Elle a écrit Corniche Kennedy, Naissance d’un pont, Réparer les vivants, elle a consacré un court récit aux naufragés de Lampedusa (À ce stade de la nuit), a emboîté les pas d’un apprenti cuisinier dans Un chemin de tables, vient d’imaginer le parcours d’une jeune peintre en décor dans le très beau Un monde à portée de main, paru chez Verticales. Elle continue de sculpter ses phrases, virgules du marathon, onomatopées de l’action, mots techniques, désir de langue, souffle. Paula Karst, sa nouvelle héroïne, va de chantier en chantier, jusqu’à celui de Lascaux. Rencontre grandeur nature, quelque part à Paris, avec une écrivaine pour qui l’émerveillement et le désir d’initiation continuent de tenir lieu de méthode, une écrivaine qui cherche toujours à éclaircir ce qu’elle fait, sans se fatiguer des questions qu’on lui pose et sans cesser de tâtonner, Maylis de Kerangal.

On s’était habitué, avec Maylis de Kerangal, aux tambours et aux trompettes, aux incipits de parade, à ces œuvres aux frontispices vibrants, de l’odyssée de Georges Diderot, héros de Naissance d’un pont, à la vague mythique venue du fond des âges lançant le compte à rebours poignant de Réparer les vivants.

Un Livre des places, donc. Soit, dans la lignée des essais collectifs Inculte, pluralité de voix en feuilleté pour évoquer un lieu politique et littéraire, un siècle En procès ou les matériaux du roman. Ici, les places comme lieu articulé et problématique, un foyer de revendications et contestations, le surgissement et l’expression d’une voix dissonante, en plein cœur de la cité, à la fois rassemblée et diffractée, dont ce volume se veut l’objet-livre métonymique.

Sur une proposition d’Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós, aura lieu, le 7 octobre de 19h à 2h, à l’occasion de la Nuit Blanche « Le Procès de la fiction ». Cet évènement prendra la forme d’un procès d’assises, où se jouera le procès de la frontière entre fait et fiction qui se déroulera dans la salle du conseil de Paris, dans l’hôtel de Ville et qui réunira notamment Françoise Lavocat, Laurent de Sutter, Dorian Astor, Camille de Toledo, Eric Chauvier, Maylis de Kerangal, Dominique Viart ou Jacques Rancière encore.

Virginie Despentes (DR)

C’est quoi l’esprit d’un peuple ? Vieille question des romantiques et des nationalistes, des philosophes et des politiciens, qui revient hanter, en boomerang, la trilogie de Virginie Despentes, et que son dernier tome, tout juste paru, loin de boucler, relance de façon vertigineuse. Une « sorte de bande », « brigade bisounours », « communauté bizarroïde », « secte »,
« convergence » ou « égrégore », tels sont les termes qui tentent de saisir l’insaisissable bande à Vernon, constituée au fil des épisodes.
Vernon Subutex, au départ, n’est pourtant que l’histoire d’un type qui survit. Par Chloé Brendlé

Pour la 3e édition de ses rencontres, « Littérature au centre », en partenariat avec Diacritik, organise à Clermont-Ferrand tout au long de la semaine un festival autour de la littérature et du cinéma. Après avoir questionné les années précédentes la musique puis la cuisine, cette année, les rencontres LAC confrontent l’écriture et le cinéma selon les perspectives les plus variées possibles : adaptations d’œuvres littéraires au cinéma, expérience d’écrivains réalisateurs, utilisation des techniques de cinéma dans les romans, biopics d’écrivains ; usage du témoignage et de la fiction dans les deux arts…