Une Constituante migrante: symposium-performance, Centre Pompidou, 28 et 29 janvier

Babi Badalov, Me Grant He Grant, 2015, Peinture sur tissu Courtesy galerie Jérôme Poggi, Paris
Babi Badalov, Me Grant He Grant, 2015, Peinture sur tissu
Courtesy galerie Jérôme Poggi, Paris

Les 28 et 29 janvier 2017, dans le cadre du festival « Hors Pistes », aura lieu la performance-symposium « Une Constituante migrante » sur une proposition de Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós / le peuple qui manque. Rassemblant des plasticiens, des écrivains mais aussi des théoriciens tels que Kader Attia, Camille de Toledo, Laurent de Sutter, Catherine Coquio, Barbarin Cassin, Marielle Macé ou encore Étienne Balibar, il s’agira d’élaborer une réflexion en acte autour de la question de l’ébauche d’une communauté négative.

En voici la présentation et le programme qui aura lieu de 14h à 21h.

Nous nous rassemblons pour l’écriture collective d’une « Constituante Migrante ».
L’assemblée constituante migrante est une communauté négative, qui ne peut, par définition, se constituer, en tant que nation. Elle est l’assemblée de ce peuple qui manque, de ce peuple mineur, éternellement mineur. A partir de cet énoncé paradoxal, « Une Constituante Migrante », que pourrait être une Constituante dont le sujet politique migre.

Une Constituante dont la mer en serait la terre manquante et dont l’assemblée serait ordonnée par la communauté des disparus, la communauté des vies migrantes et perdues, aujourd’hui en Méditerranée – route la plus mortelle du 21ème siècle – , hier durant la Traite. Sa langue serait la traduction comme nous le soufflent Camille de Toledo et Barbara Cassin. Son histoire serait celle du silence de la mer. Le sujet politique de notre Constituante se définirait à partir des migrances, de nos identités spirales et multi-scalaires, dont le centre de gravité serait celles et ceux qui subissent aujourd’hui le plus cruellement les politiques migratoires.

Ce n’est pas la mer ou la frontière que nous avons traversées, c’est les mers et les frontières qui nous ont traversés. Cette assemblée en exil, « qui n’appartient pas », au sens où Derrida dit qu’« une langue, ça n’appartient pas », est appelée à s’infinir, défaisant le lieu de séparation entre son dedans et son dehors. Notre Constituante migrante est en cela l’a-réalisation d’une communauté migrante, son incompossibilité même. Elle cherche, pour autant, délibérément une forme instituante. Si celle-ci s’ouvre, d’abord, par un espace de déposition, de procès-verbal et de jugement, rendre compte de, témoigner de – nous cherchons ici à documenter, à qualifier les responsabilités des vies perdues, s’il s’agit d’ouvrir un débat public et une controverse politique, cette assemblée est aussi une expérience de pensée, une simulation. Chacun des membres de cette assemblée est amené à proposer un article, article qui sera négocié, amendé avant d’être adopté ou rejeté à l’issue de ces deux jours. Trois scribes ressaisiront en direct les propositions d’articles et discussions collectives pour aboutir à un brouillon de la Constituante. Le texte final, ne s’interdit aucun possible linguistique, aucun écart, il est le lieu de nos langues – poétiques, philosophiques, techniques, politiques – et traversé par de multiples migrances linguistiques, par toutes nos langues exilées, superposées en nous-mêmes.

Avec :
Michel Agier / Mehdi Alioua / Nisrine Al Zahre / Kader Attia / Babi Badalov / Barbara Cassin / Marie-Laure Basilien Gainche / Etienne Balibar / Tania Bruguera / Yves Citton / Catherine Coquio / Mahmoud El Hajj / Sylvain George / Charles Heller & Lorenzo Pezzani (Forensic Oceanography) / Marielle Macé / Mathieu Larnaudie / Carpanin Marimoutou / James Noël / Philippe Rekacewicz / Emmanuel Ruben / Dorcy Rugamba / Camille de Toledo / Samy Tchak / Sébastien Thiéry – le P.E.R.O.U. / Camille Louis & Etienne Tassin & Léa Drouet / Laurent de Sutter / Françoise Vergès / Abdourahman Waberi / les coordinations des sans papiers du 75 et du 93 – CISPM / RESOME (Réseau Études Supérieures et Orientation des Migrant.e.s et Exilé.e.s) /Migreurop / Paris d’Exils – collectif parisien de soutien aux exilés / Réfugiés Bienvenue et avec le public.

Une proposition de Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós / le peuple qui manque
Scénographie : Adel Cersaque

Modération des deux journées
Yves Citton, Laurent De Sutter, Françoise Vergès

Samedi 28 janvier 2017

14h
Introduction par Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós
Forensic Oceanography, Charles Heller & Lorenzo Pezzani
Camille de Toledo
Amina, Bahija, Hayet, Lylia, Mamadou (coordination des Sans-Papiers du 93 – CISPM)

16h
Philippe Rekacewicz
Sébastien Thiéry – le P.E.R.O.U.
Marie-Laure Basilien-Gainche
Dorcy Rugamba
Marielle Macé
Babi Badalov
Catherine Coquio

Pause de 15 min

18h30
Mathieu Larnaudie
Tania Bruguera
Sylvain George
Bamba Vaffi – la coordination des sans papiers du 75

20h30
James Noël

Dimanche 29 janvier 2017

14h
Mehdi Alioua
Etienne Tassin & Camille Louis & Léa Drouet
Michel Agier
Ezatwazir Tarakhail & Bahia Dalens – Paris d’Exil – collectif parisien de soutien aux exilés
Réfugiés Bienvenue
Mahmoud El Hajj
Sami Tchak

Pause de 15 min

16h30
Nisrine Al Zahre
Carpanin Marimoutou
RESOME (Réseau Etudes Supérieures et Orientation des Migrant.e.s et Exilé.e.s)

Pause de 15 min

18h45
Kader Attia
Emmanuel Ruben
Françoise Vergès

20h30
Lecture du premier brouillon pour Une Constitution Migrante

Centre Pompidou – Musée national d’art moderne – Plan
Place Georges-Pompidou, 75004 Paris
Grande Salle, Niveau -1
Entre libre