Cinéma, économie, Internet, société. La revue de presse du chutier.
Le risque d’oublier est fort lorsque, dans l’échelle des atrocités commises au fil de l’Histoire, la mémoire des uns, minoritaires, est mise en retrait. Il faut reconnaître qu’en plus d’être une poudrière, le puzzle géographique balkanique échappe souvent à la connaissance et à la compréhension.
Les éditions La ville brûle font un travail formidable et engagé depuis plusieurs années. Une collection pour les enfants « Jamais trop tôt » (pour lutter contre les stéréotypes) porte haut et fort cet engagement et propose des albums qui ne tournent pas autour du pot.
Qu’est-ce qu’inventer en littérature ? C’est la question que pose Jean-Pierre Bertrand dans un volume de la prestigieuse collection Poétique. Cette question n’est en rien oiseuse même si, à première vue, on peut trouver de l’imagination inventive dans toute œuvre littéraire qui n’est pas d’imitation.
On se réjouit de voir Christine Angot couronnée par ce prix Décembre (ex-Novembre) qui lui va comme un gant. Prix un peu en retrait, prix loin des flonflons ordinaires de la petite cuisine littéraire, prix que lui ont attribué Adler, Bergé, Savigneau et autres Sollers. Prix avec une touche de mélancolie hivernale et une consonance festive.
Sport, littérature, réseaux sociaux. La revue de presse du chutier du matin.
Hédi Kaddour vient de publier un « roman-monde », Les Prépondérants, chez Gallimard. Il est un auteur rare, de ceux qui laissent infuser les textes en eux, et offrent à leurs lecteurs de petites merveilles ciselées, éminemment politiques sous le souffle de l’aventure et du romanesque. Dans son dernier roman, entre autres livres en filigrane, nombre d’échos à l’univers romanesque et journalistique de Stendhal, des Marginalia au Rouge et le Noir, en passant par Lucien Leuwen. L’occasion pour Diacritik de sortir des sentiers battus et de proposer à Hédi Kaddour une « interview Stendhal » à laquelle il a bien voulu se prêter mais, qu’avec sa bienveillante malice coutumière, il a transformée en interview… Starsky et Hutch.
Dans ses crépusculaires et si flamboyants Petits Traités, Pascal Quignard, luttant contre la modernité en entonnant son contrechant féroce, lance combien dans ses récits, le langage se retire de sa phrase, combien l’image s’y déploie comme la force fabuleuse et noire, et combien dire la Littérature, c’est comprendre que « l’image coupe l’herbe sous le pied du langage ». Immanquablement un tel aphorisme, qui défie image et langage d’un même geste, hante de son intempérance sans retour l’un des livres les plus remarquables de cette rentrée littéraire sinon de l’année, splendeur encore trop peu mise en lumière : l’incandescent premier roman de Christophe Manon, Extrêmes et lumineux paru chez Verdier.
Les éditions Actes Sud viennent de faire paraître en format de poche le livre d’Oliver Rohe, Ma dernière création est un piège à taupes, initialement publié en 2012 aux éditions Inculte. Si le livre tourne autour de la figure de Mikhaïl Kalachnikov, inventeur du célèbre fusil d’assaut, l’autre personnage central est la Kalachnikov elle-même (AK-47), dont Oliver Rohe relate la naissance et l’histoire, parallèlement à la naissance et à l’histoire de son inventeur.
Nous connaissons tous sa recette de soupe aux poireaux simple mais parfumée et onctueuse, recette de mère nourricière mais aussi recette meurtrière. Car entre deux vouloirs, ne rien faire et faire une soupe, Duras trouve un moyen terme d’ordre existentiel, métaphysique : le suicide (voir la recette de « la soupe de poireaux » dans Outside, en fin d’article). Voilà qui bouscule sa recette vers une politique du texte qui est la sienne. En dehors de toute classification de genre. Duras n’écrit pas des recettes de cuisine, Duras fait de la Littérature. Tout le temps.
Dans les milieux bien informés de Bruxelles et d’Ostende, il se disait que Jean-Philippe Toussaint aimait le foot. Mais lui n’en pipait mot. Voici cependant qu’il avoue cette passion dans un petit bouquin rêveur chez Minuit : Football.
Fonder un magazine, c’est se donner quelques principes. Parmi les nôtres, mettre les traducteurs en avant, trop souvent oubliés par nos camarades.
« Aujourd’hui, une personne sur sept est un migrant. Cette année, plus de 300 000 personnes ont traversé la Méditerranée et au moins 2500 vies ont été perdues durant ces migrations.
Que signifie être un migrant — ou un réfugié — aujourd’hui ? A quels droits de l’homme pouvons-nous faire référence ? Quel espoir offrir à ceux qui fuient leurs foyers ?