ». Et puis Pourquoi être heureux quand on peut être normal de Jeannette Winterson. Un roman inspiré de la vie de l’auteure, affublée d’une mère hystérique, bigote et peu aimante. La narratrice raconte avec tendresse et drôlerie ses cruautés diverses et ses coups de folie en essayant de ne pas la juger, de comprendre qui était cette femme et pourquoi ses réactions étaient telles qu’elles étaient. Il s’agit là aussi d’une forme de réconciliation a posteriori, pour que le souvenir soit fécond et vivable. J’ai lu beaucoup de livres Annie Ernaux, bien sûr, mais bien avant. Avant de la lire, je ne savais pas que la critique sociale de son milieu d’origine pouvait constituer un sujet littéraire et qu’elle pouvait avoir cette forme-là, cette (fausse) simplicité. J’ai décidé, ici et là, comme en citation, de mettre en italique quelques expressions spécifiques aux personnages. Mais cela s’arrête là.

Pour Verdier, pour moi il s’est plus agi d’une intuition. De chez Verdier, je ne connaissais que quelques textes dont certains ont été pour moi de véritables épiphanies de lecture : L’Amant des morts de RibouletAbbés de Michon et les Récits de la Kolyma de Chalamov. Quel souffle, quelle grâce dans ces textes-là, quel sens ! Je n’étais sûre de rien mais j’ai envoyé mon manuscrit, pour voir. Et j’ai été accueillie comme je ne l’espérais pas. C’est une maison indépendante, chaleureuse et exigeante mais aussi intimidante : je découvre peu à peu l’ampleur du catalogue, sa profondeur, sa richesse et j’en suis toute secouée.

Dans Avant que j’oublie, ce qui ne manque également pas de frapper, c’est l’art du contrepoint qui se déploie dans nombre de scènes. Deux exemples sur lesquels j’aimerais revenir me paraissent en attester et renvoient à cette double tresse constante de l’écriture chez vous : en premier lieu, l’alliance constante de la plus grave des tragédies, celle de la mort et de l’enterrement, et des rires qui ne manquent pas de venir secouer les uns et les autres. On pourrait peut-être dire ici que l’écriture a pour fonction de dédramatiser l’événement mais aussi et surtout d’en ôter l’emphase : en seriez-vous d’accord ? 

Je ne sais pas, j’imagine que je cherche à mettre à distance mais c’est un peu ma façon d’être au monde, ce n’est pas très conscient. Le contrepoint permet aussi éviter de se vautrer dans l’impudeur et le pathos, des territoires gluants qu’on a vite fait d’atteindre avec ce genre de thème. Faire rebondir la phrase (les miennes rebondissent beaucoup), c’est rester en mouvement, faire diversion. La scène est d’une tristesse insondable ? bougeons, pour les larmes, on verra plus tard.

Le second contrepoint, qui se tient en filigrane, de l’ensemble du récit concerne cette fois la question du mariage pour tous, et notamment les violentes attaques homophobes et fascistes de la Manif pour tous qui frappent de plein fouet la communauté LGBTQ à laquelle la narratrice et son amoureuse appartiennent et pour laquelle elles militent. A la lumière de ces faits, il apparaît peut-être que cet hommage au père, à cette famille finalement si dissemblable aux autres dans laquelle a grandi la narratrice, peut se lire comme une manière de déclaration politique, celle qui consisterait à interroger les modèles familiaux pour en souligner les limites. Ce portrait du père prend-t-il alors une résonance politique pour vous ?

La non-conformité sociale et relationnelle du père, son excentricité, sa manière d’être un Diogène provocateur et indifférent et la façon qu’a cette famille d’être à tout moment en dehors du simple et du fade, résonne en effet tout du long avec la non-conformité de la fille. C’est un étendard brandi consciemment.

Je voudrais à présent en venir à la poétique d’écriture que vous déployez et qui apparaît aussi forte que singulière, et qui place, semble-t-il, là encore la question de la mort même en son centre. Cette poétique se dessine notamment avec netteté dans la seconde moitié du récit, notamment lorsque la narratrice évoque ces « vases communicants entre morts et vivants ». Diriez-vous ainsi que l’écriture est l’un de ces vases communicants entre les vivants et les morts ?

Complètement. Dans les rêves, ce qui caractérise les morts, c’est qu’ils ne parlent pas. La vie, c’est la parole. Et cette parole il faut continuer de l’avoir pour eux, pour qu’ils continuent d’être entendus et de nous entendre. Dans ma vie, j’ai aussi beaucoup fait de radio pour les mêmes raisons. Je pense à Orphée de Cocteau et aux messages qui passent par l’autoradio entre les deux royaumes. C’est un peu naïf mais je crois beaucoup à ces choses-là Une partie de mon roman consistait aussi à dire au défunt, pas delà sa mort, que je regrettais de ne pas avoir pu faire quelque chose pour différer l’événement, ou l’aider davantage. On se sent très coupable de sa propre impuissance quand un proche meurt. Pourquoi croyez-vous que les gens se ruent chez les médiums ? Pour leur parler.

Si Avant que j’oublie peut se lire comme un grand récit et puissant récit de deuil, il apparaît également que, peu à peu, la narration se donne surtout comme un roman de grande revie. Il s’agit, après l’enterrement, et même auparavant, d’un roman de la reconquête du vivant qui reste, Anne, la narratrice, après la mort, de l’espoir à vivre qui reste : comme au seuil d’une Vita Nova. En seriez-vous d’accord ?

Plus simplement, je voulais décrire comment la vie, par effet de mimétisme avec le défunt, se rétracte à l’intérieur du survivant puis la lenteur avec laquelle elle revient. Le temps du deuil, est long, laborieux. Je ne l’avais pas imaginé avant de le vivre. Le retour à la vie et à la joie s’opère quand se rétablit la capacité à voir les signes, à les lire et à leur trouver un sens. Ce qui sauve dans tout ça, ce sont les histoires !

Anne Pauly, Avant que j’oublie, Verdier, « Chaoïd », août 2019, 114 p., 14 €