Olivia Rosenthal
Olivia Rosenthal

Olivia Rosenthal vient de faire paraître sous le titre Toutes les femmes sont des aliens un recueil de trois textes courts dont le premier donne son titre à l’ouvrage. Il est suivi de « Les oiseaux reviennent » et « Bambi & co ». Il s’agit là de son onzième livre publié aux Éditions Verticales depuis 1999, le troisième dans la collection « Minimales ». L’occasion de faire le point sur une œuvre riche et exigeante, cohérente et multiforme à la fois, puisque ce dernier ouvrage brasse de nombreux éléments déjà présents ailleurs dans l’œuvre tout en donnant une nouvelle fois au cinéma une place centrale.

Au bout du conte © Ch. Marcandier
Au bout du conte © Ch. Marcandier

Le dimanche 20 mars, à Livre Paris, Michael Cunningham — à peine sorti de son entretien pour Diacritik — retrouvait Nathalie Azoulai pour une rencontre autour et « au bout du conte », animée par Sophie Quetteville. L’un comme l’autre ont récemment publié ce type de récit : Michael Cunningham voit paraître en France Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants, et puis… et Nathalie Azoulai a participé à un recueil collectif, Leurs contes de Perrault, proposant sa version de Cendrillon ou le petit gant de soie.

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Rencontre avec Michael Cunningham dans un des petits salons mis à disposition de la presse à Livre Paris, le 20 mars dernier : l’écrivain américain, après six romans, un Pulitzer et un Pen-Faulkner Award, surprend en publiant un recueil de contes, Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et puisEt puis le pire arrive, mais aussi la littérature qui, toujours, s’articule sur l’adversatif.

Imre Kertész
Imre Kertész

« Je vais continuer à vivre ainsi ma vie invivable » avait dit l’écrivain hongrois Imre Kertész, prix Nobel de littérature en 2002, connu pour deux livres majeurs, Être sans destin et Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas dont Édouard Louis cite une page sublime en excipit de son récent Histoire de la violence, un titre qui pourrait être le sous-titre de l’œuvre de Kertész, témoin des horreurs absolues du XXè siècle, l’holocauste, les camps, la barbarie. Il les a vécus dans sa chair, il les écrira, inlassablement, « pour l’éternité ».

Margaret Atwood en 2014, photo Murdo MacLeod / The Guardian
Margaret Atwood en 2014, photo Murdo MacLeod / The Guardian

Cest à une expérience singulière que l’auteure canadienne de langue anglaise, Margaret Atwood, connue dans le monde entier pour ses romans, ses poèmes et ses livres pour enfants, s’est soumise en septembre 2014. Par Jean-Louis Legalery.

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Les premières secondes du film sont presque silencieuses, la caméra frôle une équilibriste, on entend à peine la musique, quelques paroles, puis, le champ s’élargit, nous sommes sur la scène d’un théâtre itinérant. Alors la musique et les comédiens envahissent l’écran, une mariée kusturikienne est portée en triomphe par une bande de comédiens ivres ou jouant l’ivresse, on ne sait plus, ça gueule, ça crie, ça boit à la santé de la mariée, les spectateurs de la pièce sont invités à vider leur verre de vodka, la caméra passe d’un acteur à un autre, on suit dans le même mouvement une actrice sortir de scène, un acteur se préparer dans les coulisses qu’un simple rideau sépare de la scène. Dans la salle le spectateur est vite emporté dans cette tornade dont chaque plan semble volé mais dont on comprendra vite qu’ils sont composés avec la plus grande des maitrises. Les Ogres vient de débuter, pendant 2h30 qui fileront comme une fête très arrosée (et sans la gueule de bois), nous aurons l’impression de faire partie de cette troupe de comédiens itinérants qui jouent Tchekhov à travers la France.

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Parce qu’« un bon titre, c’est un titre qu’on ne voit pas » (Claire Carrard, éditrice), parce que l’exercice est difficile et parfois à double tranchant, et si les jeux de mots n’étaient pas des pets de l’esprit, mais plutôt de Damoclès ? En rassemblant des titres et surtitres d’articles, de unes ou de brèves parus entre 1973 et 2015 dans le quotidien Libération, Hervé Marchon a non seulement synthétisé ce qui relève déjà de la réduction, du raccourci qui fait sens, mais il a surtout mis en lumière ce qui est la signature Libé : un art certain du titre.

Angèle Paoli. Photographie Guidu Antonietti di Cinarca
Angèle Paoli. Photographie Guidu Antonietti di Cinarca

Comment parler de ces fabuleux Feuillets de la Minotaure sans les enfermer dans une définition qui ne pourrait que porter atteinte à leur complexité et à leur sincérité ? Ce recueil d’Angèle Paoli offre à qui ne craint pas de s’engager dans ses méandres de fougue sensuelle et d’érudition (un régal pour qui est épris de mythologie et surtout de mythes déconstruits) les textes d’une poète intègre, rebelle et tendre, pour qui l’écriture (« au centre ») semble être un acte organique, passionné, ancré dans la chair (« matricielle »). En s’identifiant au Minotaure, et en le réinterprétant en femme, Paoli sonde le labyrinthe viscéral et ténébreux de l’écriture, « du côté du souterrain, de l’aveugle, du noir, du tâtonnement, des boyaux, qui sont autant de formes du dedans, comme l’utérus maternel, à la fois honni et aimé, définitivement hors de portée ».

Emma Thompson at the end of The People’s Climate March, central London, Photograph: Laura Lean/PA
Emma Thompson at the end of The People’s Climate March, central London, Photograph: Laura Lean/PA3

Emma Thompson et Benedict Cumberbatch sont des acteurs britanniques de très grand talent, connus et reconnus, non seulement au Royaume-Uni mais également désormais dans le monde entier. Ils sont l’un et l’autre, bien malgré eux, au cœur d’une polémique étrange et singulière. Par Jean-Louis Legalery.

10330307_1128951637156793_8888554737983979618_nQuatre livres signés Colette Fellous, Antoine Compagnon, Philippe Sollers et Chantal Thomas : tous ont Roland Barthes pour centre irradiant, qu’il s’agisse de La Préparation de la vie et de L’Age des lettres, de L’Amitié de Roland Barthes : un Pour Roland Barthes, feuilleté, aimé, connu, rappelé. Quatre images du désir du texte, d’un amour de la langue et du goût du présent.
Après Colette Fellous, arrêtons-nous sur le texte de Philippe Sollers, publié au Seuil en octobre dernier.