9h08, j’attaque le nouveau Harlan Coben, Sans Défense, le retour de Myron Bolitar, ex-star en devenir des Boston Celtics, ci-devant agent sportif et vrai enquêteur privé comme l’Amérique les aime tant.
Mois: mars 2018
Les Crépuscules de Joël Casséus sont pluriels et cruels. Pluriels comme les huit voix anonymes formant la trame du roman, huit voix disant, chacune à sa façon, leur survie, jour après jour, nuit après nuit, crépuscule après crépuscule, dans le cadre réduit, tragique, de cette « ville de wagons » rouillés qui est le seul décor de Crépuscules.
Depuis « un rocher / resté seul dans la nuit », Lisières des saisons, de Roselyne Sibille, s’adresse à tu. Qui est tu ? L’autre, mais aussi je, et nous aussi, car lui et moi, c’est toi et moi : nous, nous seuls et nous tous.
Vidéo de la rencontre avec Jacques Roubaud, Maison de l’Amérique Latine, 5 mars 2018, dans le cadre des soirées « Coïncidences » organisées par Maurice Olender et François Vitrani. Avec Jacques de Decker, Florence Delay, Christine Marcandier et Martin Rueff.
Qui était Karim ? Comment est-il mort ? Des questions qui restent, insistent.
Karim avait une trentaine d’années. Il a quitté le Soudan, il est venu en France. Sans doute pensait-il que la France était un pays qui lui permettrait de vivre, qui l’aiderait à vivre. C’est l’idée qu’il devait avoir de la France. Mais cette France est imaginaire, l’idée de ce pays est fausse. Karim est mort le 8 mars 2018. Il est mort à Paris, Porte de la Chapelle, dans la rue.
La correspondance privée des écrivains a mauvaise presse, tant auprès des éditeurs qui la considèrent, en général, comme peu rentable commercialement, qu’aux yeux du grand public qui n’y voit, au mieux qu’un intérêt anecdotique très relatif, au pire comme une sorte de voyeurisme douteux.
Pascale Robert-Diard fait de La Déposition, qui paraît en poche chez Folio, le récit d’une saga judiciaire et intime, la fameuse affaire Agnelet, qui a tenu le public en haleine pendant près de quarante ans, de la disparition d’Agnès le Roux, en 1977, au dernier rebondissement de l’affaire, en 2014.
Il s’agit ici de proposer une photographie de ce que l’on dit de nous et montre de nous, face à nos voix et nos actions. Je souhaite que ce document soit regardé et considéré avec bienveillance car, au contraire de la majorité des productions sur les trans, il n’es pas maltraitant. Il montre la maltraitance tout en mettant en perspective une riposte trans, une contre-attaque « posttranssexuelle ».
Avec Phantom Thread, Paul Thomas Anderson signe son huitième opus et Daniel Day-Lewis annonce jouer dans son dernier film. L’événement est facile à créer. La critique s’enthousiasme : « chef d’œuvre », « grand film féministe » (sic). Les uns disent qu’il s’agit d’un film à la recherche de la perfection comme à vouloir poursuivre son sujet et même le dépasser, les autres hèlent les « entendus » se croyant plus malins que tous, pour se faire entendre davantage. Mais de qui ce film est-il le nom ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce « fil fantôme » qui est pourtant très épais et a échappé, jusqu’ici, à tout commentaire ?
Manhattan, mars à novembre 2001. Trois amis trentenaires sont déchirés entre leurs rêves, leurs illusions et le dur contact avec la réalité : Marina, écrasée par le modèle de son père, Murray Thwaite, journaliste qui règne sur l’intelligentsia new-yorkaise ; Danielle, qui travaille dans le cinéma, en plein désarroi amoureux et professionnel ; Julius et la confusion des sentiments. Leurs rapports sont singulièrement compliqués par l’entrée dans leur vie de deux personnages diamétralement opposés : Ludovic Seeley, séduisant Australien qui veut révolutionner New York en créant un journal indépendant, The Monitor, et Frederick Tubb, « Bootie », cousin de Marina.
Critique et historienne du théâtre contemporain, Nancy Delhalle, qui fut spécialiste du théâtre engagé, se voit entraînée aujourd’hui par des metteurs en scène en vogue à prendre un virage à 180 degrés. Si, en 2004 à Avignon, le Berlinois Ostermeyer, prolongeait encore avec sa Nora d’Ibsen certain théâtre de répertoire et de service public tout en frayant la voie de la déconstruction, l’année suivante, Jan Fabre allait surgir : il était l’invité du Festival et, par sa seule présence, consommait la rupture avec un art dramatique « hérité ». Avec lui, c’en était fini sur scène des références idéologiques — celles des grands récits — comme c’en était fini d’un théâtre mimétique de l’univers social et de ses débats.
Cette nuit ou après-midi je pleus, fouettant les rayons chromés des bicyclettes le long des autoroutes
Goudronnées les terres aux abords de ville transformant asphalte ou blockhaus
Friedrich A. Kittler est, selon ses propres dires, un enfant de la guerre, et pratiquement toute sa recherche a porté sur le rapport étroit ou la rétroaction/feed-back, comme il l’appelle, entre technologies de guerre et technologies de média. Média sans « s », ce n’est pas une coquille, car le terme sort à la fois de la conception des présocratiques de médium, les premiers étant les quatre éléments, dans le sens d’un moyen de passage, et de son extrapolation vers d’autres moyens, plus abstraits, moyens de stocker, de transmettre et de traiter de l’information. La guerre et ses techniques étant les premiers à développer et faire évaluer ces média, la conclusion de Kittler semble s’imposer. Mais pour avoir creusé cette question pendant plusieurs décennies, Kittler sait aussi que cela ne suffit pas pour combler une vie.
