Inaugurée le 8 mars 2018, une date en clin d’œil symbolique, la Galerie Miranda offre de belles promesses dans le champ qui est le sien : la photographie et l’édition photographique. La vocation de Miranda Salt, créatrice de ce bel espace, est de faire découvrir au public français des œuvres photographiques principalement féminines et étrangères.

L’histoire des suffragistes radicales, le combat oublié des ouvrières du nord de l’Angleterre est un ouvrage à quatre mains, écrit conjointement par deux historiennes britanniques Jill Liddington et Jill Norris, disparue prématurément dans un tragique accident de voiture (1949-1985). La première publication de cet essai remonte à 1978, sous le titre original, One Hand Tied Behind Us. The Rise of the Women’s Suffrage Movement, aux éditions Virago, un grand succès de librairie, selon la formule désormais consacrée. L’ouvrage a été réédité, par la seule Jill Liddington, en 2000 aux éditions Rivers Oram. Mais la traduction en français très récente, mars 2018, aux éditions Libertalia, est le fruit du travail de Laurent Bury. Fabrice Bensimon, dont on a grandement apprécié Les sentiers de l’ouvrier, le Paris des artisans britanniques (1815-1850), en a assuré la préface.

 

Après conseils et réflexions, j’ai décidé de porter plainte contre le père de famille dont j’ai raconté l’histoire dans mon précédent texte. J’ai lu en effet une interview des responsables d’une association de violences faites aux femmes qui soulevait une question cruciale : « La définition du harcèlement est difficile, pour certaines une insulte sexiste dans la rue n’est rien, pour d’autres c’est une véritable agression. »

Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis) ou l’œil du patriarcat

Avec Phantom Thread, Paul Thomas Anderson signe son huitième opus et Daniel Day-Lewis annonce jouer dans son dernier film. L’événement est facile à créer. La critique s’enthousiasme : « chef d’œuvre », « grand film féministe » (sic). Les uns disent qu’il s’agit d’un film à la recherche de la perfection comme à vouloir poursuivre son sujet et même le dépasser, les autres hèlent les « entendus » se croyant plus malins que tous, pour se faire entendre davantage. Mais de qui ce film est-il le nom ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce « fil fantôme » qui est pourtant très épais et a échappé, jusqu’ici, à tout commentaire ?

John Brown, portrait dessiné par sa fille, Sarah

Dans Diacritik, Jean-Louis Legalery rappelait l’anniversaire du refus de Rosa Parks, le 1er décembre 1955, condamnée pour « violation du code de ségrégation de la ville de Montgomery » à dix dollars d’amende et quatre dollars de frais de justice, pour avoir refusé de céder sa place, dans le compartiment réservé aux Noirs, à un homme blanc qui n’avait pas de place dans le compartiment réservé aux Blancs. Cette lutte contre la ségrégation a une longue histoire aux États-Unis et n’est pas dépassée malheureusement. On ne peut en rappeler toutes les étapes mais celles pour lesquelles nous disposons d’œuvres de fictions documentaires qui nous aident à entrer dans l’histoire pour mieux comprendre. On ne peut se contenter d’une seule lecture ; il faut les multiplier car chaque fiction adopte un point de vue sur l’événement et le personnage historique. Et s’il est un personnage historique fascinant, c’est bien celui de John Brown.